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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Notre ami" Sidi Saïd. Photo DR

"Notre ami" Sidi Saïd. Photo DR

Euphorie industrialisante hier à Annaba. Finis les d'importations coûteuses, on va tout produire sur place. Et nos produits vont conquérir l'Afrique. Les investissements étrangers vont affluer, car Sidi Saïd va enlever les "dos d'ânes" qui les gênent : «l'investisseur est obligé de faire le parcours du combattant, il est dégoûté, bien sûr, il nous insulte.»

Il faut éplucher les compte-rendu sur cette 20ème tripartite qui s'est tenue hier sous les feux du spectacle, pour trouver -derrière le "consensus mis en scène- quelques questions concrètes qui ont quand même montré le bout du nez. Vite évacuées vers les promesses de séminaires adhoc. On lit ainsi au détour du compte rendu du Quotidien d'Oran les propos du "responsable d'une organisation patronale" (contrairement aux salariés qui n'avait qu'un seul représentants, plusieurs organisations patronales étaient présentes, en plus du FCE)  : «On ne peut régler des problèmes économiques avec ces slogans politiques.» Le patron dont on ne saura pas le nom ajoute : «le monopole privé est plus dangereux que le monopole public. Le Conseil de la concurrence est mort alors qu'il doit réguler et contrôler les disciplines.» Ou bien l'intervention du président de l'UNEP qui demande «des mesures multidimensionnelles pour relancer l'entreprise publique", et à qui Sellal répond : «il faut, définitivement, comprendre que vous êtes une entreprise privée à capitaux publics..."

Pas de débat hors des barrières. Les patrons qui ne chantent pas au diapason dans cette grande messe pré-électorale sont invités à la fermer. Quant aux syndicalistes non conformes,ils n'ont pas été invités. C'est plus simple. Les salariés ont un patron unique, acteur chargé du rôle de soliste.  Sidi Saïd, qui en est à sa 20è Tripartite,  le ministre de l'industrie rappelle  «la grande amitié qui me lie, depuis de longues années à mon ami Sidi Saïd.». Mohamed Saadoune  a consacré une chronique au personnage.

 

A quand la "défonctionnarisation" de l'inamovible secrétaire général de l'UGTA?

Par Mohamed Saadoune, journaliste, 6 mars 2017

La tripartite est ennuyeuse mais elle apporte parfois son lot de nouveautés lexicales. C'est le cas de Abdelmadjid Sidi Saïd, inamovible secrétaire général de l'UGTA, parfait "fonctionnaire syndical" qui a lancé un vibrant appel à la "défonctionnarisation" de l'économie nationale.

Il y a dans les propos rapportés par l'APS comme une inversion des rôles tant les propos auraient pu être ceux de Ali Haddad et des autres organisations patronales.

"Aujourd'hui, il est plus que nécessaire de défonctionnariser l'économie nationale, de libérer l'initiative et de restituer ses lettres de noblesse à l'entreprise et à son manager", a déclaré le patron de la centrale syndicale Abdelmadjid Sidi Saïd.

Il faut asseoir une "souveraineté nationale en terme économique" à travers la libération de l'investissement a déclaré Sidi Said en soulignant que la tutelle "doit "accompagner et non se substituer à l'entreprise", appelant, dans ce sens, pour un "épanouissement de l'investissement sans contraintes, conformément aux orientations des pouvoirs publics".

L'objectif, a ajouté le même intervenant, était de "construire un véritable tissu industriel", basé sur une coopération permanente entre les différents intervenants concernés par ce dossier.

Ce crédo libéral de Sidi Saïd ne semble pourtant pas s'étendre à son propre domaine. L'UGTA continue d'avoir le monopole de la représentation du monde du travail. La tripartite se tient, une fois de plus sans les syndicats autonomes.

Il faut espérer que le néo-libéralisme de Sidi Saïd s'étende résolument à l'activité syndicale qui, elle aussi, doit être "défonctionnarisée" et libérée du "tutorat". Car mieux le monde du travail est sérieusement représenté, plus la souveraineté nationale sera mieux préservée. Chiche donc !

Source : HuffPost-Algérie

 

 

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