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Publié par Saoudi Abdelaziz

Pourquoi cibler Al Haddad? Le débat n'est pas clos dans les médias. Ce matin, deux commentateurs politiques proposent des angles d'approche très différents. Pour Noureddine Khelassi, c'est le rappel de Haddad à "ses obligations contractuelles" visant "celui qui a le plus bénéficié, et très largement, de la manne de la commande publique", et qui "a donc plus d’obligations que les autres".

Pour Saad Ziane le mobile semble plus inquiétant : "Pour vendre des mesures antipopulaires à venir on fait mine de «nettoyer » en s’attaquant, non au système de prédation, mais en mettant à l’index certains de ceux qui en profitent".

EXTRAITS.

"Mais pourquoi donc, symboliquement, Ali Haddad a été le premier entrepreneur privé à être rappelé à ses obligations contractuelles ? Tout simplement, parce que c’est celui qui a le plus bénéficié, et très largement, de la manne de la commande publique, en obtenant les plus gros marchés en matière d’infrastructures publiques. Il a donc plus d’obligations que les autres.

Et il a suffi alors de juste jeter un coup d’œil sur l’état d’avancement des projets qui ont été confiés à l’ETRHB pour s’apercevoir de l’énormité des choses ! Et c’est même inouï, incroyable à admettre ! 20 projets au total depuis 2011, répartis dans 16 wilayas, sont à l'arrêt ! Pis encore, le groupe n'a pas le minimum de moyens, l'expertise et les capacités managériales pour les réaliser. D'où le recours absolument excessif, et contraire à la loi, à la sous-traitance étrangère, précisément avec des Espagnols, des Turcs, des Chinois ou des Portugais, avec, à la clé, les inévitables surcoûts et leur corolaire, la surfacturation !

Et l’on apprend aussi que l’ETRHB n’est pas en mesure de répondre dans le délai imparti de 6O jours aux mises en demeure publiques. On apprend aussi que le Groupe aurait bénéficié de contrats pour un montant global de 4 milliards de dollars, et qu’il aurait reçu déjà le 1/4 en guise d’avances. Et on sait par la même occasion que les banques publiques ne sont plus disposées à le financer comme elles le faisaient avant. Bref, on découvre au final, et ce n’est guère une surprise, que l’ETRHB est un géant en carton-pâte, au même titre qu’un vulgaire Tonic Emballage ou qu’un ridicule Khalifa !

Mais tout géant en papier journal qu’il est, Ali Haddad a tout de même profité du beurre, de l’argent du beurre et du fermier qui le produit ! Notamment en achetant en décembre 2011, un des joyaux de l’hôtellerie de luxe espagnole, l’Hôtel Palace (ex-Ritz) de Barcelone. Aginyo Invesiones y Gestiones Inmobiliarias, S.L., société qui appartient à Ali Haddad, l’a acheté à la société espagnole Inmobiliaria Sarasate pour 67,6 millions d’euros, pour le proposer à la vente en 2013, pour 62 millions d’euros. Dans ce cas, donner tort à Abdelmadjid Tebboune et au chef de l’Etat qui l’a investi, es qualité, serait un blasphème, un acte antipatriotique même ! Noureddine Khelassi. Editorial de la Tribune.dz, 22 juillet 2017

"Les mots vidés de leur sens"

 "Nous sommes devant un système en crise où l’informel a totalement écrasé les institutions et où les mots, compréhensibles ailleurs, sont dénués de sens. Car pas plus que le FCE n’est une organisation patronale, l’UGTA de Sidi Said – on insiste, oui de Sidi Said – n’est pas une organisation syndicale. C’est bien pour cela qu’on les retrouve ensemble, ce sont des associations informelles d’intérêts qui se drapent d’un sigle et d’une adresse.

Quand Tebboune détricote la fausse industrie automobile léguée par l’arrogant Bouchouareb en la qualifiant – ce qui est vrai – d’importation déguisée ou qu’il remet en cause des attributions de terrain décidées par l’hyper-léger Sellal, il ne faut pas y avoir un début de réforme, ou un début de sérieux.

Tout au plus peut-on y voir – et cela reste à confirmer – une réaction des grands rentiers de la bureaucratie d’Etat face à l’envahissement des nouveaux oligarques qui excipent d’un «pacte » pour le 4ème mandat.

On rappelle à Ali Haddad que sa fortune est d’une fragilité extrême totalement dépendante des contrats publics et du bon vouloir de l’Etat. Quant à Sidi Saïd, faut-il en parler, lui qui a avoué publiquement lors du procès Khalifa un crime grave sans que cela ne porte à conséquence…

Au final, Sellal appliquait le programme du président, Tebboune aussi, Haddad et Sidi Saïd soutenait – et soutiennent disent-ils – le programme du président. C’est le côté barbant de ce petit psychodrame dans un sérail qui n’a plus de bons scénaristes.

Derrière ce nouveau feuilleton où l’on nous désigne les «mauvais » qui étaient les bons il y a encore quelques semaines, se profile la réalité d’une panne économique et financière. Et pour vendre des mesures antipopulaires à venir on fait mine de «nettoyer » en s’attaquant, non au système de prédation, mais en mettant à l’index certains de ceux qui en profitent. Saad Ziane. Libre Algérie, 21 juillet 2017

 

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