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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les chroniqueurs et éditorialistes s'interrogent : Les déclarations d'Ahmed Ouyahia puis celles du ministre des affaires étrangères à l'égard des migrants venus du Sud, annoncent-elles un changement global de politique africaine décidé à la Présidence de la République?

"Attelage Macron-Ouyahia?"

"Derrière les mots d'Ouyahia, la recomposition de l'espace Maghreb-Sahel", titre la chronique de Abed Charef dans Le Quotidien d'Oran. Selon lui les propos d'Ouyahia exprime "une politique, pas un dérapage " car "ce qui s'est passé cette semaine avec le dossier des migrants dépasse largement la personne du chef du RND. Car tout laisse à croire que le gouvernement a opté pour une nouvelle ligne de conduite". Le chroniqueur en définit les motivations : " Il s'agira très probablement d'accompagner, au niveau local, une vision plus globale qui se développe ailleurs, sur l'Afrique et sur la question des migrations. Elle s'est déjà traduite en Libye par un hommage appuyé au maréchal Haftar. Quelle vision? Celle d'Emmanuel Macron? C'est la seule qui a émergé récemment dans la région. Il n'est toutefois pas inintéressant de noter que le chef de l'Etat français a commis sa première bévue lorsqu'il a imputé le retard de l'Afrique au nombre élevé d'enfants par femme. Un discours proche de celui de M. Ouyahia. Suffisant pour parler d'un attelage Macron-Ouyahia? Avec Sissi, Haftar et Ouyahia, le nord de l'Afrique aura une autre saveur que les migrants risquent de ne guère apprécier".

"l'humanisme sans angélisme !"

Dans son éditorial de la Tribune, Noureddine Khelassi veut arrondir les angles. Certes, il y a un changement, mais c'est de "l'humanisme sans angélisme !". Il note : "Comme on le constate, les deux hauts responsables de l’Etat se sont ainsi exprimés sur le sujet épineux de la vaste migration clandestine, laissant entendre qu’il s’agit d’une préoccupation majeure au plus haut sommet de l’Exécutif. Et, hormis l’excès de langage d’Ouyahia et son jugement sans nuances sur les maux consubstantiels à la présence de migrants subsahariens, les deux hauts responsables en question ont, sur le fond, posé sérieusement le problème et délimité les risques y afférant".

"Ça, ce n’est pas le programme du Président ! Alors, vous parlez au nom de qui ?"

C'est ainsi que réagit Maamar Farah le chroniqueur-directeur du Soir d'Algérie. Voici son post-scriptum: " Faut-il rappeler à MM. Ouyahia et Messahel qu’ils parlent au nom de l’Algérie et non de quelque État fantoche, réactionnaire et raciste ? Faut-il leur faire réécouter le tube de Miriam Makeba et leur projeter les images d’antan pour qu’ils réalisent que cette terre de luttes et de résistances, ces lieux de l’épreuve de feu pour tant de leaders africains, n’est pas n’importe quels lieux pour que des voix autorisées viennent en rajouter à l’amalgame entretenu par les milieux d’extrême-droite algérienne. Oui, elle existe. Elle est un mélange d’anti-socialisme primaire, de nationalisme débridé, de haine de l’étranger, d’islamisme exalté, de misogynie démesurée, de «houmisme» exacerbé et de racisme anti-noir ! Non, les «rougés», on en a marre ! Ils sont partout ! Que nos officiels soient, au moins, fidèles à la pensée et à l’action de leur chef qui n’a jamais douté de son africanité ! On peut lui reprocher certaines choses mais pas une affirmation permanente de son appartenance à ce continent et sa lutte continue pour son émancipation ! Ça, ce n’est pas le programme du Président ! Alors, vous parlez au nom de qui ?"

"Péril en la demeure".

Dans sa "balise" sur El Watan, Ali Bahmane ne s'encombre pas lui aussi de haute politique. Il écrit simplement : "Le chef de cabinet du président de la République s’est illustré tout dernièrement par des propos racistes de bas étage sur la présence de Subsahariens dans notre pays et l’ancien Premier ministre a failli enflammer les Aurès lorsqu’il a versé, à travers un humour douteux, dans cette voie. Racisme vis-à-vis de l’étranger ou des nationaux, sous toutes ses formes, très souvent subtil, il y a péril en la demeure."

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