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Publié par Saoudi Abdelaziz

L’Union européenne, qualifie les licences d'importation de mesures “protectionnistes”, venant “s’ajouter aux restrictions et entraves au commerce et à l’investissement déjà existantes”. La presse algérienne est très dubitative sur les motivations de cette offensive médiatique bruxelloise.

Présentant le rapport de l'UE, Lyes Mechti conclut dans El Watan : "De son côté, l’Algérie a considéré, ces dernières années, qu’elle a «donné plus qu’elle n’a reçu» à travers l’accord d’association qui la lie, depuis 2003, à l’Union européenne, en raison d’un déséquilibre en matière d’application des clauses de l’accord, d’où la réévaluation qui a été faite en avril dernier, mais qui n’a visiblement pas abouti, selon certains économistes, à des résultats consistants".

L'éditorialiste de Liberté Saïd Cherki note : "Mais le timing de cette sortie de Bruxelles, dont on n’a pas entendu pareille critique depuis bien longtemps, mérite que l’on s’y arrête. Il semble bien, en effet, que rien n’aurait dérangé la “maison Europe” si ses membres pouvaient encore exporter en Algérie aussi massivement qu’ils le faisaient depuis de nombreuses années. Mais l’Algérie, elle, ne peut plus importer sans compter. Il fut un temps où les recettes pétrolières permettaient au gouvernement de dépenser à tout va, non seulement pour satisfaire les besoins de consommation locaux, mais aussi pour s’adjuger le titre de “bon client” de l’UE et les “dividendes politiques” qui en sont le corollaire. Et l’UE n’y voyait alors pas d’inconvénient et ne manquait pas d’accorder quelques bons points aux “progrès démocratiques” de l’Algérie et de saluer les “réformes” qu’elle menait. Le silence était alors d’or et, de surcroît, il pouvait se justifier par le devoir de réserve au nom de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui. Tout comme le “devoir d’ingérence” était invoqué, à une autre époque, lorsque les intérêts sonnants et trébuchants le commandaient.
C’est donc aujourd’hui que l’UE retrouve la voix et ce n’est assurément pas fortuit. Cela marque sans doute la fin d’un accord algéro-européen tacite, porté par un consensus forcément fragile car antiéconomique, bâti sur la préservation des int
érêts commerciaux d’une partie, en échange d’un soutien politique de celle-ci à l’autre."

L'économiste Abdeltif Rebah recentre le débat:

Pourquoi « ils n’investissent pas »

Un discours récurrent dans les milieux d’affaires de chez nous et chez les élites qui s’en sont faits les porte-voix, revient à présenter un capital étranger qui ne demande qu’à investir productivement chez nous mais qui en est empêché par une caste de bureaucrates au service de compradores qui freinent des quatre fers.
Mais il n’y a pas d’un côté la face clean, transparente, industrielle du capital et de l’autre, la face obscure, compradore. C’est un même rapport gouverné par le taux de profit. Est-ce que sous la colonisation, il y avait des compradores algériens qui les empêchaient d’industrialiser le pays ?
Il y a un critère de zone d’accumulation rentable dans les décisions de localisation des multinationales. Mais pas seulement bien sûr, il y a les considérations de taille de marché, de conditions d’accueil, pas au sens de "climat des affaires" mais d’écrémage des potentiels scientifiques et technologiques et de qualification locaux dans une perspective de lutte concurrentielle à l’échelle globale. Il y a aussi la question de la visibilité à long terme c’est à dire un pouvoir tout à fait acquis comme dans les pays de l’Est, en Turquie, Maroc, Tunisie…
En vérité le rayon d’action du capitalisme algérien ne peut être déterminé que par le poids énorme du capital supranational et par la dépendance politique, militaire et idéologique de l’Algérie par rapport aux Etats-Unis, à l’Otan et à l’UE.

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