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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Il ne serait pas exagéré dit-il de considérer que l’Algérie a, durant les dernières années, battu des records en matière de projets rejetés, abandonnés ou suspendus". Il cite en vrac : "La loi sur les retraites, certains projets du ministère de l’éducation, l’exploitation du gaz de schiste, la cimenterie de Batna". C'est ce qu'écrit ce matin, dans El Watan un  "Enseignant, Stratège en Communication" qui donne des conseils aux décideurs sur la manière de faire passer leurs projets face aux " refus algériens".

Il y a une semaine, un journaliste politologue avait donné sa version du refus du gaz de schiste, une "des promesses inouïes sur lesquelles l’Algérie pouvait bâtir la prospérité", ajoutant : "Mais l’Algérie ne peut les exploiter pour le moment, ni même mener les évaluer. Parce qu’une opinion locale, fortement remontée, relayée par les réseaux sociaux, s’y oppose". Il explique : "Les responsables gouvernementaux avaient beau tenter de convaincre, ils parlaient dans le vide. Mieux : plus ils insistaient, plus l’opinion se radicalisait". Cette "inefficacité" du discours officiel, le politologue l'explique par le "4è mandat".

Comment faire passer la pilule

Le stratège en communication, lui, ne s'embarrasse pas de considérations politiques. Il nous donne un aperçu des techniques "universelles" favorisant "l'acceptabilité", c'est à dire prosaïquement la manière de faire passer la pilule aux peuples. Il évoque "les deux syndromes universels à l’origine du refus des projets : 1- NIMBY « Not In My BackYard 2- BANANA « Build Absolutely Nothing Anywhere Near Anyone ».

Pour ce "stratège en communication", c'est évidemment le mauvais usage de la communication qui explique les "refus algériens". Rassurant les décideurs frustrés (et futurs clients?), il affirme que le refus n'état pas fatal :  "Il existe une croyance qu’un projet refusé et annulé, doit forcément être mauvais". Non, leur explique-t-il : " La communication intervient souvent après des manifestations de colère et de lutte. Or, la communication si elle n’est pas observée en amont, est rarement efficace. La communication tardive place ses initiateurs dans une position défensive, ce qui les couvre de culpabilité. Elle cause, de surcroit, un renfermement chez le public qui ne pardonne pas son écartement préalable. Cela fait que même un projet salutaire pour le pays peut être abandonné ; nous nous trouvons sur le terrain des perceptions et non des réalités".

Le stratège est bien dans la tonalité du système lorsqu'il pointe la cause cette mauvaise "perception" : "Il faut dénoncer l’attitude de certains faux experts, qui font du refus systématique, une preuve de leur expertise !"

Bon prince, Le stratège admet quand même que l'opinion puisse avoir raison : "Enfin, il y a, au sein de notre société, des refus qui sont tout à fait justifiés et dont l’existence est nécessaire pour le réajustement de certaines décisions. Car ils obligent les organisations à écouter les parties prenantes, lorsqu’elles ont négligé le dialogue en amont. Ils permettent aussi, l’abandon de certains projets mal étudiés au départ".

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