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Publié par Saoudi Abdelaziz

Illustration d'une centrale solaire à concentration de puissance. DR

Illustration d'une centrale solaire à concentration de puissance. DR

La transition énergétique est dans le brouillard, avec le report à une date indéterminée du considérable projet de production de 4 050 MW d'électricité photovoltaïques. Ce report coïncide avec la remise à l'ordre du jour officiel de la production de gaz de schiste et l'arrivée à Sonatrach d'un Pdg proche de Halliburton, une société américaine spécialisée dans l'extraction du gaz de schiste. Coïncidant aussi  avec le transfert de l'impulsion des énergies renouvelables du ministère de l'énergie vers un ministère de l'environnement, sans prise sur l'affectation des ressources financières de Sonatrach et de Sonelgaz, et dépourvu des moyens de réalisation et l’expertise du secteur de l’énergie.

Energies Renouvelables

Une énième feuille de route

Par Smati Saïd, 12 juillet 2017

L’appel d’offres de 4 050 MW à partir de centrales photovoltaïques fait l’objet d’un examen par une commission d’experts. Ce qui reporte son lancement prévu initialement à fin mars 2017.

La toute nouvelle ministre de l'Environnement et des Énergies renouvelables, Fatma Zohra Zerouati, ne semble pas prolifique quand il s’agit de parler des énergies renouvelables. Hier, en marge du 1er séminaire de promotion de projets innovants en économie verte organisé à l’École supérieure algérienne des affaires (ESAA), la ministre de l'Environnement et des Énergies renouvelables a botté en touche lorsqu’elle a été questionnée par la presse sur l’appel d’offres relatif aux 4 050 MW en énergies renouvelables que compte lancer l’Algérie, elle s’est contentée de souligner que “pour le moment, je ne peux rien dire”, précisant qu’il y a une commission qui est en train de l’étudier pour le moment et que les détails seront connus lorsque cette commission aura achevé son travail.

La ministre a précisé que “pour promouvoir l’économie verte, on doit actualiser le travail dans les phases à suivre”. Les propos de la ministre de l’Environnement et des Énergies renouvelables peuvent suggérer que l’appel d’offres sera réaménagé ou reconçu. Pour rappel, l'Algérie et l'UE avaient abordé, le 13 mars dernier à Bruxelles, le projet algérien dénommé Atlas 1, d'une capacité globale de 4 050 mégawatts réparti en trois lots de 1 350 mégawatts chacun en énergie d'origine solaire de type photovoltaïque, qui devait faire l'objet de cet avis d'appel d'offres à investisseurs nationaux et internationaux avec l'obligation du soumissionnaire d'engager des investissements pour la fabrication locale des équipements destinés à ces centrales solaires. À l’occasion, l'Algérie et l'UE avaient signé une convention de financement par l'UE d'un programme d'appui au développement des énergies renouvelables (EnR) et à la promotion de l'efficacité énergétique en Algérie, d'une valeur de 10 millions d'euros.

Le département de Fatma Zohra Zerouati prépare donc une nouvelle feuille de route sur les énergies renouvelables. En somme, une énième feuille de route qui risquerait de générer encore du retard dans la mise en œuvre de la stratégie nationale des EnR. Ce qui ne semble pas être de l’avis de la ministre qui indique qu’“il n’y a pas de retard. Le retard a été enregistré avant. Maintenant, il n’y a pas de retard. Cela ne fait que quarante jours qu’on est là. Donc on ne se précipite pas. On va faire vite, mais pas de précipitation parce que ce sont des enjeux très importants, c’est l’avenir de l’Algérie”.

Fatma Zohra Zerouati tente de redessiner la politique nationale sur les énergies renouvelables. Comme elle l’avait déclaré une semaine auparavant, en marge de l'inauguration du nouveau siège de l'Agence nationale des déchets, “une nouvelle stratégie en matière d'énergies renouvelables sera élaborée en tenant compte, sur orientations du Premier ministre, des défis que se pose l'Algérie, d'une part, et de la conjoncture économique qui impose ce type d'énergie pour le développement d'une économie alternative, d'autre part”. Il est vrai que depuis le début, l’intérêt de l’Algérie aux EnR a toujours été freiné par des stratégies mi-figue mi-raisin, d’où le retard qu’on enregistre dans le domaine.

Certes la création d’un département ministériel dédié à l’environnement et aux EnR peut constituer un sérieux atout au développement de ce secteur, mais il est aussi évident que sans les ressources financières des deux grosses entreprises que sont Sonatrach et Sonelgaz, sans les moyens de réalisation et l’expertise du secteur traditionnel de l’énergie, le ministère de l’Environnement risque de traîner les énergies renouvelables comme un boulet inutile. Reste à savoir maintenant quelles seront les synergies qui existeront entre les différents acteurs qui s’impliqueront dans cette stratégie.

Source : Liberté

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