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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le Plan Tebboune ne semble pas avoir suscité de positions tranchées parmi les députés, dans la classe politique et dans les médias. Wait and see? La ligne "équilibrée" du Premier ministre jointe à l'absence d'échéancier est peut-être à l'origine de cette expectative, dans un pays où la classe politico-médiatique est formée dans la tradition de la distance entre les paroles et les actes. On dit que la séance de discussion serait prolongée. Y verra-t-on plus clair? Tour d'horizon.

L’opposition peu confiante.

Par Nabila Amir. El Watan

L’optimisme affiché par le Premier ministre n’est pas partagé par les députés, notamment ceux de l’opposition qui doutent de la capacité du gouvernement à pouvoir concrétiser cette feuille de route et ses promesses.

Les députés du FFS, qui ne vont pas intervenir lors des débats, se contentant de l’intervention du chef du groupe parlementaire, pensent que ce plan d’action est un ensemble de généralités qui n’apporte rien. «Aucun délai de réalisation des projets n’est fixé, Tebboune a fait la lecture de la feuille de route de son prédécesseur. Le développement économique est lié à l’instauration d’un Etat de droit qui met fin à la corruption et à la bureaucratie. Et pour nous, la lutte contre l’argent sale, c’est juste un slogan», explique Chafaa Bouaiche. Du même parti, Salima Ghezali voit dans cette intervention «une fuite en avant» ou une «surdité».

Pour Atmane Mazouze du RCD, «cette déclaration ne reflète pas la réalité du vécu des Algériens. Les projections du Premier ministre sont en contradiction avec ce qui est annoncé par les organisations internationales». Lakhdar Benkhalef, député de l’union formée par Ennahda, El Adala et El Bina, n’hésite pas à qualifier le plan d’action du gouvernement de «copier-coller des plans des derniers gouvernements de Abdelmalek Sellal».

«Ce sont les mêmes axes et les mêmes grandes lignes. Il n’y a pas de chiffres ni d’échéancier. Ce qui va compliquer le contrôle et le suivi», commente l’élu qui rappelle que les précédents gouvernements n’ont jamais présenté de bilans devant le Parlement. Pour lui, la situation du pays est «catastrophique» avec un Fonds de régulation des recettes (FRR) vide et des réserves de change à moins de 100 milliards de dollars. «Ce sont là les chiffres révélés par le gouverneur de la Banque d’Algérie», précise Benkhalef, convaincu que le plan présenté par Abdelmadjid Tebboune ne peut «en aucun cas être exécuté en l’absence de moyens financiers». «Tout sera clair avec la loi de finances 2018», conclut-il.

De leur côté, les députés du PT vont prendre au mot le Premier ministre en posant des questions sur les sujets d’actualité et attendent des réponses. «Le gouvernement ne peut pas ignorer le cri du 4 mai relatif à l’abstention, il est attendu de l’Exécutif des décisions audacieuses pour corriger les politiques qui sont à l’origine de la situation sociale et économique que nous vivons aujourd’hui», note Taazibt, qui attend du gouvernement des actes concrets et des lois concrétisables et revendique un bilan économique. Nabila Amir. El Watan

Les commentateurs

L'un évoque une "manne providentielle" offerte par le plan Tebboune, le deuxième est dubitatif : " M. Tebboune obéit à un autre agenda. Il n'a pas de comptes à rendre aux Algériens, ni à leurs élus". Notons une curiosité, l'éditorial du directeur de la rédaction de Liberté, avant-hier, exprimant peut-être les espoirs de Rebrab, le patron du journal.

On parle enfin de réforme du système fiscal !

" Il est inconcevable que les salariés soient ponctionnés à la source, ou que des opérateurs économiques vertueux s’acquittent de leurs obligations fiscales, alors que bien d’autres trichent ou ne payent pas d’impôt. Et alors que la fiscalité pétrolière s’est vertigineusement amoindrie depuis juin 2014, il faudrait donc mettre le paquet sur la fiscalité ordinaire, et c’est heureux le gouvernement Tebboune y pense. Son potentiel est énorme : la marge de progression du recouvrement est d’au moins 80%. Selon les spécialistes, l’Etat aura alors la possibilité de lever au moins l’équivalent de 30 milliards USD d’impôts ordinaires par an. Une manne providentielle !" Noureddine Khelassi La Tribune-dz

Pourquoi Abdelmadjid Tebboune est aussi serein

" Comment expliquer cette attitude du premier ministre, qui affiche une sérénité à toute épreuve, alors que tous les clignotants sont au rouge? En fait, la réponse est simple. M. Tebboune n'a pas été nommé pour trouver une solution à la crise, mais pour gérer un moment.
Il n'est pas tenu d'obtenir des résultats bons pour l'Algérie, pour les Algériens, pour l'économie et les institutions algériennes.
M. Tebboune obéit à un autre agenda. Il n'a pas de comptes à rendre aux Algériens, ni à leurs élus. Abed Charef,
Le Quotidien d'Oran

Le scepticisme entré au Parlement

Au-delà des mesures prévues dans le plan d’action du gouvernement, de leur opportunité ou de leur inefficience, c’est donc, encore une fois, la question de la viabilité de nos institutions qui est posée. Une question à laquelle la copie présentée à l’Assemblée n’apporte pas de réponse. Dans de telles conditions, c’est tout simplement la mise en œuvre d’un programme de travail, quel qu’il soit, qui risque de s’avérer problématique, plus que la teneur du programme en lui-même.
Le scepticisme a été, au demeurant, exprimé par ce député qui, tout en saluant “la séparation entre le politique et l’affairisme” annoncée par le gouvernement, n’en ajoute pas moins qu’il va falloir attendre de voir ce que l’Exécutif fera concrètement dans ce domaine. Saïd Chekri.
Liberté

Industrie : nouveau départ

Un certain climat de confiance souffle sur le département de l’Industrie et des Mines depuis le départ de l’ancien détenteur du portefeuille qui a érigé l’institution, dont il avait la charge, en une forteresse dont le sésame pour y entrer n’était accordé qu’à un cercle restreint (...). L’arrivée du nouveau ministre a apporté du baume au cœur des cadres marginalisés et le sentiment général au sein de ce département est que l’ambiance est moins délétère. Le drame, c’est tout ce temps perdu alors que l’économie algérienne reposait sur ce secteur, vecteur indispensable pour le passage à une économie diversifiée.
Il est à souhaiter que le ministre Bedda, qui a longtemps présidé la commission des finances, redonne un souffle nouveau à son secteur d’activité sur lequel compte, plus que jamais, la feuille de route élaborée par le Premier ministre.
Editorial de Abrous Outoudert, Liberté

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