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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR.

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Selon les deux chercheurs universitaires, la décision de les exclure d'un débat du Sila où ils étaient invités de longue date "relève d’une vengeance de bas étage", pour les punir d'avoir signé un récent appel politique. De son côté, l'obéissant commissaire du Salon, déclare aux journalistes :  «Je n’ai rien à dire et je refuse de commenter». Le compte-rendu de Reporters-dz

Sila 2017 : Silence officiel sur censure qualifiée

Par Sihem Bounabi, 11 octobre 2017

Le sociologue et l’historien, directeur de la revue Naqd, déclarent avoir fait l’objet d’une «censure intellectuelle» et «politique». Le communiqué, que les deux universitaires ont signé avec deux autres de leurs collègues, Mohammed Hennad et Ratiba Hadj-Moussa, en compagnie du journaliste Cherif Rezki et du journaliste-écrivain Mustapha Benfodil, explique mieux la situation.

«Des enseignants chercheurs, signataires de l’Appel du 7 septembre pour l’Organisation d’une élection présidentielle anticipée, invités officiellement à participer, le 1er novembre 2017, à une table ronde portant sur le colonialisme, au Salon international du livre d’Alger (Sila), viennent d’être informés, par un appel téléphonique de la part d’un membre officiel du comité d’organisation, de l’annulation de leur participation», lit-on dans cet avis. Ses signataires poursuivent :

«Cette décision, non transmise par le même canal que l’invitation officielle, relève à notre sens, si elle est avérée, au-delà d’une censure intellectuelle, d’une vengeance de bas étage contre des signataires d’un appel à une sortie de la crise ‘existentielle’ que vit le pays à travers la mise en place d’une transition consensuelle.»

En somme, les universitaires Aïssa Kadri et Daho Djerbal ont été priés officieusement d’oublier l’invitation qui leur a été envoyée pour débattre de la question coloniale, thème retenu par les organisateurs du Sila, le 1er novembre prochain, parce qu’ils ont souscrit, le mois dernier, à un appel d’«empêchement» du chef de l’Etat pour des raisons de santé et suivant la disposition 102 de la Constitution. Dans le communiqué publié avant-hier, ses signataires s’insurgent contre une «décision arbitraire, véritable atteint aux libertés individuelles». Ils estiment que cette décision s’inscrit dans un «processus ininterrompu, amorcé durant ces dernières années, d’atteintes aux libertés». Un processus touchant plusieurs tranches de la société algérienne qui «vivent au quotidien dans le déni de leurs droits fondamentaux».

Les signataires concluent que «cette décision, qui fait suite à d’autres interdictions, témoigne de l’approfondissement de rive d’une autorité gouvernementale aux abois, autiste, qui n’a comme réponse aux demandes sociales de participation, que l’exclusion ou la répression».

Pas de réaction officielle…

Contacté par téléphone, le commissaire du Salon, Hamidou Messaoudi, a déclaré ne pas souhaiter réagir. «Je n’ai rien à dire et je refuse de commenter», nous a-t-il répondu. Youcef Saiah, un des membres du comité d’organisation du commissariat, a, lui aussi, refusé de «faire un commentaire sur le fond du communiqué». Il a, toutefois, affirmé que «dans ce genre de situation, l’important est d’œuvrer à la consécration du livre. L’erreur peut être humaine et éphémère, mais ce qui doit être pérenne, c’est cette manifestation dédiée à la promotion du livre et de lecture», a-t-il déclaré à Reporters. Sujet clos ? Sans doute pas. Des indications à vérifier ont fait état, hier, d’une mobilisation d’autres universitaires et intellectuels conviés au Salon. On ignore pour l’instant la nature de cette mobilisation et comment elle se manifesterait, mais l’affaire des deux universitaires censurés apparaît, à coup sûr, plus sérieuse que la controverse soulevée par les propos jugés misogynes et apologues de la violence conjugale du commissaire du Sila. Hamidou Messaoudi, rappelle-t-on, lors d’une interview accordée à la Chaîne d’Ennahar TV, sur une question sur un livre litigieux intitulé «Comment battre sa femme», avait déclaré : «Je vous jure que parfois ce livre est utile.» Alors que l’animateur le relançait, M. Messaoudi a enchaîné, ironiquement : «Parfois, tu frappes ta femme. Et tu la regardes le lendemain, on dirait qu’elle a été percutée par un camion ! Au moins si on lit ce livre, on la frappe avec douceur.» Le ministre de la Culture avait qualifié l’incident de «mauvaise plaisanterie».

Source : Reporters-dz

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