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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Le scénario du "changement intelligent" proposé par l'ancien Premier ministre, ce matin dans El Watan, est conçu pour être joué par les seuls acteurs qu'il a sous les yeux : "des éléments du pouvoir" et des "personnalités respectables". Il propose de réunir ce beau monde sur une scène baptisée Conférence nationale pour le changement. Il ne prend pas la peine de mentionner l'armée, le personnage-démiurge principal des précédents scénarios de la "transitions", car cela va de soi. Quant aux forces populaires, partis, assemblées et autres syndicats, ils ne sont pas mentionnés dans le casting. On ne leur a même pas prévu des rôles de figurants...

 "la nation fait effectivement face à un péril réel et imminent" écrit-il. Sous le titre "Pour un sursaut national", Ahmed Benbitour propose que "des éléments du pouvoir" et " des personnalités ayant une présence de caution au sein de la société et disposant d’une respectabilité" se mettent autour d'une table. L'objectif : "le choix d’une équipe compétente pour élaborer une feuille de route pour la Sauvegarde de la nation face aux périls qui la menacent et la préparation du changement du système de gouvernance." L'amoureux des logiciels de la Silicon Valley se fait fort de proposer à la Conférence "un scénario détaillé du programme de sauvegarde".

Si on ne l'écoutait pas, voici le scénario catastrophe qui s'imposerait:

"Leur seule alternative dans le court terme et à la condition de financer le déficit extérieur en puisant fortement pour un temps très limité dans les réserves en devises accumulées, consistera pour les tenants du pouvoir à jouer sur la peur des dangers «venant de l’extérieur» pour contrôler le mécontentement grandissant de la population, obtenir un calme apparent, pendant que celle-ci (la population), ayant perdu tout espoir, va s’installer dans le fatalisme et se débrouiller en ayant recours au système du «sallak rassek» pour un emploi ou un logement, en somme pour survivre dans un environnement dénué de règles et de morale !

A moyen terme, le mécontentement des citoyens ira grandissant et le déficit du commerce extérieur et du budget de l’Etat deviendra de plus en plus difficile sinon impossible à financer à cause de la fonte des réserves extérieures en devises.

C’est alors que les jeunes et plus particulièrement les plus diplômés d’entre eux qui ont été traités par le pouvoir en place souvent comme une menace et non comme un capital et une ressource vont exprimer leur mécontentement par la violence. En réaction, le pouvoir va dans la fébrilité essayer la violence pour réinstaller son autorité, mais ce sera sans succès du fait de la perte de la capacité régalienne de l’Etat déliquescent d’un côté et de l’élargissement des demandes de la population pour plus d’imputabilité (moussaala) et de transparence de l’autre.

La recherche convulsive par les tenants du pouvoir d’un soutien de l’Etat par les oligarques et leurs fortunes acquises dans l’opacité, le plus souvent au détriment des lois, mènera fatalement à plus de corruption dans une Algérie malade, déjà gangrenée par ce mal putride, avec les tensions sociales qui vont l’accompagner. Que restera-t-il à faire après cela ? Lancer un programme draconien d’austérité et demander à la population de renoncer aux bénéfices du bien-être social généreusement et sans contrepartie accordés, auquel elle a été malgré elle habituée ?

Ce sera une vaine tentative de maintien du statu quo, même au prix d’une catastrophe imminente, ce que refusera la population qui appellera inévitablement au changement du système de gouvernance. La sagesse et l’intelligence seraient plutôt à la réflexion sur l’élaboration d’un scénario pour un changement sans violence du système de gouvernance actuel en situation de faillite avérée, dans l’intérêt supérieur de la nation".

Texte Intégral : El Watan

 

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