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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Selon le récent sondage de l'institut Immar Maghreb les deux chaînes privées Echourouk TV et Ennahar TV arrivent en 1ère et 2e positions des chaînes les plus regardées des Algériens réalisant respectivement 31,7% et 30,3% de parts d'audience, alors que MBC se classe à la 3e place avec 13,1% suivie de la chaîne publique A3, en 4e position, avec 11,5%. El Djazaïria One, malgré un programme alléchant, ne pointe qu'à la 5e place avec 8,2%.

Amira Soltane note dans l'Expression :

"Certains programmes et notamment les caméras cachées ont réalisé d'importants taux d'audience sur les réseaux sociaux et surtout sur Youtube. C'est le cas de la chaîne Ennahar TV qui a explosé avec ses quatre caméras cachées: «Aref Nejmak» (présente ta star) et «Matchi Marti» (Ce n'est pas ma femme) «3ich Tchouf» ou encore «Rana Hkamnak VIP 2» qui a créé la polémique avec le traitement humiliant réservé au grand écrivain Rachid Boudjedra. Contrairement aux autres chaînes privées, la chaîne Ennahar TV a décidé de mettre le paquet sur les caméras cachées et les caméras sociales. Pour sa part, Echourouk TV a misé sur une caméra cachée, «Ouaâra» produite par Rym Ghazali et qui est un patchwork des autres caméras cachées réalisées dans le Monde arabe."

TELES-POUBELLES

Par Moncef Wafi, 3 juin 2017

L'Algérie a-t-elle la télé qu'elle mérite ? Oui, vu la déliquescence de tout un pays, le contraire aurait étonné puisque l'Etat, et dans sa gestion approximative du dossier de l'audiovisuel, a balisé le secteur ne permettant qu'à cinq chaînes de télévision privées d'émettre sans se soucier du vide juridique.

Cette impunité cathodique a donné naissance à des monstres qui, bafouant le b.a.-ba de la déontologie, font dans la désinformation et la surenchère, n'hésitant pas à verser dans la diffamation et le mensonge éhonté, leur valant une batterie de procès sans qu'ils n'aboutissent.

Ces télés-poubelles, instruments pour régler des comptes par procuration, inondent le paysage audiovisuel algérien de programmes aussi racoleurs qu'insultants, dénués d'un minimum de professionnalisme. La caméra cachée d'Ennahar, piégeant grossièrement un illustre homme des lettres, Boudjedra pour ne pas le nommer, a été accueillie avec toute l'indignation qu'elle a suscitée auprès des Algériens. Cette façon de divertir et de courir après l'audimat au détriment de la dignité des «victimes» n'a d'égale que le silence étouffé des barrières de sécurité censées veiller à ce que pareil dérapage n'intervienne. Pourtant, l'Autorité de régulation de l'audiovisuelle (Arav) a été mise en place pour justement prévenir et auquel cas sanctionner les chaînes coutumières de ces dépassements.

Malheureusement, la police cathodique n'intervient que sur réquisition de la tutelle et c'est bien dommage. La gestion même du dossier des chaînes de télévision privées transpire cette volonté délibérée du gouvernement de lâcher la bride à un secteur naissant dans l'espoir qu'il s'autorégule. Un audiovisuel à majorité offshore qui a mis en joue tout un Etat incapable de faire respecter un minimum professionnel. Lorsque le Premier ministre d'alors évoquait la violation de la vie privée, les insultes et les atteintes à la dignité des citoyens algériens, le régionalisme et la fitna, l'apanage exclusif de certaines chaînes tolérées, il oublie que ces mêmes logos sont instrumentalisés à des desseins politiciens et à des fins personnelles.

Sellal menaçait alors et demandait à son ministre de la Communication d'assainir la situation. Des propos qui n'auraient servi à rien surtout pas à freiner des chaînes qui se croient au-dessus de la loi parce que protégées d'en haut. L'initiative citoyenne appelant à se rassembler aujourd'hui devant le siège de l'Arav, à Alger, pour dénoncer les programmes inquisiteurs de certaines chaînes privées est une bonne chose dans la mesure où l'opinion publique se positionne par rapport à ce genre de dérives.

Le Quotidien d'Oran

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