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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Dans un pays où la rente pétrolière rétrécit, le foncier devient plus que jamais un enjeu majeur. C’est là que s’opèrent les transferts du domaine public au privé sans aucune transparence.

Extrait de l'article de Saad Ziane paru le 19 février dans Libre Algérie sous le titre :

ON LIQUIDE LA FAC, ON BAZARDE LE FONCIER, L’ALGÉRIE NAGE EN PLEIN D.R.M.

Frappe ton coup !

On liquide aussi dans le foncier. Selon Azzedine Kerri, directeur général de la finance locale au ministère de l’intérieur, les Walis ont récupéré 819 lots de terrain attribués dans le cadre du foncier industriel, soit une superficie de 528 hectares.

Ces récupérations, est-il expliqué, concernent des hommes d’affaires qui ont reçu ces lots de terrain mais n’ont pas réalisé les projets d’investissements promis. L’information est censée nous convaincre que le dossier du foncier est géré sérieusement.

Mais déjà, dans le même article on apprend que 1473 «bénéficiaires » des lots de terrain dans le cadre des projets d’investissements ont refusé de remettre leur « petits arpents » cédés par l’Etat au motif qu’ils disposent d’actes de propriété. Le fait qu’ils n’aient pas exploité le terrain pour réaliser leurs projets, n’est pas une raison suffisante. Ils ont un « Titre de propriété » !

L’article précise que les 819 lots récupérés font partie d’un total de 7640 lots distribués et non exploités d’une superficie globale de 2317 hectares.

Mais comment ont-ils obtenu des titres de propriétés pour des lots de terrain censé être conditionnés à la réalisation d’un investissement ? On entre déjà dans le trou des Bermudes où des opérations des transferts du domaine public se font d’une manière opaque.

Le Jackpot

Dans la wilaya de Bejaïa, Chafaa Bouaïche, député FFS, donne, malgré les menaces, régulièrement des informations sur la manière dont on s’accapare le foncier. On prend et on revend vite. Le Jackpot. Comme ce patron de cabaret à Melbou qui bénéficie d’un terrain « au bord de la plage dans le cadre d’un investissement. Le patron qui n’a rien réalisé a vendu ce terrain à Naftal à 27 milliards de centimes !!! Naftal est en train de construire un centre de vacances. »

On bazarde. A Bejaïa, les nouvelles sortent, mais dans le pays les choses se font discrètement. Et il n’y a aucune raison de croire que les choses se déroulent autrement.

Ce n’est pas un hasard si le Forum des chefs d’entreprise (FCE) a adressé un courrier « urgent et important » en date du 5 février à ses membres sur la préparation de la prochaine tripartite où le sujet principal porte sur le «climat des affaires » très clairement associé à la question du foncier.

La direction du FCE demande ainsi à ses membres leur « appréciation concernant l’évolution récente du climat des affaires dans notre pays. Plus particulièrement, la situation de votre entreprise en matière d’accès au foncier industriel (délais de régularisation des concessions déjà obtenues – Obtention de nouvelles concessions – difficultés rencontrées) »

Certes, le FCE peut dire qu’il laisse à ses adhérents le soin de proposer d’autres sujets, mais quand la «centrale » réduit la question du climat des affaires à la seule diligence dans la cession du foncier, on peut légitimement ne pas le séparer de climat actuel où les appétits s’aiguisent comme s’il s’agit de prendre un «max » avant qu’il ne soit trop tard ! Il y a pourtant plein de sujets plus importants…

Dans un pays où la rente pétrolière rétrécit, le foncier devient plus que jamais un enjeu majeur. C’est là que s’opèrent les transferts du domaine public au privé sans aucune transparence.

Dans le climat permanent de fin de règne créé par un système où l’informel écrase l’institutionnel, on «frappe son coup » le plus vite possible. Pourquoi pas, pour ceux qui sont dans les «circuits » du DRM ! Quoi de plus jouissif que prendre un terrain donné de l’Etat pour le revendre à une entreprise publique et gagner le gros lot. De l’accumulation primitive, brute, brutale, immorale. Un blanchiment en accéléré. Qui se fait au grand jour et qui fait le lit des colères.

Source : Libre-Algérie

 

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