Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Bachir Frik, ancien Wali. Photo DR

Bachir Frik, ancien Wali. Photo DR

Vingt ans plus tard, Bachir Frik, à l'époque wali d'Oran puis de Annaba, revient sur les techniques permettant à l'administration de construire une majorité électorale, sous la houlette du DRS, lors des élections législatives et locales de 1997.

EXTRAITS

(...) Il y a eu un coup de force du DRS au sein du FLN contre Abdelhamid Mehri qui a été remplacé par Boualem Benhamouda. Malgré cela, le pouvoir en place n’avait pas confiance dans l’équipe du FLN. Donc ce pouvoir, et surtout le général (Mohamed) Betchine, a décidé de créer le RND le 22 février 1997, soit quatre mois avant les législatives.

"Effectivement, il y a eu une grande fraude dans les législatives et les locales de 1997. Je témoigne parce que j’étais acteur. En tant que wali (d’Oran), j’ai participé activement à cette mascarade.

"Personnellement, j’ai assisté au (ministère de) l’Intérieur à des séances de travail restreintes, en présence d’autres walis qui sont actuellement ministres, pour discuter de l’opportunité de créer un nouveau parti afin de soutenir le pouvoir en place.

"Des instructions fermes ont été données aux walis, par le biais du ministère de l’Intérieur, pour que les législatives soient remportées par le RND. Ahmed Ouyahia était le chef du gouvernement. Donc, nous avons par la suite travaillé dans ce sens avec comme prétexte l’intérêt suprême de l’État.

"Chaque wali travaille avec ses collaborateurs, surtout les chefs de daïras. Première étape : la sélection des membres des bureaux de vote. Ces derniers doivent être choisis parmi les gens acquis à l’administration. D’ailleurs, il y a des enquêtes d’habilitation. Quand quelqu’un était soupçonné d’être un islamiste à l’époque, il était automatiquement écarté.

"À Oran, il n’y avait pas de procès-verbaux signés à l’avance. Il y avait plutôt un changement de bulletins dans les urnes. Les membres du bureau de vote bourrent les urnes ou jouent sur le calcul des bulletins de vote. Quand tous les membres du bureau sont complices, ils enlèvent les bulletins et les remplacent par d’autres.

"Au niveau national, c’était le DRS qui mobilisait discrètement le mouvement associatif pour faire adhérer les gens à une tendance. Au niveau local, c’étaient les représentants du DRS qui faisaient un travail en parallèle en collaboration avec le wali notamment sur les listes des candidats. Je vous rappelle que le DRS faisait partie de la commission de sécurité (de la wilaya) où siégeaient tous les services de sécurité. Sauf que l’officier le plus influent était celui du DRS. Mais le DRS ne s’impliquaient pas directement (dans la fraude, NDLR). L’élément déterminant dans les élections, c’était le wali et la wilaya.

"En réalité, il y avait beaucoup plus de fraude aux élections locales qu’aux élections législatives. La Constitution de 1996 avait institutionnalisé le Conseil de la Nation dont les deux-tiers sont élus par des élus locaux. Donc, il fallait que le RND obtienne la majorité au niveau de cette institution.

Texte intégral : TSA-Algérie

Commenter cet article