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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les services français ont-ils participé à l'assassinat de Thomas Sankara?

François Hollande termine son  mandat et son gouvernement sera dissout sans avoir enfin autorisé la justice burkinabé à enquêter sur une éventuelle participation de la France au complot international qui a abouti à l'assassinat du leader du Burkina-Fasso, le 17 octobre 1987. En février 2013, déjà, dix parlementaires français,  demandaient la mise en place d'une commission d’enquête dont la mission est de « faire le point sur le rôle des services de renseignement français, sur la mise en cause de la responsabilité de l’État et de ses services ». EN QUESTION-Le rôle des services français dans l’assassinat de Thomas Sankara )

Affaire Sankara, le gouvernement Hollande n'a pas tenu ses promesses!

Par Bruno Jaffré, 12 mai 2017

EXTRAITS

En novembre 2014, une puissante insurrection populaire balayait le régime de Blaise Compaoré. Elle avait suscité alors un immense espoir d'une vie meilleure mais aussi de justice. De nombreuses affaires restaient non élucidées et non jugées au Burkina, parmi lesquelles l'assassinat de Thomas Sankara.

Alors que toutes les procédures judiciaires au Burkina Faso avaient été rejetées ou bloquées sous le régime de Blaise Compaoré, l'une des premières promesses du gouvernement de la transition fut de rouvrir le dossier. Un juge militaire fut nommé courant mars 2015. Il se mit rapidement au travail.

En octobre 2016, les avocats de la famille Sankara révélaient les avancées de l'enquête lors d'une conférence de presse. Quatorze personnes sont inculpées : Gilbert Diendéré, ancien chef du régiment de sécurité présidentielle, véritable numéro 2 du régime de Blaise Compaoré et auteur du coup d'Etat manqué de septembre 2015, un ancien journaliste, Gabriel Tamini, et le médecin militaire Diébré Alidou. Ce dernier avait signé le certificat de décès avec la mention « mort de mort naturelle ». Les autres sont pour la plupart des militaires membres du commando qui ont, par la suite, intégré le régiment de sécurité présidentielle sous les ordres de Gilbert Diendéré. Deux mandats d'arrêt ont par ailleurs été lancés accompagnés de demandes d'extraction pour Blaise Compaoré, réfugié en Côte d'Ivoire et pour Hyacinthe Kafando, le chef présumé du commando en fuite.

Le juge semble donc avoir bouclé l'enquête sur ce qui s'est passé le 15 octobre 1987 dans l'enceinte du Conseil de l'Entente où Thomas Sankara et ses compagnons ont été assassinés.

Le juge burkinabé lance une commission rogatoire et demande la levée du secret défense

Les avocats révélaient aussi que le juge burkinabè François Yaméogo souhaitait poursuivre ses investigations hors du Burkina, notamment sur une éventuelle participation de la France à un complot international.

C'est ainsi qu'on apprenait le lancement d'une demande de commission rogatoire et de la levée du secret défense. Il s'agit en réalité de demander la coopération de la France pour, la nomination d'un juge français chargé de poursuivre l'enquête en France en collaboration avec le juge Burkinabè.

Cette demande est exécutée dans le cadre des accords de coopération signés le 24 avril 1961, notamment le chapitre 1er intitulé « transmission et l'exécution des commission rogatoires » » du Titre II dénommé « entraide judiciaire » concernant la coopération en matière de justice. L'article 3 stipule: « Les commissions rogatoires, tant en matière civile, et commerciale, qu'en matière pénale et administrative, sont transmises par la voie diplomatique pour être exécutées par les autorités judiciaires de l’État requis » mais l'article 4 précise : « L’État requis pourra refuser d'exécuter une commission rogatoire si celle-ci n'est pas de sa compétence ou si elle est de nature à porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l'ordre public dudit État ». Notons ici qu'il s'agit donc bien de décision politique.

Précisons encore que la levée du secret défense ne peut être acceptée si elle émane d'un pays étranger. Mais l'acceptation de la commission rogatoire, permettrait donc via le juge français, de faire cette demande et qu'elle soit traitée.

Le réseau international Justice pour Sankara justice pour l'Afrique s'est empressé de tenter de médiatiser cette information en publiant un communiqué de presse et relançait sa pétition.

Sans nouvelle sur la suite donnée à la demande du juge, Mariam Sankara écrivait à François Hollande 1er février 2017 pour solliciter son « soutien et permettre à la justice burkinabè d’avancer dans l’examen du dossier de l’assassinat de Thomas Sankara, mon défunt époux ». Après avoir rappelé toutes les démarches déjà entreprises, elle écrit :

« La poursuite des enquêtes m’oblige à revenir vers vous afin que vous interveniez pour que soient acceptées, la demande d’une commission rogatoire en France et la levée du secret défense sur l’assassinat du Président Thomas Sankara, comme vient de le demander le juge François Yaméogo ».

Texte intégral:

Le blog de Bruno Jaffré

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