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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'espace politique et l'espace public ne concernent pas encore la majorité des Algériens. La militance politique, mise à terre durant la décennie noire, sera entravée dans les années Bouteflika par la combinaison de l'Etat d'urgence-bis et de la prise de pouvoir par l'argent-roi.

Plus qu'un parti pris délibéré de désobéissance civique adopté par la société algérienne, l'exclusion civique est un choix délibéré du système de pouvoir. Il est fondé sur l'atomisation de la société. Ce choix a été pris après la fin brutale de l'expérience démocratique-électorale du début des années 90.

A la fin de la décennie noire, cette atomisation servira de décors à la course pour l'enrichissement, alimentant sur un échelle de la plus en plus vaste la mise en place des réseaux de captation de la rente, infiltrés dans les institutions pour contrôler les mécanismes et les guichets assurant l'accumulation.

La libération générale des désirs de consommation et de possession financière a servi cette recomposition-destruction sociétale, mais elle s'est de plus en plus circonscrites, par la loi inexorable de l'argent-roi, dans des sphères limitées de privilégiés. L'argent n'est pas démocratique...

La désaffection civique à l'égard de l'espace public a été précédée par le développement urbain séparé (apartheid urbain), où les privilégiés se sont aménagés des espaces de vie "préservés". Modifiant les priorités publiques, cette nouvelle donne a entraîné progressivement l'éloignement des institutions et services publics à l'égard des lieux de vie de la majorité des foyers algériens, qui ne disposent pas encore de "moyens politiques" pour peser sur les choix des communes, des wilaya et de l'administration centrale.

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