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Publié par Saoudi Abdelaziz

El Kadi Ihsan  assure dans Maghreb Emergent que l'offensive anti-oligarques va retomber à plat, car Saïd Bouteflika veille au grain.

On ira pas plus loin

" Tant que Abdelaziz Bouteflika ne peut pas monter le son, il ne peut pas directement tirer profit d’une campagne « mains propres » esquissée ou réelle. Son effet est de plus faible amplitude. Il risque même d’être nul. Car l’opinion attend une suite aux mises en demeure et autres allusions au transfert illicite vers l’étranger."

On ira pas plus loin  explique El Kadi Ihsan, car Saïd Bouteflika veille au grain :

"Ce qui intéressait en priorité le frère du président, ces dix dernières années, était de faire gagner beaucoup d’argent aux amis qui soutiennent le président et lui donnent une profondeur sociale parmi les élites du capitalisme algérien. Ali Haddad et ETRHB sont la caricature de cet arrangement. Ils ne sont bien sûr pas les seuls. Lorsque, anticipant la montée des frustrations populaires dans l’avant année électorale, Abdelaziz Bouteflika pense pouvoir s’affranchir de cette situation et se refaire une image de « président propre » sur le dos de ses soutiens du quatrième mandat, il finit par se heurter à son frère Saïd".

Conclusion du chroniqueur: "L’affairisme délinquant est monté très haut à l’ombre de l’impunité promise (dès 2007 au procès Khalifa). Il fait désormais corps avec le système de gouvernance de Bouteflika. C’est pourquoi les ruades de Abdelmadjid Tebboune n’illusionnent presque personne. Lui même finira sans doute par comprendre la fatuité de ce rituel qui revient tous les cinq ans pour annoncer au peuple que le Roi est bon. Et qu’il s’occupe des méchants". ( Texte intégral : Bouteflika et l’argent, pourquoi l’offensive « anti-oligarques » va retomber à plat )

Omerta?

"Le vaudeville interprété en direct par Saïd Bouteflika, Ali Haddad et Abdelmadjid Sidi-Saïd lors de la mise en terre de Réda Malek au cimetière d’El Alia a fini, après la rencontre tripartite du matin, par doucher les espoirs de ceux qui pensaient venue l’heure de la chute de la maison Haddad", écrit Ramdane Mohand Achour dans Libre-Algérie. Il ajoute curieusement : "On ne peut évidemment préjuger de rien dans un pays où, dans la plus pure tradition sicilienne, l’omerta règne en maître. Mais pour beaucoup, l’affaire est entendue. Nous  n’assisterons pas à un remake de la chute de l’aigle Khalifa".

(Texte intégral : Pourquoi Tebboune ne pourra pas tenir ses engagements)

Quelques questions en vrac dans un contexte de chamboulement des repères.

Par Saoudi Abdelaziz, 12 mai 2016

(...) Ali Haddad et Issad Rebrab proviennent du petit entreprenariat privée qui dès son stade embryonnaire avait lié son destin à celui du système, via des matrices claniques concurrentes. Un bond en avant a été opéré depuis. Haddad semble aujourd'hui dicter des choix économiques au gouvernement, tandis que Rebrab entre ouvertement en politique, pour une alternance à l'équipe au pouvoir.

Le DRS de Rab-Dzaïr avait ouvert les guichets à Rebrab, qui a ensuite accumulé un capital considérable en combinant  des activités de concessionnaire à l'import à des industries à faible valeur ajoutée.

Il y eu ensuite l'échec de la tentative de mettre en place un nouveau conglomérat moderne ouvert sur la mondialisation heureuse,  mirage en vogue à la fin des années 90. On connaît l'échec du montage Khalifa dû sans doute à l'ingratitude de son héros à l'égard d'un système qui en ces temps-là n'aimait jamais perdre le contrôle sur ses rejetons.

Plus coulant, Ali Haddad a émergé durant les mandats de Bouteflika, qui lui ont ouvert l'accès aux marché publics de BTP. Son influence a été démultipliée parce qu'il a joué un rôle important dans l'organisation de réseaux d'influence en faveur de Bouteflika, qui cherchait à s'émanciper de la tutelle systémique du DRS. Son rôle s'est naturellement accru avec la maladie du chef de l'Etat.

Les années Bouteflika ont été marquées par l'émergence de l'ère des conglomérats, ces groupes multi-secteurs, mêlant concessions à l'importation et activités à bas niveau capitaliste. Une nouvelle étape semble être ouverte avec trois caractéristiques:

1-l'affaiblissement du poids spécifique de l'Etat dans l'élaboration des choix économiques dû à la paralysie du système qui empêche le consensus national réfléchi sur une politique publique cohérente de développement.

2-La montée- par défaut- du rôle politique des conglomérats. Ces derniers, ayant beaucoup accumulé, veulent se déployer sans retenue pour assurer la reproduction élargie de leur capital en s'insérant dans la division capitaliste mondialisée, sous hégémonie occidentale. L'un des indices de cette volonté de puissance  c'est la course pour le contrôle des médias susceptible d'asseoir les bases de leurs influences.

3. La dissolution des repères éthiques. Ainsi, Farouk Ksentini un des avocat du système, appelle les Algériens à abandonner leur attachement à la décence commune. Après  avoir béni Rebrab pour l'achat d'El Khabar, il a lavé hier à la Télé les accumulateurs d'argent noir : "Si des personnes ayant commis des crimes comme le terrorisme ont pu être amnistiées, pourquoi ne pas le faire avec celles qui se sont rendues responsables de faits moins lourds ?»

S'achemine-t-on vers une métamorphose du système?

Métamorphose par inversion des rôles : la barma se retourne sur le kaskass. Les conglomérats joueront-ils les rôles de partageurs de pouvoir de décision dévolu jusqu'ici aux clans de décideurs militaro-sécuritaire-régionaux.

Haddad et Rebrab travaillent-ils au profit de clans, ou bien l'Algérie est-elle en train de virer vers un  modèle de type ukrainien où se déploie la concurrence de conglomérats concurrents pour le contrôle de l'Etat?

Ce système à l'ukrainienne qui assume l'instabilité comme mode de gouvernance sera-t-il bientôt inauguré en Algérie par un consensus entre les conglomérats autour de la mise à l'écart de l'Etat-nation de la direction du développement économique, au profit de logiques supranationales.

Tout cela est évidemment caricatural, mais la caricature n'est-elle pas souvent utile pour saisir des tendances d'évolution. Tendances aveugles, comme est aveugle aujourd'hui la conduite du monde par les puissances capitalistes.

Source : ALGERIE. Sursauts de lucidité contre dissolution des repères

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