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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les syndicats autonomes réagissent à l'appel à la concertation lancé par le Premier ministre.

Propos recueillis par Aghilas Sadi, 2 juillet 2017

EXTRAITS.

« On ne sait pas ce que veut dire le gouvernement par consensus. Cet appel à la concertation reste ambigu et vague », a commenté le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) Idir Achour.

Il ajoute : « Je ne crois pas que le gouvernement soit sincère dans sa démarche. Il est fort possible qu’on cherche juste à légitimer des décisions dévastatrices sur le plan social déjà prises ». Pour ce syndicaliste, l’initiative du gouvernement aurait du sens si son plan d’action avait fait l’objet de discussions avant sa présentation devant les élus des deux chambres du Parlement.
« Je ne sais pas sur quoi on va se concerter, si le plan d’action du gouvernement a été élaboré et adopté sans partenaires sociaux. Idem pour le projet de loi de finances pour l’année 2018, qui s’élabore loin des regards et sans aucune concertation », déplore-t-il. A une question sur la réponse que va donner le CLA à l’appel de Tebboune, il dira que son syndicat n’a pas à se prononcer officiellement sur la question. « On ne sait pas encore si ces concertations que compte mener le gouvernement vont concerner les syndicats autonomes. Le pouvoir n’a pas pour habitude d’inviter les syndicats autonomes aux discussions sur les questions sociales. Il nous faut plus de détails pour voir plus clair », dit-il.

Même son de cloche chez le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), Lies Merabet, qui ne veut pas crier victoire. « Il faut rester vigilant car les choses restent au stade d’annonce », a-t-il réagi. Il enchaîne : « Dans la forme, il s’agit d’une bonne initiative de faire associer tous les partenaires sociaux dans les concertations et les discussions qui traitent des questions d’ordre social, mais nous préférons ne pas crier victoire, car il reste beaucoup d’autres choses à faire pour parler d’un changement crédible d’attitude envers les syndicats autonomes », a-t-il expliqué.
Avant de s’insurger contre le projet de loi de finances pour l’année 2018 qui prévoit une baisse du budget alloué au ministère de la Santé. « Sur quoi nous allons nous concerter, si le budget alloué à notre secteur sera revu à la baisse sans même nous informer », regrette-t-il. A une question sur la réponse que donnera le SNPSP à l’appel du gouvernement, notre interlocuteur dira que ce point sera traité d’abord par les instances internes du syndicat puis, par les membres de l’Intersyndicale.

De son côté, le coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, souhaite que cet appel au dialogue marque la fin d’une époque marquée par l’exclusion des syndicats autonomes de toutes les discussions portant sur la vie socioéconomique du pays. « Nous sommes pour le principe d’ouvrir le débat avec tous les partenaires sociaux. C’est une revendication de notre syndicat, néanmoins, il faut que cet appel soit suivi par une réelle volonté de rompre avec les pratiques du passé », a-t-il affirmé, avant de rappeler avec déception l’épisode 2011. « Lors de la vague du Printemps arabe, en 2011, le pouvoir nous a invité au dialogue pour donner notre avis sur les réformes envisagées par le pouvoir, mais une foi le danger d’un soulèvement populaire dissipé, le pouvoir a vite renoncé à son engagement, en excluant tous les syndicats autonomes de la deuxième ronde des négociations organisée après l’élection présidentielle d’avril 2014 », a-t-il dit. La bonne foi du gouvernement se mesure par un engagement ferme de faire des syndicats autonomes un partenaire social fiable et durable. « Il faut sortir la gestion conjoncturelle des conflits sociaux », recommande-t-il.

Pour sa part, le chargé de communication du Syndicat national autonome des postiers (Snap), Tarek Ammar Khodja, estime dans une déclaration à Reporters qu’en apparence, l’initiative du gouvernement ne peut qu’être positive. « L’appel au dialogue lancé par le Premier ministre est une bonne initiative. Nous sommes pour le dialogue, nous l’avons toujours revendiqué », fait-il savoir. Toutefois, il croit que la réussite de la démarche de Tebboune est conditionnée par certains préalables dont la levée de toutes les sanctions prononcées contre les cadres syndicalistes. « La bonne foi du gouvernement se prouve par la levée de toutes les contraintes dressées devant les syndicats autonomes », a-t-il affirmé. « Il nous faut un minimum de mesures d’apaisement pour pouvoir entamer des concertations et faire confiance à la bonne foi du gouvernement », a-t-il ajouté. 

Source : Reporters

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