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Publié par Saoudi Abdelaziz

Karim Tedjani, lanceur d'alerte écologiste. Photo DR

Karim Tedjani, lanceur d'alerte écologiste. Photo DR

"Il est temps que la Direction générale des forêts se libère enfin de l'emprise stérilisante de sa  tutelle  par le  ministère de l'Agriculture".

Vagues d'incendies de forêts en Algérie: ce qu'il serait dangereux d'oublier...

Par Karim Tedjani, 23 Juillet 2017

 

Il faut visiter les locaux de la Direction générale des Forêts pour comprendre pourquoi la forêt algérienne est en souffrance... Il y règne  depuis trop longtemps une ambiance d'inertie, de laisser-faire; tandis que, heureusement,  l'on peut y rencontrer encore beaucoup de gens passionnés par leur métier qui est celui de vivre la forêt comme un quotidien intime, un second chez-soi, et non pas de passer la majeure partie de son temps dans un bureau. 

Il est temps que la DGF se libère enfin de l'emprise stérilisante de sa  tutelle  par le  ministère de l'Agriculture, dont la direction sans cesse changeante empêche ainsi cette institution,  ô combien vitale pour l'intégrité écologique de notre territoire,  de développer tant une stratégie stable et durable sur le terrain, que des outils ainsi que des méthodes de gestions viables,  à la mesure des projets qui s'y décident. 

 

Notre forêt, ainsi défaillante d'une véritable gestion et protection institutionnelle est devenue la proie facile de tous ses prédateurs naturels; même de certains pilleurs de gènes et d'informations basés outre-mer...

 

Pourquoi,  par exemple, personne ne parle, concernant  la dernière  vague d'incendies, de la responsabilité de nombreux exploitants arboricoles et agricoles qui, chaque année, rechignent à investir dans un désherbage préventif, ainsi que tant d'autres aménagements qui leur éviteraient de subir les affres des incendies d'été?

 

Peut-être, parce que l'Etat leur a promis d'à chaque fois les indemniser, sans chercher à savoir si ces derniers ont pris de telles mesures. On pourrait pourtant sensiblement limiter la propagation de ces feux de forêts en leur imposant de tels travaux d'entretien; cela créerait aussi des emplois de saisons...

Au pire, pourquoi ne pas subventionner ceux qui ont la volonté de prendre de telles mesures,  plutôt que de dédommager ceux qui ont parfois même presque intérêt à ce que leur exploitation brûle...

 

Au delà de ce constat, on pourrait très facilement allonger la liste de tous ceux qui ont une responsabilité directe ou indirecte dans cet embrasement de nos forêts. Qui, il faudrait le rappeler, était contrôlé jadis par nos ancêtres qui  savaient user avec beaucoup de sagesse et d'habilité de la grande capacité de nos forêts à se régénérer après un incendie; pour nourrir  notamment les sols de leur terre, mais aussi aérer les forêts...

 

Cette méthode fut d'ailleurs largement attaquée par les colonisateurs français afin de justifier le rapt de tous les espaces boisés algériens sous le prétexte de leur conservation. Ceux-là même qui ont brûlés et ravagés plus d'un million et demi de la surface arborée de notre territoire. La rumeur du vilain "arabe" incendiaire et ennemi de l'arbre fut un très puissant outil de prédation de la terre de nos ancêtres...

 

Je voudrais aussi que tous que les allumeurs de feux politiques et leurs idiots utiles, avant de crier systématiquement au loup, prennent conscience que la problématique des incendies de forêts ne peut se résumer à une mythologie de la persécution, ainsi que la théorie du complot...

 

Agir ou penser de la sorte fait le jeu de tout une junte mafieuse qui a pris pour otage nos espaces forestiers, qui a fait de la pyromanie non pas un art de la guerre mais une affaire de gros et petits sous...

 

Source : nouara-algerie.com

 

POST SCRIPTUM

Dans le monde, chaque année, plus de 350 millions d’hectares de forêts sont dévorés par les flammes, révèle Planetoscope. Les incendies se déchaînent surtout entre les mois de juin et de septembre. Les pays développés ne sont pas épargnés. Ainsi, une forte augmentation des feux de forêt a été constatée sur la côte ouest des États-Unis. Dans les années 1980, plus de 140 feux de forêt de plus de 1.000 acres (404 hectares) ont été répertoriés. Ce chiffre est grimpé à 160 dans les années 1990, et a explosé jusqu’à 250 en moyenne entre 2000 et 2012. En 2015, plus de quatre millions d’hectares états-uniens ont été dévorés par les flammes, soit la taille de la Suisse.

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