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Publié par Saoudi Abdelaziz

Apulée de Madaure.

Apulée de Madaure.

Lorsque le quotidien Liberté titre à la une  "Limogeage de Tebboune : la victoire de “l’oligarchie”, il met oligarchie entre guillemet et épargne à Rebrab, le patron du journal cette étiquette infâmante en précisant : "les forces de l’argent, qui ont connu une ascension à la faveur du quatrième mandat".

Rebrab, proche du patron du DRS qui lui a ouvert tous les guichets, est le plus ancien oligarque d'Algérie, tandis que Haddad, proche de Saïd Bouteflika a assis sa puissance au cours du 4ème mandat. Haddad est une sorte de parvenu pour les fans de l'oligarchie bcbg.

Tout deux sont à la tête de conglomérats, ces groupes économiques multi-secteurs qui se constitués avec les centres de pouvoir et ont connu un développement exponentiel au cours  des quatre mandats de Bouteflika. Après avoir jeté leurs bases pendant la Décennie noire et les conditionnalités du FMI appliquées avec zèle par Ouyahia.

En juillet dernier, dans un discours  à l'occasion de la fête nationale française, Xavier Driencourt qui vient de retrouver son poste d'ambassadeur de France, cinq ans après avoir l'avoir quitté en 2012, glisse une phrase énigmatique : "l’Algérie que je retrouve a changé, elle n’est plus la même que celle que j’ai quittée en 2012 ». Il ne dira pas ce qui a changé...

Les oligarques «bcbg», les oligarques parvenus et Apulée de Madaure

L'actualité mondiale du système oligarchique

Au deuxième siècle, Apulée de Madaure ( M'daourouch) notait :  "L'oligarchie existe lorsqu'une majorité d'hommes sans ressources et sans aveu se met à la discrétion de quelques riches, se livre à eux corps et âme, et qu'ainsi la souveraine puissance devient l'apanage non pas d'hommes éclairés mais de quelques parvenus opulents".

19 siècles plus tard, dans son ouvrage intitulé "L'oligarchie ça suffit, vive la démocratie", Hervé Kempf met en exergue la concentration croissante du pouvoir décisionnel par une élite restreinte de dirigeants politiques, de grands chefs d'entreprises, d'acteurs financiers, de journalistes influents, etc.

Ceux-ci constituent en effet une caste de plus en plus puissante, dont les membres délibèrent entre eux de décisions s'appliquant à l'ensemble de la population, alors que celles-ci ont pour finalité exclusive de servir leurs intérêts personnels. Ce constat amène l'auteur à estimer que les régimes étudiés sont oligarchiques de fait, et non plus démocratiques.

Toujours d'après Kempf, cette idéologie qui suscite un consensus chez l'ensemble des "oligarques" a contribué à exacerber les inégalités au profit des "très riches", ainsi qu'à accentuer la relation entre capital détenu, prestige social et capacité à influer sur les principales décisions prises par un pays. Ceci aurait favorisé une collusion croissante entre les représentants politiques et les élites économiques ou financières afin de satisfaire des intérêts de plus en plus convergents, au détriment du "bien commun".

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