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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Dans les années 70, à l'époque des licences d'importation, la prédation avait commencé à mettre en place ses réseaux intérieurs, en jouant sur la rareté des produits. Au cours des années 80 marquées par une libéralisation des échange extérieurs, la prédation a effectué un bond qualitatif, en pénétrant  les circuits commerciaux extérieurs.

Les licences d'importations ont été  remplacées par les lobbys de l'import qui orientaient le choix des produits importés, en liaison avec les centres de décision économiques étrangers. On appelle ce phénomène l'émergence de la  bourgeoisie compradore. Le libre-échange a progressivement sabordé les bases de la production nationale et provoqué l'arrêt de l'élan industriel qui avait été, sous la présidence Houari Boumediène, favorisée entre autre par le contrôle de l'Etat sur les importations

 la meilleure arme contre la corruption, serait donc le libre échange.

 Sid Lakhdar Boumediène, le chroniqueur attitré de Focus-Algérie édicte une loi universel, valable pour toute les époques :"la licence d’importation pour les pays qui ont une corruption endémique, ils sont nombreux, est un véritable passeport à la corruption avec un visa illimité".

La prédation-corruption a pourtant explosé après la fin des licences, il y a plus de trente ans.

Au milieu des années 2000, l'accord de libre échange avec l'Union européenne a donné de nouvelles ailes aux lobbys de l'import. Cet accord scélérat devient curieusement une référence éthique, pour le chroniqueur, devenu politiquement correct et avec des accents quasiment néolibéraux?  

Contre le retour annoncé des licences d'importation corruptrices, il convoque l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) et ajoute dans la foulée : "L’Union Européenne dénonce le retour des licences dans son rapport en disant « que ces mesures protectionnistes sont venues s’ajouter aux restrictions et entraves au commerce international et à l’investissement déjà existantes en rendant encore plus difficile le climat des affaires pour les opérateurs économiques européens. Ces mesures sont considérées comme non conformes aux obligations de l’accord entre l’UE et l’Algérie ».

Le chroniqueur fait l'impasse sur les saignées provoquées durant plus de dix ans par cet accord de libre échange, un facteurs décisif qui fait obstacle, avec le manque d'ambition du régime,  à la relance industrielle nationale. Un coup d'arrêt a été donné à la production nationale, les bases existantes et même la culture industrielle du pays ont été laminées. Le chroniqueur de Focus-Algérie reconnaît à sa manière l'ancienneté de cette mutation: "Il y a longtemps que certains fonctionnaires sont devenus des hommes d’affaires". Et si on remet en place les licences d'importations c'est qu'" Il fallait en laisser un peu pour la génération suivante, chacun son tour, tout de même !"

Addiction, et caprice des dieux

Car la licences d'importation est la manifestation d'une pathologie explique M. Boumediène: "Mais un drogué durement atteint rechute inévitablement dans son addiction et l’Algérie vient d’annoncer le contraire absolu de ce qu’elle avait promis, juré, craché. Il lui fallait sa dose de réglementation et de corruption d’État dont elle ne peut décidément se priver. C’est dans son ADN et dans son histoire. En réalité, l’Algérie revient à ses habitudes, ni plus ni moins. Mais il faut distinguer deux périodes". Il évacue vaguement pourquoi il faut faire cette distinction, mais reconnaît que "La bonne vieille corruption du temps de Boumediene, c’était autre chose !"

Son évocation met complètement sous le boisseau le fait historique que sous Boumediène, le contrôle de l'Etat sur les importation a permis de protéger efficacement une industrie naissance. Pour illustrer, la "bonne vieille corruption du temps de Boumediène" qu'il l'a vécu dans sa chair le chroniqueur homonyme raconte son calvaire : "Alors étudiants, lorsque nous nous présentions à la douane, nous tremblions de voir nos savons Roger Gallet ou notre camembert Caprice des Dieux, achetés furtivement au Felix Potin d’Orly lorsqu’il restait quelques sous, se voir confisqués par un rude fonctionnaire qui nous barbouillait la valise d’un coup de craie indélébile".

 

 

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