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Publié par Saoudi Abdelaziz

Chawki Amari. Photo DR

Chawki Amari. Photo DR

Mourad Benachehou écrit  : " Forts du rôle qu'ils jouent dans ce périlleux «équilibre des appétits, qui sert de philosophie de gouvernance, les prédateurs ont-il réussi la gageure de substituer, de manière subreptice, à la fameuse devise, la devise plus appropriée à leurs desseins, et qui est : «Des Prédateurs, par les prédateurs, pour les prédateurs?». Dans le top des prédateurs qui est le mieux placé? Haddad traite aujourd'hui Tebboune de prédateur. Chawki Amari fait le tour de la question et note : "Non, on ne sait toujours pas qui est le prédateur. Par contre, la proie est bien identifiée, c’est la population, qui ne mange que des frites-omelettes, qui se nourrissent d’eau et de soleil". Et d'ajouter "L’équilibre alimentaire étant menacé, la population pourrait-elle manger ses prédateurs comme s’inquiète Tartag dans un rapport sur la stabilité envoyé à Ouyahia ?"

Chacal végétarien

Par Chawki Amari, 23 octobre 2017

Tebboune est resté deux mois Premier ministre et deux mois après son limogeage, Haddad relance le débat en traitant celui qui l’a traité de prédateur de prédateur. Ce qui fait 4 mois et soulève 4 questions : qui est prédateur, combien de prédateurs, qui est la proie et à quelle heure on mange? Quelques rappels animaliers : dans la chaîne alimentaire, le prédateur carnivore se situe au-dessus, il mange la gazelle qui mange de l’herbe, herbe qui se nourrit d’eau et de soleil. Dans la chaîne propre aux carnivores nationaux, ce sont les étrangers qui pompent le pétrole, l’Etat qui prélève de l’argent sur le pompage puis les opérateurs privés qui prennent l’argent de l’Etat par la commande publique. En fait, pour savoir qui est le prédateur, il suffit de regarder qui vit le mieux, au-dessus de la chaîne. Haddad est plus riche et on dit même qu’il possède une chaîne d’hôtels luxueux à Barcelone, contrairement à Tebboune qui n’aurait qu’une simple pizzeria en Moldavie.

Oui, il peut y avoir plusieurs prédateurs, quand un lion tue une gazelle, le chacal arrive souvent pour prendre part au festin, bien qu’il ait peur du lion qui peut le tuer mais pas le manger. Mais si le chacal devient végétarien, c’est tout l’ordre qui est bouleversé. Il mange l’herbe des gazelles et la gazelle ne peut survivre, le chacal étant plus fort, et le lion n’a plus rien à manger. Oui, il peut toujours manger le chacal mais cet animal n’est pas réputé pour son goût, très loin de la juteuse gazelle. Non, on ne sait toujours pas qui est le prédateur. Par contre la proie est bien identifiée, c’est la population, qui ne mange que des frites-omelettes, qui se nourrissent d’eau et de soleil. Il n’y a pas d’eau et c’est bientôt l’hiver. L’équilibre alimentaire étant menacé, la population pourrait-elle manger ses prédateurs comme s’inquiète Tartag dans un rapport sur la stabilité envoyé à Ouyahia ? Peut-être. En tout cas, toute cette affaire finira comme souvent par un bon dîner. Entre eux. Avec de la viande.

Source :   El Watan

Mourad Benachehou. Photo DR

Mourad Benachehou. Photo DR

Des prédateurs, par les prédateurs, pour les prédateurs !

Par Mourad Benachehou, 19 septembre 2017

(...) Par définition et par nature, le prédateur n'est ni innovateur, ni créateur, ni même adepte du risque; Il est à l'affut, cherchant les occasions d'accroire sa fortune rapidement, exploitant tant ses accointances avec les hommes de pouvoir, que les failles des politiques de libéralisation sauvage. Le prédateur ne crée pas de richesses; il s'accapare de la richesse provenant de la rente pétrolière, et bientôt de la rente monétaire, sans contribuer de quelque manière que ce soit au progrès technologique et à l'avancement du peuple algérien dans la hiérarchie des Nations. Le prédateur veut, en fait, saigner à blanc cette victime qu'est l'Algérie. Il aime la dépendance extérieure extrême et la fragilité de la souveraineté nationale, car elles lui garantissent l'accroissement de son enrichissement, et la protection de ses richesses mal acquises. Les cerveaux des prédateurs sont dans leurs dents, et leur abandonner la gestion des affaires économiques du pays, comme cela apparait de plus en plus évident, lui enlève définitivement toutes chances de se transformer en une nouvelle Corée du Sud, une nouvelle Taiwan, une nouvelle Malaysia, et lui ouvre, au contraire, la voie vers le désordre permanent et la misère généralisée des «pays faillis

Une politique «politicienne,» plus qu'une politique de redressement

Cette nouvelle classe assure la survie d'un système politique à bout de souffle, que ses détenteurs, -ne parvenant pas à se créer une nouvelle source de légitimité plus appropriée à l'évolution de la société algérienne,- ont laissé se former et se renforcer, jusqu'au point de lui donner, comme manœuvre ultime pour assurer leur propre survie, une influence décisive dans la gestion des affaires du pays. Sûrs de leur pouvoir et de leur impunité, les prédateurs osent même se transformer en «maitres-chanteurs,» menaçant de créer des pénuries artificielles, lorsque leurs intérêts personnels sont immédiatement menacés par des réactions, même trop tardives, de correction de la part des autorités officielles du pays.

En conclusion, il est temps, probablement de se demander si la fameuse devise «lincolnienne», adoptée d'antan, continue à être le socle solide sur lequel reposerait le gouvernement du pays, et qui lui servirait de source d'inspiration et de ligne directrice, mais qui devient un slogan creux et trompeur avec la montée programmée en puissance de la nouvelle classe des prédateurs. Forts du rôle qu'ils jouent dans ce périlleux «équilibre des appétits,» qui sert de philosophie de gouvernance, les prédateurs ont-il réussi la gageure de substituer, de manière subreptice, à la fameuse devise, la devise plus appropriée à leurs desseins, et qui est : «Des Prédateurs, par les prédateurs, pour les prédateurs?»

Un dernier mot: Qu'on se le dise bien, et qu'on se le répète: il n'y a pas de grands entrepreneurs en Algérie, il n'y a que des grands prédateurs. Malheureusement, dans ce contexte de déliquescence économico-politique, si c'est vital pour eux, c'est que c'est mortel pour le reste du pays!

Texte intégral : Le Quotidien d'Oran

 

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