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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Dans son testament de Bakhti Belaïb, Abed Charef écrit ce matin : "Formé dans une tradition bureaucratique en vigueur dans les années 1970 et 1980, il n'a pu, de par son itinéraire personnel, se départir totalement de cette vision selon laquelle l'administration devait veiller à ce que les plus démunis ne soient jamais privés de l'essentiel."

Quelle conception du rôle de l'Etat et de l'administration a bien pu inspirer la conviction du défunt qu'il faut combattre les surprofits des concessionnaires et autres importateurs qui privent l'Etat des moyens d'agir au profit du pays et des plus démunis?

Mais aussi pourquoi appelait-il, à la veille de sa mort, à mettre en cause les rapports inégaux que l'OMC veut nous imposer? Recommandation testamentaire que Abed Charef oublie de mentionner dans sa lecture du testament. Pourtant, il avait écrit qu'il connaissait le défunt.

"Les milieux de l'argent, qu'il côtoyait au quotidien, n'avaient pas de prise sur lui". En écrivant cela, le chroniqueur est au diapason des Algériens qui apprécient Bakhti Belaïd l'incorruptible. Mais, il évacue la haute conception de l'Etat au service de la justice sociale, qui animait le défunt et lui permettait de secréter les anticorps éthiques. Et sauvegarder son intégrité face aux assauts de cette corruption systémique qui colonise l'Etat et le détourne des "plus démunis".

"L'hommage s'adresse d'abord aux qualités morales Bakhti Belaïb (...). On loue son attitude, non sa politique", écrit  dédaigneusement l'exécuteur testamentaire autoproclamé. La défense têtu de l'intérêt national motivé par une haute vision politique du rôle de l'Etat, est écartée. Plus grave encore, cette vision politique est déformée, réduite à un passif "bureaucratique" à renier.

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