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Publié par Saoudi Abdelaziz

17 décembre 2013 avec le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault. Photo DR

17 décembre 2013 avec le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault. Photo DR

Par Saoudi Abdelaziz, 15 décembre 2013

A quelques mois de l'élection de 2014, l'institution présidentiele est devenue le centre de gravité de l'Algérie politique. L'establishment politique, la presse et autres acteurs scrutent la fumée qui sortirait d'El Mouradia. Ce n'est pas forcément l'annonce que Bouteflika se représente ou non aux élections qui est le véritable enjeu de ce moment politique crucial. Le débat de fond sur les trois précédents mandat présidentiels est incontournable.

Abdelmalek Sellal a raison, à mon avis, de souligner que le recul puis l'échec de la fitna est le principal atout du bilan de Bouteflika. On peut y ajouter un petit progrès, qui reste virtuel, vers une reconfiguration des institutions fondée sur la transparence et l'Etat de droit.

Son bilan économique et social est critiqué à partir de deux regards complétement différents.

Pour les uns, Bouteflika  a échoué car il n'a pas poussé jusqu'au bout l'application des recettes néolibérales engagées par Chadli il y a trente ans et réimpulsées fortement par l'équipe Bouteflika, lors de ses deux premiers mandats. Il n'a pas mené jusqu'au bout les privatisations, la déréglementation du buziness tous azimuts, la mise aux normes libérale des services publics, la fin du soutien des prix...

Pour les autres, durant les mandats de Bouteflika les inégalités se sont creusés et l'Algérie, sortant du calvaire de la décennie noire, n'a pas réussi à renouer avec une vraie ambition de développement national indépendant fondée sur la justice sociale. Cette ambition fut abandonnée par la présidence Chadli, dès le milieu des années 80 et Bouteflika a gaspillé deux mandats avant de commencer à reconnaître que cet abandon ne mène qu'à l'affaissement national. Too late disent les anglos-saxons

L'écart entre ces deux types de critiques est considérable. S'il est aujourd'hui politiquement occulté, c'est parce que, depuis la liquidation du Pags et de son potentiel conceptuel, la gauche algérienne, tétanisée sur une longue période, n'a pas encore réussi faire sortir la critique anti-libérale du cercle clos où elle se tient encore.

L'essor de cette critique dans le peuple est endigué par la conjugaison du boycott médiatique, de la répression anti-démocratique et anti-syndicale directe ou larvée et de la captation sectaire dérisoire de l'héritage du Pags. La secte ne crée rien, c'est sa nature, elle ne fait que retarder le renouveau organisationnel des forces du changement.

Cette conjugaison des blocages fait se frotter les mains aux services, parce qu'elle bouche à moindre frais, l'avenir politique de la gauche, c'est à dire sa capacité à s'organiser en force organisé, autonome, ouverte et rassembleuse.

Première mise ligne :

 

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