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Publié par Saoudi Abdelaziz

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 23 mars 2017

Lorsque certains hommes politiques évoquent la question de l'émergence d'un nouveau pouvoir supranational qui prend peu à peu la place des Etats, ils tapent dans le mille ! Désormais, et malgré toute leur propagande, les cercles d'initiés qui constituent ce nouveau pouvoir ne peuvent plus tromper les opinions nationales.

Ce pouvoir supranational agit pour les mêmes intérêts, ceux d'une minorité de puissants qui orientent les économies et les finances selon leurs propres besoins. Regroupant l'élite de la finance mondiale, les patrons des industries de guerre et les magnats de la grande presse manipulatrice, ces sectes n'arrivent plus à cacher leur jeu malsain car les opinions sont de plus en plus éveillées et vigilantes. Les thèses tordues du complotisme ne tiennent plus ! Car il suffit de voir de près l'actualité pour se rendre compte que tous les pays sont concernés et subissent une terrible pression de la part de ces sectes.

L'Union européenne est mécontente de certaines mesures prises récemment par l'Algérie, dans le cadre de décisions souveraines pour faire face à la crise économique. Le FMI vient en conquérant pour nous dicter sa loi de triste réputation. La Banque mondiale suit... En vérité, la crise du capitalisme qui enfonce les pays dans la gadoue de l'endettement montre que des gouvernements soi-disant «souverains» n'ont plus aucun pouvoir réel. Ils doivent s'incliner devant la puissance de quelques fonctionnaires internationaux au service d'intérêts occultes. Nous avons atteint le comble du ridicule dans la crise grecque de ces dernières années lorsque l'ancien Premier ministre avait décidé de consulter son peuple pour savoir s'il fallait rester ou non dans la zone Euro.

Les grands argentiers et les pouvoirs qu'ils ont placés en Allemagne et en France notamment eurent peur et convoquèrent tous les arguments, toutes les ficelles, toutes les menaces pour empêcher que ce vote se déroule. Quelques années plus tôt, le peuple français avait dit non à l'Europe de Maastricht mais le pouvoir ne voulait pas de ce rejet.

Par un tour de passe-passe, la volonté populaire fut détournée ! Bon sang : où est la démocratie dont ils se prévalent ? Le référendum n'est-il plus l'un des moyens inventés par la démocratie pour consulter les peuples sur des questions ayant trait à leur avenir ? Non, vous rêvez si vous continuez de penser qu'il reste encore quelque chose appelé liberté dans ce fatras de vieilles théories et de clichés éculés qui ne servent qu'à tromper les peuples ! Arrivé à son terme, le capitalisme agonise dans la douleur des masses qui ne savent plus à quel saint se vouer devant la superpuissance des banques devenues le vrai centre du pouvoir ! Il semblait pourtant moins nocif ce capitalisme qui se contentait encore des usines et des entreprises, où il arrivait, bon an, mal an, à produire des richesses qui, par la force des luttes ouvrières et le combat des syndicats, participaient à l'amélioration des conditions de vie des travailleurs et de leurs familles. Mais le capitalisme, boulimique par essence, exploiteur par nature, ne pouvait s'arrêter en si bon chemin. En passant au stade financier global, à la faveur de la mondialisation qui l'aide à étendre son hégémonie, il a fait un super bond en avant... dans l'inconnu ! Il est contrôlé désormais par une minorité de grands patrons qui produisent du vent et gagnent des milliards de dollars.

La spéculation et le bluff remplacent l'investissement productif. Dans le jeu de poker, il y a prise de risques. Ici, ils jouent gagnant/gagnant. Et, pour que la machine marche, il faut pousser les travailleurs à consommer plus. On leur facilite l'octroi de crédits pour le logement, la bagnole, les appareils électroménagers, les voyages ; bref, toute la panoplie du parfait bonheur capitaliste ! Sauf que, à force de pousser le système dans le sens d'une rentabilité maximum qui ne profitera qu'aux mêmes patrons des banques et à quelques traders, la machine s'enraye. C'est la fameuse crise des subprimes, grande débâcle du capitalisme financier qui a montré que toute démarche humaine qui crée et renforce les inégalités arrivera, un jour ou l'autre, à causer sa propre destruction.

Cette première alerte qui a laissé sur le carreau des centaines de milliers de familles et s'est parfois soldée par des suicides et des dépressions, avait agi comme un clignotant rouge disant : attention ! Danger ! Revoyez le système ! Mettez-y un peu de bon sens, de réalisme, de justice, de solidarité, sinon il déraillera pour de bon ! Peine perdue. La tempête passera et les affaires reprennent. Mais les mêmes causes produisent les mêmes effets. A un niveau plus élevé : ce sont désormais des pays entiers qui ploient sous le poids de la dette !

Pour faire face au mécontentement populaire grandissant, on a fabriqué le danger de l'extérieur, un terrorisme qui devient l'ennemi principal. On invente des motifs pour lancer des guerres et la paix, hautement arrachée grâce au sacrifice des humbles, est poignardée dans le dos par cette même secte d'assassins de l'ombre. Les guerres contre les rares pays encore debout dans la région du Moyen-Orient finissent par planter le décor de ce nouveau monde sinistre, injuste, barbare... Des millions de réfugiés prennent d'assaut le continent européen. C'est le chaos généralisé ! Mais tout est calculé : quelques semaines avant le geste généreux de Merkel accueillant un million d'exilés, le patron des patrons allemand avait évalué les besoins en main-d'œuvre de l'économie de son pays à 800 000 ouvriers ! Dès leur arrivée, les réfugiés sont dirigés vers des foyers d'accueil et des... centres de formation. Ils auront un boulot mais leur salaire sera dérisoire. Encore une trouvaille du capitalisme !

Tous les pays ou presque sont en crise. Des milliards d'êtres humains basculent dans la paupérisation et le dénuement total. Famines, épidémies, guerres à répétition : ce siècle nouveau qui devait être celui du bonheur numérique pour tous se transforme en cauchemar ! Et personne ne dira que ce qui arrive aux humains est la faute de cette politique élaborée en dehors de la souveraineté nationale, un plan servant les intérêts des banques et des multinationales ! La facture est lourde : il faudra des décennies pour revenir au niveau de vie des années 1990. C'est ce qui arrive quand on ne défend pas l'intérêt national et la souveraineté des peuples embarqués malgré eux dans la mondialisation et son système le plus inique : l'ultralibéralisme.

Pour l'Algérie, l'arrivée du FMI et de la Banque mondiale chez nous, ainsi que la reprise des négociations avec l'OMC ne présagent rien de bon. Au moment où le chef de file du libre-échange veut quitter l'OMC, on se demande ce que nous gagnerions à y aller !
Du temps de l'impérialisme historique, les grandes compagnies capitalistes utilisaient les armées et les administrations pour spolier nos terres, exploiter notre main-d'œuvre et piller nos richesses. La mondialisation leur offre désormais tout cela et à moindre prix : les pouvoirs locaux sont désormais chargés de ce sale boulot. Pour conclure, je dois reconnaître qu'il y a une timide reprise en matière de décision économique chez nous qui se traduit par la réduction de l'importation et l'encouragement de la production nationale. C'est encore fragile et la menace de l'oligarchie omniprésente dans les sphères de l'Etat reste sérieuse.

Que faut-il faire alors : résister ! Notre bonne étoile s'appelle Résistance et si nous perdons le nord, revenons aux paroles de Larbi Ben M'hidi qui disait clairement que le combat révolutionnaire avait pour objectif d'instaurer un système socialiste et anti-impérialiste. A ceux qui l'auront oublié, la Révolution de 1954 n'était pas du tout destinée à installer l'ordre des bourgeois, des frères musulmans et des «chkaristes»(*) !
 

(*) Porteurs de sacs en plastique bourrés d’argent. Se dit des corrompus et des corrupteurs new look.

Source : Le Soir d'Algérie

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