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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Il est décédé chez lui à Bordj Emir Abdelkader, près de Mouzaïa. La veillée du troisième jour se tiendra demain dimanche à partir de 17 h en son domicile  (situé prés de la nouvelle mosquée).

Noureddine Abdelmoumen fut membre de la direction clandestine du Pags  jusqu'à la légalisation de ce parti au lendemain du soulèvement d'octobre 1988. On sait que le Pags légalisé ne résistera pas à deux évènements conjugués: l'implosion du camps socialiste et l'opération de destruction du parti menée par les services du système. Avec d'autres militants du Pags historique, dans la diversité des itinéraires et des angles de lutte, Djamal n'abandonnera pas le combat politique pour la construction nationale guidée par le progrès social qu'il avait engagé dans la fédération de France du Fln, puis après l'indépendance dans le Pca, et enfin dans le Pags clandestin, après le coup d'Etat militaire de juin 1965.

Nous présentons quelques extraits d'interventions du défunt ces cinq dernière années où s'exprime la double préoccupation de défendre la mémoire et d'éclairer les luttes actuelles et futures.

Le journaliste progressiste

"J’ai rencontré Henri pour la première fois en octobre 1962. Je venais de Paris pour rejoindre la nouvelle équipe du journal à la rue Berlioz. Il devait être 13H et toute la rédaction était rassemblée dans la grande salle autour d’un grand faitout de loubia , préparé par un gargotier du coin ! Ambiance décontractée et de franche camaraderie. C’est là que je fis connaissance de mes prestigieux ainés Boualem Khalfa , Hamid Benzine et Henri Alleg et d’autres jeunes qui avaient comme moi la vingtaine et étaient prêts à une nouvelle aventure dans un journal ,c’est vrai , pas comme les autres…

La vie, les luttes politiques ont fait que j’ai peu rencontré Henri. Au cours de ces cinquante dernières années, en dehors des trois années de parution légale d’Alger républicain, à l’école d’ALLEG, trois années inoubliables de formation de journaliste et de combat politique que je raconterais plus haut à travers une « anecdote ». Ce n’est ni de sa faute ni de la mienne.
La dernière rencontre au sein de l’équipe d’Alger Rep s’est faite le jour du coup d’Etat du 19 juin 1965. Nous nous sommes rencontrés en deux groupes de camarades, journalistes communistes, issus du Parti communiste algérien (PCA) discrètement pour décider de la marche à suivre. J’étais dans le groupe « piloté » par Henri : décision unanime on ne sort pas le journal !

Quelques semaines après la répression s’abat sur nous. Les camarades à peine sortis d’une lutte de libération éprouvante vont être confrontés aux arrestations et à la torture, d’autres partirons de justesse en exil comme Henri et d’autres enfin, comme moi, rentreront en clandestinité pendant plus de vingt ans pour organiser la résistance et reconstruire leur parti.
La première rencontre avec Henri a eu lieu dans la clandestinité, fin des années 1970. Henri était enfin invité en Algérie par des institutions culturelles et d’information officielles, au cours de certains évènements commémoratifs. La direction du PAGS décide d’organiser une rencontre clandestine avec Henri. Je faisais partie du dispositif de « réception », je devais vérifier que notre « invité » n’était pas suivi. Brève rencontre : Henri me voit à peine, contrôle la nuit dans un circuit « tarabiscoté », changement de quelques vêtements pour donner une autre allure à notre ami et direction du refuge clandestin où l’attendait, Sadek Hadjerès, premier secrétaire du PAGS.
La deuxième rencontre eut lieu dans la légalité, fin des années 2000, dans un grand hôtel algérois à l’heure du petit déjeuner. Henri était invité pour une rencontre autour du livre. J’accompagne le directeur d’Alger républicain et deux journalistes qui devaient interviewer notre ami : salutations, puis Henri se penche vers moi et me demande à voix basse « qui es-tu ? ». Il n’arrivait pas à me remettre. Je me penche vers lui et lui donne, à voix basse mon nom.
Jamais Henri n’avais autant mérité de s’appeler « Hamritou », surnom que nous donnions avec affection à notre rouquin. Il se tape la tête avec le plat de la main tout rouge de confusion. Je venais de comprendre que maintenant j’avais beaucoup changé, que j’avais « un certain âge » et quarante années nous séparaient du travail commun à Alger républicain et de notre rencontre du 19 juin 1965 !" Texte intégral :
Noureddine Abdelmoumène rencontre Henri Alleg

La défense de la mémoire

"Georges Acampora avait 86 ans quand il s’est éteint à l’hôpital de Ain En Naadja.
Ce digne fils de notre pays, ce fils de Bab El Oued, est né à Bab El Oued, il y a vécu, va y demeurer pour l’éternité. L’Algérie a été sa patrie, dans le sens plein du terme et ses habitants étaient ses frères et sœurs.

Ce fils du peuple a commencé à travailler à 14 ans pour aider son père à ramener le pain quotidien.
Cet ouvrier tourneur a fait son chois dès son jeune âge : syndicaliste remarquable il mènera un combat incessant pour les droits des travailleurs, il dirigera même une grève de 40 jours des travailleurs des tabacs de Bab El Oued.
Il rejoindra juste après les rangs du Parti Communiste Algérien et deviendra un des dirigeants de la section de Bab El Oued du PCA.

C’est donc naturellement, au déclenchement de la guerre de libération nationale qu’il rejoindra les CDL (Combattants de la libération du PCA), puis il est fidaî au sein de l’ALN-FLN, après les accords FLN-PCA.
Arrêté il est affreusement torturé, puis condamné à mort. Après des années de prison à Serkadji , puis à la prison d’El Harrach, il ne sera libéré qu’à l’indépendance.

Il prend tout de suite sa place dans l’autre combat, celui de l’édification de l’Algérie : il sera parmi les premiers volontaires qui iront réparer les tracteurs des domaines abandonnés par les colons ou lancer le reboisement mémorable de l’Arbaâtache
Au sein de la protection civile, il fera un parcours exemplaire jusqu’au grade de lieutenant- colonel.

Dans son quartier de Bab El Oued, le citoyen Acampora est à l’écoute de ses voisins, avec sa modestie légendaire. Ses voisins le lui rendent bien : lui et Juliette, son épouse, seront sous la tendre protection des habitants, même pendant les périodes les plus noires.
Georgeot avait plusieurs familles, d’abord celle de Bab El Oued, où il faut le rappeler, un jeune médecin du quartier donnera le nom à un centre de la clinique inaugurée à Hammamet près d’Alger. Il conservera sa famille du PCA, puis celle PAGS, celle de l’ALN-FLN, des anciens condamnés à mort, celle de la protection civile qui a été à ces côtés jusqu’à l’ultime minute.

Tu es parti un 11 février. Tu le sais bien, c’est aussi un 11 février, à l’ère coloniale que Mohamed Ouenouri, Mohamed Lakhnèche et Fernand Iveton ont été guillotinés. L’année dernière en février, dans ce même cimetière, devant la tombe de Fernand Iveton tu as dit " à quoi ont servi ces exécutions barbares, puisque, malgré ça, nous avons arraché l’indépendance". (Texte intégral : Oraison funèbre de Georges Acampora )

Les combats du présent et de l'avenir

(...) Ces menaces sur la retraite, les pensions, l’emploi et le pouvoir d’achat constituent des menaces potentielles mais réelles sur les salariés et l’économie nationale.

D'ores et déjà il faut se préparer à affronter politiquement et syndicalement ces menaces. Il nous faut hisser à un niveau bien supérieur nos capacités d’organisation et d’action sur le terrain des luttes à venir avec des organisations et syndicats de classes. L’intersyndicale est un acquis des luttes. Il faut consolider sa base et ses orientations mais sans se cacher ses faiblesses car traversée par différents courants politiques y compris islamistes.

Beaucoup dépendra de nous dans les luttes à venir.

Nous devons être présents dans les luttes démocratiques pour soutenir avec force les légitimes revendications populaires comme nous devons exprimer nos vives condamnations contre les atteintes aux personnes et biens publics et privés lors des dernières émeutes

Dans les luttes et échéances à venir je connais sur quels critères me déterminer pour élire un représentant syndical , un député , et même un président ! juger un programme économique et social.

Dans le paysage politique actuel la totalité des partis du pouvoir sont pour le libéralisme ; une grande partie des partis de l’opposition se réclament de la même orientation. Il ne restent que quelques partis se comptant sur les doigts d’une seule main embryonnaires qui se réclament d’une orientation de progrès. Texte intégral : Retraites, pensions, emploi, pouvoir d’achat, nos luttes futures !)

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