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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mahmoud Rachdi, à gauche, à Béjaïa. Photo DR

Mahmoud Rachdi, à gauche, à Béjaïa. Photo DR

Extraits de l'interview de Mahmoud Rachdi, secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs (PST), parue dans El Watan.

Bouchaïr. M. Bouchaïr avait osé, en 2007, accuser le FLN d’une toute petite fraude dans un bureau de vote à Rouiba, c’est M. Zerhouni alors ministre de l’Intérieur qui est venu le contredire à la télévision et le rappeler à l’ordre. Depuis, on n’a plus entendu parler de ce brave M. Bouchaïr.

Cohabitation. Ce qui est vraisemblable, c’est que le pouvoir politique n’est plus entre les mains exclusives de l’armée. Les affairistes et autres prédateurs, que vous appelez oligarques, ont leur mot à dire aujourd’hui dans la prise de décision. La Présidence, incarnée par M. Bouteflika, devrait garder une prédominance dans certaines sphères de la gestion de l’Etat et dans le jeu d’arbitrage entre les intérêts des uns et des autres. Il s’agit d’assurer un équilibre permettant une cohabitation entre les différentes factions et de garantir les intérêts des puissances et des multinationales qui soutiennent le régime.

Constructif. Pour le PST, il est plus constructif de se saisir de la tribune électorale et d’aller proposer nos idées politiques aux travailleurs et aux masses populaires, comme on vient de le faire dans une dizaine de wilayas, même si nous n’avons pas réussi à collecter le nombre exigé des signatures. Mais, à Béjaïa qui demeure un bastion des luttes sociales et démocratiques dans notre pays, nos camarades ont réussi à relever le défi des 3000 signatures exigées.

Contre-courant. On reproche aux formations politiques classées à gauche de continuer à militer à contre-courant face à la globalisation de l’économie… Il s’agit de la globalisation capitaliste et ses ravages sociaux, son désastre écologique et ses guerres destructrices. Militer à contre- courant de ces calamités mobilise, certes, les organisations de gauche, mais dans la réalité on voit bien que cet impératif mobilise aussi des peuples entiers pour leur émancipation, ou la défense de leur environnement.

Fichier. Comme l’illustrait à l’époque de façon magistrale une scène de la pièce théâtrale Babour Ghraq, alors qu’il n’y avait que trois votants, l’urne s’est retrouvée bourrée de centaines de bulletins de vote au moment du dépouillement. Le fichier électoral appartient au peuple algérien et il doit être public. A tout moment chaque citoyen ou citoyenne doit avoir le droit d’y accéder et de le consulter. De même, chaque parti, syndicat ou association de citoyens doit être destinataire d’une copie actualisée du fichier électoral national.

Gauche unie. Des expériences de luttes communes, à l’instar de l’intersyndicale, des mobilisations estudiantines, du forum social, des luttes féministes, etc., participent à la construction de cette perspective unitaire. Pour le PST, il s’agit notamment d’une convergence dans les luttes réelles et non pas une proclamation solennelle d’une unité d’appareils. la cristallisation d’une telle convergence et l’édification d’un cadre commun nécessitent plus d’efforts pour que les résistances actuelles se renforcent et se développent dans un grand mouvement unitaire de progrès et d’espoir. Dans cette perspective, on est pour l’unité des partis de gauche dans les luttes et dans les batailles électorales

ICSO. Elle ne constituait pas un véritable pôle indépendant du pouvoir, conséquent et capable de mobiliser les masses populaires pour imposer un changement démocratique. Elle est composée, à une exception près, d’anciens chefs de gouvernement, de ministres et de partis qui ont participé à un moment ou à un autre au pouvoir sous la présidence de M. Bouteflika. Par ailleurs, la plateforme ultralibérale qu’elle a adoptée s’attaque de façon explicite aux travailleurs coupables, à ses yeux, de multiplier les «grèves sauvages». Loin d’être un bloc de principes, cette expérience n’a pas résisté à l’épreuve des élections.
 

Islamisme. Déjà en 2012, après les longues années d’alliance présidentielle, le MSP et ses amis de l’Alliance verte, notamment Ennahda et El Islah, n’ont pas pu constituer un poids significatif dans les rapports de force politique de ces dernières années. Cependant, leur alliance avec certains secteurs du patronat privé et les forces de l’argent, comme c’est la règle pour le FLN, le RND et d’autres partis, dévoile leur vraie nature de représentants d’une partie conservatrice de la nouvelle bourgeoisie algérienne.

Modèle. Ce qui était présenté pompeusement comme un nouveau modèle économique pourrait se réduire à une nouvelle entreprise de bradage de ce qui reste de nos ressources financières, comme le suggère l’analyse de certains projets faramineux de «partenariat» dans l’agriculture et dans d’autres domaines.

Succession. Je pense que le verrouillage sans précédent de ces législatives leur confère une importance particulière dans la cristallisation des rapports de force au sein du régime. Le contrôle du nouveau Parlement et des futures assemblées locales constituera un avantage assez important dans la bataille de succession qui s’annonce dans un futur très proche.

Source :   El Watan

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