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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le multipartisme instauré après le soulèvement d'octobre 1988 a débouché trois ans plus tard sur une situation d'extrême tension, où le système, craignant d'être déstabilisé par les élections de la fin 1991, décide de mettre fin à "l'expérience".

Les trois pôles partisans du DRS

La séquence de 1988-1991 a poussé le système, en coupant ce qui dépasse, de mettre en place une nouvelle "carte des partis". Dès 1992, le DRS est chargé de mettre en place progressivement,  trois pôles politiques chargés de jouer le rôle de relais :

Le pôle patriotique-travailliste est mise en place avec les nouveaux partis RND et PT (puis le FLN en 1996), s'appuyant sur la bureaucratie syndicale de l'UGTA. 

Le pôle de l'islamisme de participation, s'appuie sur la bourgeoisie islamiste, nourrie par sa participation autorisée à la curée des marchés publics et l'import. Après la "Réconciliation nationale", ce pôle, composé de plusieurs partis, a été enrichi par l'arrivée de Madani Mezrab et des nouveaux hommes d'affaires, issus de l'ex-AIS, qui veulent refaire de la politique.

Le pôle laïc anti-islamiste qui a soutenu la stratégie anti-terroriste mise en oeuvre par le DRS, pendant la décennie noire. Y cohabitent des "démocrates-républicains", artisans de la dissolution du Pags, des berbéristes et autres groupes anti-islamistes. Sous l'influence de la ligne éradicatrice inspirée du DRS, ce pôle a volé en éclat après la fin de la Fitna. Seul rescapé, le RCD qui s'est redéployé après un changement de ligne politique opéré au congrès de 2012.

D'autres partis et groupes politiques n'ont pas participé à la restructuration animée par le DRS:

Le FFS s'est délibérément mis à l'écart des activités politiques officielles. Il a été capable d'adapter aux circonstances sa ligne stratégique de changement du système. Les groupes politiques inspirés par la théologie de la libération qui avaient appuyé le FIS, ont été désarçonnés, puis se sont efforcés de garder l'expression de leur courant. La majorité des marxistes ont refusé la polarisation idéologique, et la stratégie éradicatrice qui en découle. certains se regroupés dans les divers cercles issus du PAGS-historique, selon des normes clandestines.

Le FLN est un cas particulier.

Ce parti unique, sensé être au pouvoir  pendant les régimes de Boumediene et de Chadli, a été en fait utilisé comme camouflage du pouvoir politique réel, exercé par les services de sécurité.(Un peu comme le régime capitaliste chinois utilise aujourd'hui effrontément le sigle du Parti communiste). Le seul vrai pouvoir -très limité mais efficace- le FLN l'a exercé, entre 1968 et 1988, pour faire barrage à l'émergence des gens du Pags aux responsabilés syndicales et associatives. Pour le reste, le FLN c'était khadra fouq 'acha.

L'instauration du multipartisme après le soulèvement d'octobre 1988 a eu pour effet de réveiller le FLN, devenu parti. Ce réveil avait été marqué par l'accession de Abdelhamid Mehri à la tête du parti en 1988. Il sera écarté en 1996 par le fameux "complot scientifique" qui permettra au DRS de reprendre le contrôle du FLN. 

La fin de la guerre civile, les partis et le parlement

A partir des années 2000, Le rôle de contrôle politique exercé par le DRS est contesté dans les partis, et pas seulement par l'institution présidentielle qui veut récupérer ses prérogatives constitutionnelles. En toile de fond : les forces vives du pays veulent émerger sur le scène politique. La collaboration étroite entre la Présidence et le DRS, est maintenue jusqu'ici, par la crainte commune aux principaux clans de voir les forces vives du pays échapper au contrôle du système.

La volonté d'une nouvelle émergence partisane a été symbolisée par l'initiative du FFS d'Aït Ahmed de participer aux élections législatives de 2012, pour "faire bouger les lignes". Au FLN, les courants opposés à l'emprise du DRS se renforcent et ruent dans les brancards. C'est la même pulsion partisane d'autonomisation qui produit du côté des démocrates berbéristes et des islamistes des décantations et des scissions. Quant au courant progressiste, nous posions la question il y a un an: le courant progressistes sortira-t-il de la clandestinité.

La mission législative du parlement n'est possible que dans un pays où les partis sont représentatifs.  Les députés n'ont jamais exercé le pouvoir législatif: l'indifférence et l'abstention sont d'abord provoqués par ce constat. Le parlement est le mécanisme le moins important dans l'élaboration des lois . D'autres circuits, informels ou formels, font remonter, de manière souvent oblique, les intérêts des groupes sociaux, structurés en clans, vers la Présidence de la république qui assure les arbitrages. Et à la fin, le parlement est convoqué pour apposer son label.

A suivre.

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