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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Meziane Aider est professeur de mathématiques à la faculté des Mathématiques de l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumediène

Propos recueillis par Mahmoud Chaal, 7 juin 2017

Les épreuves du Brevet de l’enseignement moyen, qui viennent de se terminer, ont été l’occasion de vives inquiétudes à propos du sujet de mathématiques. De très nombreux collégiens, ainsi que leurs parents, l’ont jugé « inabordable ». Vraiment ?

«Le sujet de maths du BEM n’était pas dur. Il ne contient pas de difficulté particulière et il est inspiré du programme officiel, donc à la portée de l’élève moyen », réagit pour Reporters Meziane Aider.

Ce professeur des mathématiques à la faculté des Mathématiques de l’université des sciences et de la technologie Houari-Boumediène, nous explique que ce discours d’inquiétude et d’agacement, face aux mathématiques, n’est pas nouveau. Il n’est pas non plus propre à l’Algérie. « On craint les maths dans le monde entier et pas seulement en Algérie parce que cette matière n’est pas comme les autres. Les maths nécessitent de la réflexion et du raisonnement. Ce n’est pas une recette qu’on applique à une situation précise. Chaque cas a besoin d’une démarche spécifique pour aboutir à la solution. Ce n’est pas le cas des autres matières. En sciences naturelles, l’élève apprend la leçon et il la répercute », analyse Meziane Aider, qui est aussi Directeur du laboratoire de recherche opérationnelle des mathématiques de la décision.

« Dans le domaine des maths, on a des définitions, des théories, mais ce qui est demandé c’est surtout un raisonnement pour percer le mystère et trouver la réponse au problème posé », ajoute-t-il.

Le ministère de l’Education nationale a récemment fait le constat que les élèves algériens ont d’énormes difficultés face aux mathématiques et que leur niveau est médiocre et doit être amélioré.
Qu’en pense le professeur Aider ? « Il est facile de dire que le niveau des élèves en maths est médiocre. Il n’y a pas de médiocrité dans l’absolu. Par contre, il y a des programmes qui ont été changés sans la consultation et sans l’avis des experts en la matière», tranche-t-il. « Au lycée, auparavant, on enseignait ce qu’on appelle la logique mathématique. L’élève arrive à l’université avec une base de connaissance importante, susceptible de l’aider à assimiler le programme universitaire. Actuellement, la logique mathématique n’est plus enseignée, a souligné le mathématicien, regrettant que « la réforme de l’Education nationale et celle de l’Enseignement supérieur n’ont pas été faites dans la concertation ».

Le manque de coordination entre l’Eduction nationale et l’Enseignement supérieur crée un déphasage. Pourtant, « nous avons de bons programmes à l’université. Mais le hic est que les élèves ne terminent pas leur programme scolaire. Ce qui fait que l’apprenant accumule des lacunes au fil des ans. Cette faiblesse engendre d’autres situations graves», affirme le professeur Aider. Pour étudier les maths, « il faut les aimer », précise-t-il.
Par ailleurs, « il faut trouver des motivations pour inciter les étudiants à étudier les mathématiques notamment en donnant des bourses plus conséquentes, trouver des formules pour permettre aux matheux de continuer leurs études dans d’autres filières, comme l’informatique, la pharmacie ou autres».

Quid de la recherche dans le domaine des mathématiques à l’université ? En effet, « il y a de la recherche dans la filière. Nous avons une production scientifique qui n’a rien à envier aux universités des autres pays. Nous espérons que le budget alloué ne sera pas amputé à cause de l’austérité », rétorque Meziane Aider, qui regrette l’absence de contacts entre le monde de la recherche et celui des entreprises.

Source : Reporters-dz

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