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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Le vote blanc semble prendre de l’ampleur et devient désormais une autre arme aux mains des citoyens réfractaires à l’acte de voter.

Par Hamid Saidani, 6 mai 2017. Liberté

Considérée comme un moyen d’exprimer pacifiquement la colère citoyenne et le rejet d’un processus électoral que l’on sait d’avance bien arrangé, l’abstention a, de nouveau, triomphé à l’occasion des législatives du 4 mai.

Le taux de participation de 38,25%, annoncé hier matin par le ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, est même appelé, en sus, à être revu à la baisse au moment d’intégrer les chiffres très bas relatifs au vote de l’émigration. L’abstention a, donc, été plus importante qu’aux dernières élections législatives de 2012 où le taux de participation avait atteint 42,90%.

Le parti de l’abstention reste donc le parti majoritaire dans le pays avec un taux de représentation de 61,75% du fichier électoral et toutes les formations participantes au scrutin réunies, y compris celles qui se vantent d’avoir la majorité des sièges, n’atteignent qu’un peu plus d’un tiers de l’électorat.

Comme lors des précédents rendez-vous électoraux, la majorité de la population a préféré faire l’impasse sur ce scrutin. Ces élections interviennent, certes dans un contexte de lassitude générale, générée par une gestion catastrophique des affaires de l’État et l’absence d’un véritable dialogue social à même de remobiliser la société face aux nombreux défis qui attendent la nation.

Devant la sourde oreille d’un système qui n’est visiblement intéressé que par sa survie quitte à se barricader et à creuser encore plus profond le fossé qui le sépare de la société, les citoyens n’avaient ainsi plus d’autres choix que de bouder massivement la messe à laquelle ils ont été conviés.

Le ministre de l'Intérieur a beau trouver le taux de participation à ce scrutin “très appréciable”, estimant que “ce taux diffère de ceux des autres élections auxquelles le citoyen accorde un plus grand intérêt”. Mais, la réalité n’est pourtant pas de nature à pousser à jubiler. Le fait est là, imposant devant les yeux de nos gouvernants, et c’est, indubitablement, un signe qui ne trompe pas sur le niveau de confiance citoyens-autorités. Et ce serait une nouvelle fois une erreur d’une gravité sans pareil si l’on continue à ignorer de tels signaux en provenance de la société.

La mobilisation générale de la quasi-majorité de la classe politique qui a pris part à ce rendez-vous électoral n’a pu venir à bout de la résistance citoyenne qui entendait à travers son abstention exprimer son exaspération face aux nombreuses promesses non tenues.

Et même le ton menaçant et toutes les pressions auxquels le pouvoir en place a eu recours avant et pendant la campagne électorale pour contraindre les électeurs à se déplacer en masse vers les bureaux de vote n’ont finalement pas été d’un grand apport pour lui. Le ministre de l’Intérieur pouvait insinuer comme il l’a fait hier que les autorités algériennes auraient pu rendre obligatoire l’acte de voter, affirmant que “la loi algérienne n'impose pas à cette catégorie de s'inscrire sur les listes électorales ou de voter, comme le font plusieurs pays européens”.

Mais ce qu’il feint de ne pas savoir, c’est que les Algériens semblent avoir découvert un autre moyen de contourner les pressions faites contre ceux qui ne seraient pas tentés de voter. Le vote blanc semble prendre de l’ampleur et devient désormais une autre arme aux mains des citoyens réfractaires à l’acte de voter mais qui redoutent d’éventuelles représailles contre eux.

Beaucoup d’électeurs se sont donc déplacés jeudi dans les centres de vote pour accomplir leur devoir électoral sans grande conviction et l’ont fait en mettant un bulletin nul dans l’urne. Cette méthode leur assure un sérieux avantage, celui de pouvoir faire cacheter leur carte de vote et de montrer patte blanche en cas de besoin grâce à l’encre visible sur l’index gauche, preuve s’il en est de l’accomplissement du devoir électoral. Et ce n’était d’ailleurs pas fortuit si le ministre de l’Intérieur avait omis hier matin de révéler le nombre de bulletins blancs enregistrés à l’occasion de cette élection et qui serait, d’après plusieurs sources, extrêmement important à travers le pays.

Source : liberté

POST SCRIPTUM

Avec un taux de participation établi à 37.09 % et un taux de bulletins nuls arrêtés à 24.46% des voix exprimées, le scrutin législatif du 4 mai 2017 est une déception générale pour ceux qui ont pris le pari de participer et ceux qui ont remué ciel et terre pour mobiliser l’électorat.

Si on a estimé que l’abstention était le grand vainqueur des Législatives, le plus grand parti de ce scrutin serait celui des bulletins nuls. Avec 2 109 917 "voix" des 8 624 199 électeurs, le vote blanc devient la "formation politique numéro un de ce scrutin. HuffPost-Algérie

"Dans les circonscriptions électorales où nous avons pu avoir les indicateurs de participation, le nombre des bulletins nuls est effrayant : un peu plus de 45 000 sur 150 612 votes à Constantine où il y a 576 173 inscrits, soit 30% (18 000 sur 40 000 votes pour la seule commune du chef-lieu, soit 45%), un peu plus de 24 000 sur les 123 940 votes à Oum El Bouaghi où il y a 418 794 inscrits, 24%, près de 38 000 sur 134 291 à Boumerdès où il y a 485 387 inscrits, un peu plus de 30 000 sur 143 910 votes à Mila où il y a 495 268 inscrits, soit 21%, 19 400 sur 70 484 votes à Naâma où il y a 149 175 inscrits, soit 27,5%". Le Soir d'Algérie

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