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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les syndicats accordent leurs violons sur le futur Code du travail

L'intersyndicale autonome a mené de puissantes actions de masse contre l'abolition de la retraite anticipée. Le niveau de mobilisation a même contraint le chef de l'Etat à intervenir en personne pour tempérer l'ardeur gouvernementale. Mais sans empêcher l'abolition du droit à la retraite anticipée par une APN à la solde de l'Exécutif. Cependant le dossier n'est pas clos. L'un des résultats de cette mobilisation c'est la remise en cause, de facto, du monopole de représentation du monde du travail assigné à la seule l'UGTA. L'Intersyndicale prépare sa transformation en Confédération, un statut qui assoirait davantage ses prérogatives de représentation. Le 8 avril prochain, l'Intersyndicale commencera à accorder ses violons sur les propositions unitaires pour affronter la bataille de la révision du Code du travail. Elle se situera sans doute, par la force des choses, dans le même camps que les syndicalistes authentiques de l'UGTA, qui refusent eux-aussi l'opportuniste de Sidi Saïd qui risque de s'aligner sur ses "amis" du FCE et du gouvernement en faveur d'un Code donnant le feu vert à la généralisation des CDD et à la liberté de licencier sans trop de contraintes -"dans l'intérêt de l'entreprise". Mais aussi qui enfermerait le droit syndical et le droit de grève dans des carcans procéduriers paralysants.

Le point dans le quotidien Reporters.

Débat du projet de code du travail : une montée au créneau par étapes

Par Thinhinane Makaci, 2 avril 2017

Comme prévue, les membres de l’Intersyndicale organiseront le 8 avril prochain une journée d’étude sur le projet de loi portant code du travail. Les préparatifs de cette journée vont bon train, affirme-t-on de bonne source, pour que les syndicats engagés dans le débat donnent une réponse collective au texte de loi qui leur a été soumis par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.

Chacun des syndicats donnera ainsi son point de vue sur les questions à l’ordre du jour : temps de travail, licenciement, congé, travail des mineurs, travail des étrangers, instauration des CDD, etc. Mais leur réponse au département de Mohamed El Ghazi sera collective, ajoute-t-on de bonne source. Ce texte ouvre la voie à d’importants changements dans la législation du travail et surtout dans le rapport employeur-employé, l’objectif étant d’assouplir cette législation pour renforcer l’offre d’emplois et lutter contre le chômage dans le cadre d’une orientation du marché que les syndicats qualifient déjà de «faveur au patronat».

«Ce projet de code de travail s’attaque directement aux acquis des travailleurs et favorise le patronat», a affirmé hier un membre de l’Intersyndicale. «La tendance générale au sein de l’Intersyndicale est au rejet», ajoute plus clairement Idir Achour. Pour ce secrétaire général du CLA, «la tendance générale qui se dessine sept jours avant la journée d’étude est au rejet, nous pensons que ce projet fait office de protection du patronat». Rejet symbolique ou réel ? Les syndicats sont là pour négocier et arracher de nouveaux droits, affirme Idir Achour. Il précise que «l’Intersyndicale estime que les dispositions positives et favorables aux travailleurs existent, mais sont en petit nombre par rapport à celles qui font la part belle au patronat». Sur la journée d’étude, il dira : «Nous n’allons pas simplement donner notre avis sur le projet de travail, nous allons sensibiliser les travailleurs sur les enjeux des dispositions qu’il contient et qui sont une menace pour eux.» Ce sera, a-t-il dit, la première d’une série d’actions.

D’après Idir Achour, la journée du 8 avril sera suivie d’une réunion «en interne» puis d’une seconde au cours de laquelle sera rédigée une «lettre qui sera adressée au ministre du Travail dans laquelle seront exposés en détail les réserves et les satisfactions» des membres de l’intersyndicale.La journée d’étude, apprend-on d’autres sources, réunira les syndicats autonomes mais aussi des associations et des partis de l’opposition ainsi que des parlementaires.

Pour Nourreddine Bouderba, ancien syndicaliste et expert des questions sociales, la rencontre du 8 avril permettra de «comprendre le contenu de ce projet de code de travail», mais aussi de ressortir avec «une réflexion commune». Selon lui, ce sera un événement qui balisera pour longtemps le débat sur le sujet et apportera des clarifications sur un projet de texte que M. Bouderba juge «pléthorique par le nombre d’articles» : 669 ! Qu’en pense-t-il ? Pour lui, ce projet est une «atteinte aux droits des travailleurs et une «violence».
«L’Algérie s’apprête à passer d’un code qui protège les travailleurs à un code qui protège le patronat», dit-il en insistant sur le fait que le texte «individualise» la notion de travail : il «sort le travail du contexte de groupe et de solidarité de groupe qui a toujours été le sien pour en faire une affaire personnelle entre employeur et employé, réduisant l’action syndicale, facilitant le licenciement et durcissant la législation sur le droit de grève».

Source : Reporters

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