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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mis en ligne le 6 février

Une note d'un institut américain prédit une "ouverture" en Algérie, en faveur des intérêts américains. Auparavant, un rapport français y voyait une "chance" pour l’Europe. USA et UE vont-ils conjuguer leurs efforts pour offrir à la recolonisation néolibérale le nouvel Infitah nécessaire au parachèvement de la révolution anti-sociale.

La note de Robert Satloff et Sarah Fauer deux politologues américains appartenant à un Institut contrôlé par le lobby pro-isrélien AIPAC, ont inspiré ce matin le gros titre de la une de liberté : "Selon une note du Washington Institute pour l’administration Trump Algérie : Le régime menacé dans ses fondements”.

Après avoir copié collé les habituels considérations sur le prix du pétrole, sur la maladie de Bouteflika, les mystérieuses intrigues et autres « incertitudes » de la succession, la note du duo américain va au concret : « Si les recettes en baisse de l'État limitent sa capacité à répondre au mécontentement populaire, les protestations croissantes pourraient ébranler les fondements du régime ». Puis elle montre le bout du nez : « Combiné à la disparition de la génération fondatrice de combattants de l'indépendance du pays, il peut exister des possibilités d'élargir la relation bilatérale pour répondre aux préoccupations communes ».

L’après-Bouteflika... La note du duo américain apparaît comme un décalque du rapport parlementaire du duo français Teissier-Glavany. Les deux paires campent les espérances algériennes de leurs pays dans un décor de chaos. La différence réside dans les bénéficiaires de la mutation qui naitrait de ce chaos. Pour le duo français,  ce sera bien sûr l’Union européenne : « les jeunes générations qui sont nourries désormais par la culture du monde (Comprendre européenne, ndlr), ne peuvent se satisfaire d’une histoire purement nationaliste. L’arrivée d’une nouvelle génération de dirigeants, qui n’a pas connu les indépendances, est un défi mais peut être aussi une chance pour les relations entre l’Europe et le Maghreb »

Le duo américain, moins grandiloquent, pensent d’abord business, en appelant Trump  à “jeter les bases d'une plus grande implication commerciale (…) afin de s'assurer que les entreprises américaines sont bien placées pour profiter de cette ouverture lorsqu'elle se produit”

Liberté ne mentionne pas la date de parution de la note du Washington Institute. Le 9 décembre dernier Robert Satloff et Sarah Feuer sont allés au Centre marocain des études stratégiques, sans doute dans le cadre de la préparation de leur note. Ils ont animé un débat sur le thème : «Le Président Trump, le Maroc et le Moyen-Orient : défis et opportunités». Le journal marocain Le Matin rapporte : « Sarah Feuer a beaucoup insisté sur l’Algérie et les risques que pourrait générer l’après-Bouteflika, le Président algérien étant gravement malade. Cette situation est aggravée par la crise économique consécutive à la baisse des prix du pétrole ».

Qui est le Washington Institute ?

Le quotidien Liberté qui saute sur tous les sondages et classement défavorables à l'Algerie ne nous dit rien sur le Washington Institute. la structure actuelle du Washington Institut est  mystérieuse sur le web. En 1991, le journaliste Mark H. Milstein avait  enquêté sur les relations entre le Washington Institute et le principal lobby pro-israélien The American Israel Public Affairs Committee (AIPAC). Ce dernier contrôlait la présidence, la direction exécutive et la trésorerie de l'Institut. Où en est-on aujourd'hui? Le site du Washington Institut ne mentionne que l’appartenance de son fondateur à la présidence du Jewish Federation Council de Los Angeles.

Voici la liste établie par Mark H. Milstein

La mention président de l'AIPAC concerne divers Etats

Martin Indyk, le directeur exécutif du Washington Institute a commence sa carrière comme directeur de recherche à l’AIPAC.

-Barbi Weinberg, le président de l’Institut était vice-président de l’AIPAC et fondateur de Citizens Organized PAC, un comité pro-Israélien d'action politique. Il est président de la Jewish Federation Council de Los Angeles.

Walter P. Stern, le secrétaire-trésorier est président new-yorkais du Committee on Freedom of Trade with Israel, member de la Anti-Defamation League of B'nai B'rith liée à l’American Jewish Committee.

-Fred Lafer, member of the executive committee. Lafer is the senior vice president and general counsel of Automatic Data Processing, Inc., Roseland, NJ. Lafer, a campaign supporter of Senator Frank Lautenberg (D-NJ), is a former chairman of the United Jewish Appeal of New Jersey and former president of the Jewish Federation of New Jersey.

-Bernard White, member du comité executive, ancient trésorier de  l’ AIPAC treasurer and de la Zionist Organization of America

-Mayer Mitchell et Shaol Pozez  membres du bureau sont d’anciens présidents de l’AIPAC. 

-Max Fisher est membre du comité exécutif de l’AIPAC . Ce  businessman était aussi président de la the Jewish Agency for Israel.

-Robert Asher fut Longtemps  président de l’ AIPAC, il est fondateur du pro-isréiel founder of Citizens Concerned for the National Interest.

http://www.wrmea.org/1991-july/washington-institute-for-near-east-policy-an-aipac-image-problem.html