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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Par Aïssa Manseur, expert en agriculture, 18 juillet 2017

Le développement de notre agriculture ne pourra jamais se faire sans ses petits agriculteurs qui exploitent des petites et moyennes exploitations.

Dans le cadre de la mise en œuvre du partenariat public-privé, le Groupe Valorisation des Produits Agricoles « GVAPRO » sous tutelle du ministère de l’Agriculture du développement rural et de la pèche à lancé au moi mars un appel à manifestation d’intérêt national et international pour la création d’une joint venture, en association entre des partenaires privés nationaux ou étrangers et les fermes pilotes y relevant.

Par cette opération, on s’attendait à ce que ces fermes pilotes soient cédées à des partenaires attestant des références techniques et professionnelles avérées, des partenaires qui peuvent redresser la situations de ces ‘’organes sans âmes’’ afin qu’ils puissent jouer pleinement le rôle qui leur est assigné à savoir la modernisation de ces fermes et l’accroissement de la production agricole pour atténuer même progressivement la dépendance alimentaire de notre pays vis-à-vis des autres pays. Il a été recensé en premier lieu 28 fermes pilotes qui se repartissent sur 20 wilayas et totalisent une superficie de 9600 ha, des fermes possédant des terres arables et fertiles et équipées selon l’activité exercée (élevage, cultures des céréales, cultures viticoles, phoenicicoles…).

Des fermes avec des superficies importantes, on cite à titre d’exemple celles de 1500 ha située dans la région de Bir Ould Khelifa à Ain Defla, 869 ha également a Ain Defla dans la région d’El Abadia, 847 ha dans la région de Sidi Amar à Saida ou encore le périmètre agricole de Brezina dans la wilaye d’El Bayadh avec 1500 ha dont l’irrigation est assurée par le fameux Barrage de Brezina

L’opération de cession de ces ‘’bijoux’’ n’a pas été réalisé dans la transparence puisque la liste des bénéficiaires a été validé ‘’ à la va vite’’ juste avant le départ du précédent gouvernement question de servir des personnes, pour des raisons inavouées, qui n’ont aucun lien avec l’agriculture, selon un quotidien national qui prétend être en possession de la liste des bénéficiaires. Il cite un propriétaire d’une chaine hôtelière qui a bénéficié d’une ferme viticole de 124 ha située à Bousfer à Oran ! Que pourra faire un ‘’promoteur touristique’’ avec une telle ferme situé aux alentours des andalouses si ce n’est planter des hôtels et semer des restaurants, des cafés et des aires de détente ! Le journal cite également un concessionnaire auto de Chlef qui a bénéficié d’une grande ferme de plus de 200 ha dans cette ville. Comment peut-on brader ce patrimoine inestimable avec un tel confort !

Des jeunes diplômés armés de connaissances et de savoir en la matière, avec une volonté de fer ne demandent que ‘’des lopins’’ de terre pour exercer le métier qu’ils chérissent, par amour à l’agriculture, ces jeunes sont contraints à chaque saison de louer des terres appartenant aux tiers afin qu’ils puissent réaliser leur rêves. Pourquoi ces jeunes qui méritent accompagnement et soutien sont ils écartés de toute tentative de développement du secteur ?

Le gel de la décision de cession de ces fermes pilotes par le Premier ministre, est une décision courageuse, responsable et salutaire pour le secteur, cette décision nous ouvre ‘’l’appétit’’ d’attendre encore plus, revoir des décisions jadis prises et qui ne peuvent absolument rien apporter au secteur agricole et ne conduisent à aucun développement du secteur agricole à l’instar de la réalisation des mégaprojets agricoles dans le sud.

Le développement de notre agriculture ne pourra jamais se faire sans ses petits agriculteurs qui exploitent des petites et moyennes exploitations, ces agriculteurs qui ont relevé le défi et ont inondé le marché par différents produits maraichères, arboricoles et autres, ces agriculteurs qu’on a abandonné a mi-chemin, les laissant faire face seuls aux problèmes générés par la surproduction et l’abondance de l’offre qui a sérieusement altéré leur revenus. Le marasme de l’agriculture algérienne ne date pas d’aujourd’hui, c’est un cumul qui s’est entassé pendant des décennies et son essor ne sera sûrement pas pour demain. Malgré cette réalité amère on doit garder une lueur d’espoir et œuvrer pour que cette ‘’ traversée du désert’’ de notre agriculture ne durera pas encore des décennies

Source : Maghreb Emergent

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