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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'interpénétration des milieux d'affaires et des décideurs politiques a-t-elle conduit à une dérive oligarchique du système algérien. Non, répond Djamal Labidi un ancien marxiste qui écrit  : "Le terme d'oligarchie a été instrumentalisé par les représentants politiques de la bourgeoisie bureaucratique. Il a fait l'objet d'une utilisation abusive". L'économiste Mourad Benchenou qui fut ministre des finances dans le gouvernement de Rédha Malek  affirme au contraire que la montée des oligarques a conduit à "la subordination totale, par prédateurs nationaux interposés, aux intérêts étrangers, dans laquelle le pays a été engagé depuis quelques décennies".

Lu dans le quotidien d'Oran.

EXTRAITS

"Bourgeoisie d'Etat contre bourgeoisie privée"

"C'est, écrit Djamel Labidi le combat en cours en Algérie. http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gif Ce conflit est au cœur de l'évolution politique de ces dernières années, et il le sera encore probablement pour quelques années, même s'il n'apparait pas directement en tant que tel, et qu'il est, comme toujours en politique, obscurci par les luttes de personnes, les alliances conjoncturelles et éphémères, les blessures de l'histoire récente du pays, les ressentiments voire les haines, les ambitions, bref tout l'éventail des passions humaines (...)

Le développement des grandes entreprises privées actuelles en Algérie ne s'est pas fait suivant un processus «oligarchique», à partir des entreprises d'Etat. Les entrepreneurs privés qui font actuellement l'objet d'une campagne hostile se sont développés en dehors des entreprises publiques et leur capital ne provient pas du capital d'Etat. Le fait qu'ils aient bénéficié de marchés de l'Etat ou de crédits bancaires est un autre sujet. L'Etat est, partout dans le monde et de tout temps, forcement une source considérable de commandes et de marchés économiques et commerciaux. (...)
Comme d'autres pays qui nous ont précédés avec succès dans cette voie en entrant dans l'économie de marché. Il ne faut pas donc se tromper de cible en s'attaquant aux entreprises privées.
L'Algérie a besoin de rassembler, elle a besoin de toutes ses énergies, de tous ses enfants. Pour dire les choses simplement, hier, comme aujourd'hui, en Algérie, être progressiste c'est être avant tout nationaliste.

La «nouvelle politique économique» : consolider le «mal acquis» des prédateurs

Selon Mourad Benachenhou "le nationalisme de pacotille sans doute refera surface dans les temps à venir, selon et dont certains sont les vigoureux et «éloquents» défenseurs, ne changera rien à la situation de subordination totale, par prédateurs nationaux interposés, aux intérêts étrangers, dans laquelle le pays a été engagé depuis quelques décennies. La crise économique et sociale est appelée à s'accentuer. La dextérité oratoire ne fera ni disparaitre les problèmes, dont le plus sérieux est la main mise de la nouvelle classe des prédateurs sur l'appareil d'état , classe qui bénéficie exclusivement de cette mise sous tutelle du pays, ni les dissoudre dans son fleuve verbal qui va se déverser sur une population de plus en plus sceptique.(...)

Cette classe constitue maintenant des boursouflures dont les germes mortels infectent le corps malade de l'Algérie. Elle a accumulé des richesses immenses par l'appauvrissement de ce pays, et ambitionne de pérenniser la possession de ces richesses par le contrôle de l'appareil d'Etat. Ce contrôle est pratiquement acquis, comme le prouve les rebondissements récents où une dérisoire tentative de corriger la politique économique a été non seulement sabordée, mais , pire encore, qualifiée de «harcèlement,» comme si mettre un terme aux importations à but spéculatif et freinant l'essor de la production nationale, constituait un acte de malveillance délibérée, et non une décision politique de bon sens dictée par les intérêts supérieurs du pays".
 

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