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Publié par Saoudi Abdelaziz

Ectoplasme-entité vue de dos. Photo DR

Ectoplasme-entité vue de dos. Photo DR

L'impasse politique se prolonge, s'aggrave. Elle contrecarre de manière désormais quasi-antagonique les ébauches de nouvelles pratiques citoyennes qui  aspirent à s'exercer au service de la renaissance économique et morale de la nation. Des partis appartenant à un spectre politique assez large voient dans les prochaines élections l'opportunité d'aller de l'avant vers la repolitisation nationale devenue vitale, mais contrée par un système désormais ectoplasmique, sans vraie ossature légitime, et où même les "décideurs" sont, au fil du temps, dilués dans la fiction politologique de "décideurs" chère aux chroniqueurs d'âge mûr.

On prête l'intention à la Présidence et à divers cercles, en concurrence pour 2019, le pari de miser sur une confrontation électorale législative, sans les habituels quotas préalables de sièges. Exit les réseaux de l'Etat profond et les "maîtres du fichier" qui ont l'habitude de cogiter ensemble à l'échelle des wilayas et des secteurs militaires, pour nous confectionner de bonnes majorités et des taux de participation convenables...? Va savoir.

Parmi les particularités de ce 5 mai, on note l'engagement considérable des partis de l'opposition historique qui mettent le paquet et envoient au combat électoral leurs principales personnalités, comme candidats-débatteurs. Expliquant son engagement, le FFS note : "Conquérir des espaces de lutte est devenu encore plus nécessaire aujourd’hui que l’on observe les effets dangereux de l’entreprise systématique de dépolitisation et des tentatives lourdes d’arracher la société à son histoire et à son projet historique d’un Etat souverain démocratique et social."

"L'Etat c'est nous"

Face à la repolitisation nationale voulu par l'opposition, on perçoit dans les milieux affairistes une volonté de contrôler davantage le pouvoir législatif pour s'assurer la reproduction élargie du capital dans de bonnes conditions prédatrices légales.

Faisant écho aux hommes d'affaire, un chef de parti n'hésite plus à proclamer dans les meetings sa foi dans les réformes néolibérales et l'austérité qui va avec. Et aussi sa foi dans "le miracle du gaz de schiste"... En fait, il n'aime pas le mot austérité, et l'avoue. Cet ancien Premier ministre, et chef de cabinet de la Présidence "détaché" n'ose pas dire ouvertement : "l'Etat providence c'est fini!". Il veut que les Algériens continuent de créditer Ouyahia du label exclusif "Etat algérien", qu'il partage avec son congénère Ould Abbès. Ouyahia c'est le style électoral  qechra ou toupi. La main sur le coeur, il se propose tout simplement d'ébranler les fondements de l'Etat social historique, que les Algériens ont conquis les armes à la main.

L'achat d'investiture par sachet noir n'est qu'une facette anecdotique de la légalisation politique du monde ténébreux des  affaires. Combien de riches privilégiés ont été discrètement retenus dans les listes? Les affaires maladroites de chkara ont mobilisé l'attention des médias qui ont brodé avec complaisance sur le thème : "ils sont tous pareils, ces députés, tous des profiteurs qui cherchent à se caser dans une affaire juteuse. Tout le monde dans le même sac!"

Mais, la presse sait que cela ne concerne que les partis proches du pouvoir. Au FLN, au RND, au MSP, et autres TAJ et MPA, le mode d'accès aux candidatures constitue une mutation intéressante du système de sélection dans les institutions de l'Etat. Dans ce système devenu ectoplasmique par mutation néolibérale, les jeunes aspirants députés grandis dans le monde des affaires veulent dorénavant la possibilité d'intervenir dans la confection des loi, sans passer par la vieille validation du DRS. Quels sont les quotas qui leur ont été attribués dans les partis de pouvoir, où ils ont naturellement postulé? La proportion de millionnaires en euros va-t-elle s'accroître dans l'avenir comme dans l'assemblée nationale chinoise? Ou a-t-on choisi la modération?

Un autre thème lié à l'argent électoral est absent. Les journaux n'enquêtent pas sur le problème sensible des circuits de rétro-commissions perçues sur les contrats publics par les financiers des partis de la majorité, donnant à ces partis des moyens financiers privés électoraux beaucoup plus importants que ceux de leurs concurrents de l'opposition. Durant les luttes de clans d'avant le 4è mandat, les journalistes indépendants "accrédités" avaient lâché des information fournis par le DRS au sujet des ponctions sur les contrats publics par les partis islamiques de la majorité présidentielle. Depuis, plus rien.

Les électeurs et la brèche

Nous ne disposons pas d'indications fiables sur les comportements de la grande majorité des électeurs et sur leurs intentions. Sans doute observent-ils -comme nous- la manière dont les choses s'agenceront avant le 5 mai. Ils aviserons sans doute en cas de perception d'une brèche sérieuse s'il est nécessaire d'y aller et pour qui ...

Nous avons évoqué dans le blog, la tentation de mêler pathologies et pulsion révolutionnaire pour expliquer l'état d'esprit anti-électoral dans un récent numéro spéciale d'El Watan-week-end. Le journalisme assis, ayant pignon sur rue, semble capable pour cerner l'état d'esprit des Algériens sur une vaste échelle, en se contentant de lire les posts solitaires "aimées" sur les réseaux sociaux ou de déchiffrer les tags urbains: ils sont représentatifs de la pensée des Algériens...

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