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Publié par Saoudi Abdelaziz

Omar Benderra chercheur et écrivain algérien. Photo DR

Omar Benderra chercheur et écrivain algérien. Photo DR

Ayant été bien installé au centre du paysage politique, bénéficiant pour le deuxième tour des appels au vote utile d'un large spectre de l'establishment politique-des leaders Républicains à l'appareil du parti communiste-Emmanuel Macron sera sans doute Président français dans deux semaines. Mais aussi, sans doute, sans le pourcentage chiraquien de 2002 auquel travaille la formidable machine médiatique du vote utile qui redouble d'une ingéniosité cousue de fils blancs. Au risque sans doute d'excéder les électeurs Insoumis et progressistes qui n'aiment plus être pris pour des gogos assignés au remplissage consensuel d'apparat.

En Algérie, la personnalité et les intentions du futur président continuent d'être passés à la loupe. Extraits de l'article signé du chercheur et écrivain Omar Benderra intitulé "Premier tour des élections présidentielles françaises : Du Populisme national au néo-Populisme mondialisé", paru le 28 avril 2017 dans Libre-Algérie

 (...) Même pour les plus crédules, la scénarisation de la candidature d’Emmanuel Macron comme la destruction de celle de François Fillon, son rival le plus redoutable, ont largement été orchestrées par le sommet des appareils politiques. Déjà sponsor de sa carrière politique, François Hollande, dont le mandat n’a été qu’une succession d’échecs, a incontestablement réussi la mise sur orbite présidentielle du jeune banquier d’affaires, littéralement porté par les médias.

Ces médias qui lui ont consacré un nombre incalculable de « unes » et d’articles élogieux, sont, comme chacun sait, très largement concentrés entre les mains de moins d’une dizaine d’oligarques dont les très profitables activités restent très tributaires des appareils d’Etat.

Emmanuel Macron est bien le candidat consensuel du pouvoir réel. Ce sommet de la pyramide du pouvoir est la synthèse informelle de la frange supérieure de cette caste de quelques milliers de hauts fonctionnaires qui encadrent les services de l’Etat, d’influents grands lobbies idéologiques et d’affaires ainsi que des grands patrons économiques et financiers du pays.

L’idéologie dominante de ce milieu dont les compartiments sont loin d’être étanches, est un nationalisme libéral-social atlantiste, historiquement fondé sur la primauté de valeurs «républicaines » qui procèdent largement de la philosophie de la « mission civilisatrice». Même si ses porte-voix s’en défendent avec énergie, l’idéologie de l’Etat, où la laïcité dans sa déclinaison islamophobe tient une place centrale, dérive d’un héritage colonial refoulé mais omniprésent.

Pour prodigieuse que soit l’ascension d’Emmanuel Macron, il n’est pas l’unique politique de sa génération à prétendre à ce positionnement, ni droite ni gauche, légèrement iconoclaste et relevant d’un populisme renouvelé. De fait, en assurant la promotion du banquier d’affaires «antisystème», l’establishment français rejoint un mouvement plus général qui concerne une bonne partie du camp occidental. (...)

L’enthousiasme manifesté par les hiérarques de Bruxelles à l’annonce des résultats du premier tour le confirme sans équivoque. Le soulagement publiquement exprimé par les dirigeants de l’UE est le signe de la pérennité du statu-quo en vigueur. Pour l’UE, le quinquennat à venir ne sera pas celui du changement de paradigme. Les nécessaires réformes de structures et des politiques européennes n’auront pas lieu. Les programmes d’austérité sous leadership allemand continueront donc d’être observés dans toute leur rigueur au grand dam des catégories populaires fragilisées par le délitement ininterrompu de l’Etat social et la permanence du chômage de masse.

Au plan international, la continuité est également assurée. Vis-à-vis du pré-carré néocolonial, il n’y aura pas non de changement comme l’a montré son voyage à Alger où Emmanuel Macron a bénéficié de l’appui marqué du régime. Plus fondamentalement, lors d’une ses rares prises de parole claire et dépourvue d’ambigüité, Emmanuel Macron a exprimé son soutien sans réserve à l’Etat colonial Israélien. Il ne remet nullement en question l’alignement de son prédécesseur sur les politiques atlantistes, bellicistes et néocoloniales au Moyen-Orient. La ligne politique en pointillés défendue par Emmanuel Macron est bien la déclinaison française de l’idéologie et des stratégies des multinationales.(...)

Texte intégral : Libre-Algérie

 

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