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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les Algériens avertis le savent depuis longtemps : si les PDG des entreprises publiques sont nommés officiellement par décrets du Chef de l'Etat, leur sélection emprunte des voies obscures. Commentant les dernières nominations, Ahmed Fattani le directeur de l'Expression un directeur de journal proche des cercles dirigeants, dénonce les sous-marins du système  :"Aujourd'hui, le diagnostic est posé: la République des copains et des coquins s'installe". Selon lui, donc, le phénomène est récent. En 2008, Djilali Hadjadj notait pourtant déjà après une vague de destitutions-nominations de PDG : "La gestion des carrières des dirigeants d’EPE est principalement la résultante des tractations et des luttes intestines au sein du pouvoir et des décideurs de l’ombre."

 

Sous le titre, "Ils ont torpillé le rêve de tout un peuple. Les "sous-marins" de la République" Ahmed Fattani le directeur du quotidien l'Expression écrit ce matin: "Aujourd'hui, le diagnostic est posé: la République des copains et des coquins s'installe.En l'espace de quelques jours seulement, n'avons-nous pas assisté au remplacement de trois P-DG? En l'espace de quelques jours seulement, n'avons-nous pas assisté au remplacement de trois P-DG? Air Algérie, Sonatrach et Mobilis? Et cela sans que l'on daigne nous fournir les raisons exactes de toutes ces nominations à des postes extrêmement sensibles comme à Sonatrach ou Air Algérie".

Au terme de son long éditorial, le directeur de l'Expression propose de confier à l'Assemblée populaire nationale la prérogative valider les candidatures des dirigeant des entreprises publiques avant leur nomination par le chef de l'Etat. Une vraie réforme constitutionnelle! Il écrit : "N'est-il pas temps de changer les méthodes de désignation des managers de nos sociétés nationales? Ailleurs, dans d'autres pays, ce sont des commissions parlementaires qui passent au crible le choix de candidats, qui examinent à la loupe leurs profils pour voir s'ils répondent ou non aux critères exigés par le poste en question. Et surtout s'ils en ont le gabarit. Elle est révolue l'époque où des décideurs faisaient la pluie et le beau temps en élisant pour service rendu ou par un quelconque penchant parental, des hommes dont la seule distinction, n'est ni le diplôme, ni encore moins l'expérience, mais la seule soumission au chef! Ces «sous-marins» de la République torpillent ainsi le rêve de tout un peuple.
Et c'est là où commence tout le «mal algérien» avant de contaminer d'autres secteurs stratégiques."

Voici ce que disait en juin 2008, Djilali Hadjadj, alors président de la section algérienne de Transparency International.

"La gestion des carrières des dirigeants d’EPE n’obéit pas aux lois en vigueur : elle est principalement la résultante des tractations et des luttes intestines au sein du pouvoir et des décideurs de l’ombre. La notion de « part de marché économique » nourrit les secteurs les plus puissants du pouvoir. Dis-moi combien tu gères de carrières de « chefs » d’EPE (même les EPA et les EPIC), et je te dirai ton poids dans le cercle très fermé des décideurs. A l’image de ce que les Italiens ont appelé la « partitocratie », à la différence qu’en Algérie, ce ne sont pas les partis qui sont au pouvoir (...) . Les personnes qui sont à la tête des EPE ne les ont jamais réellement dirigées ni n’ont eu les coudées franches pour le faire : elles le savent elles-mêmes pertinemment et pour la plupart elles ont accepté d’être en attente des instructions issues des cercles qui les ont nommées. Les plus honnêtes d’entre elles essayent de résister aux multiples pressions, aux injonctions administratives et à toutes sortes de demandes : il y a obligation, parfois de nature mafieuse, de renvoyer l’ascenseur aux puissants du moment, mais combien franchissent le pas de la démission face à ce harcèlement continu ? Très peu. Ce qui vaut pour les destitutions, vaut pour les nominations, comme ce qui vient de se passer à la tête d’Air Algérie : un parachutage scandaleux, fruit de transactions douteuses. La performance n’a jamais été à l’ordre du jour du processus des nominations ; c’est plutôt la soumission et l’allégeance qui entrent en ligne de compte".

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