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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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4 janvier 2017

La loi sur la retraite anticipée a été abrogée comme il fallait s’y attendre. Maintenant que la fièvre est tombée il faut regarder vers l’avenir vers les véritables défis que vont devoir affronter les couches populaires, les travailleurs salariés, les sans-emploi et les retraités, dans les années voire dans les mois à venir !

Notons d’abord que lors de la riposte de l’intersyndicale à la menace de suppression de la retraite anticipée, d’autres pans importants de la lutte ont été négligés, des fois ignorés :

1- on n’a pas vu monter en force des syndicats pour réclamer l’abrogation de la loi indigne portant retraite des cadres de l’Etat, une loi sur mesure pour assurer une retraite plus que confortable aux hauts dignitaires du système : une loi portant retraite anticipée aux hauts cadres de l’Etat cumulant 20 ans de travail dont dix nommés par décret et bénéficiant de 100% de la retraite au lieu du plafond de 80% pour les salariés ordinaires ! une retraite dont le versement est garanti par le budget de l’Etat et non la caisse nationale des retraites (CNR).

2-on n’a pas vu non plus beaucoup de syndicalistes s’impliquer dans la définition des postes de travail selon leur pénibilité avec des techniciens, médecins, ...

Alors qu’il s’agit de donner une véritable retraite anticipée aux travailleurs ayant exercé des métiers pénibles. Souvent c’est l’Ugta qui s’est accaparé de ce créneau !

Ces deux points de luttes restent à poursuivre.

Maintenant essayons d’anticiper pour prévoir les enjeux à venir des luttes des travailleurs :

La chute des prix du pétrole, les répercussion de la crise de l’économie mondiale sur notre pays et les nouveaux appétits des nouveaux patrons de l’informel et du capitalisme sauvage, débridé vont avoir des répercussions insoupçonnées au fur et à mesure que s’aggrave la crise.

1-Déjà à la faveur de la préparation de la loi de finances 2017 on a vu la panoplie de mesures antipopulaires proposées par les uns et les autres notamment autour de la suppression (remplacement) du soutien des prix des produits et services de première nécessité. On sait pourtant que sans le soutien du prix du pain et du lait des millions d’Algériens notamment les enfants ne mangeraient pas à leur faim. La mesure a été reportée à plus tard, mais elle va revenir en force : le sinistre Chakib Khelil propose simplement de remplacer la subvention par des bons donnés aux indigents On revient aux indigènes indigents du temps du colon ! Ce monsieur proche du pouvoir ambitionne d’arracher le poste de 1er ministre en attendant mieux. C’est la république sociale que l’on veut déjà enterrer.

2- la seconde attaque va se concentrer sur les droits à la retraite : augmentation du nombre d’années de cotisation, recul progressif de l’âge de départ à la retraite et à terme diminution des pensions. On veut copier de ce qui se fait de pire dans l’Europe néolibérale. Qui garantira le paiement des retraites ?

3- Si la crise s’approfondit on n’hésitera pas à s’attaquer au gagne pain des salariés avec des compressions d’effectifs : scénario catastrophe diront certains mais n’ayant pas la mémoire courte :après La crise de 1986 derrière les flammes de l’incendie et de la terreur islamiste on a fermé des centaines d’usine certaines bradée pour le dinar symbolique : 560 000 emplois seront ainsi supprimés comme le reconnaît l’ancien chef du gouvernement Ahmed Ouyahya. Ca été la mise à mort de pans entiers de l’industrie algérienne naissante et la main mise du FMI sur l’Algérie.

4-on notera la grande timidité voir l ’absence de réactions concernant le pouvoir d’achat des salaires. Ni la centrale syndicale ni les syndicats autonomes n’ont posé à notre connaissance de façon audible le problème de la revalorisation du SNMG bloqué depuis plusieurs années. Pourtant l’inflation officielle selon l’ONS a atteint 6, 2% l’année passée à laquelle il faut ajouter les augmentations des prix induits par la loi de Finances 2017 et les augmentations sauvages des prix décrétés par les barons de l’informel . D’une façon ou d’une autre il faudra bien poser le problème de la dévalorisation des salaires.

Les quartes mesures possibles sont liées à la politique de désinvestissement dans le secteur des industries productives nationales : à la télé nationale aux informations on a montré l’inauguration de structures pharaoniques ayant couté des prix astronomiques et nécessitants des couts énormes pour le fonctionnement et l’entretien de ces mastodontes. On ne nous a pas montré le moindre investissement productif réalisé à se mettre sous les dents depuis deux décennies !

Ces menaces sur la retraite, les pensions, l’emploi et le pouvoir d’achat constituent des menaces potentielles mais réelles sur les salariés et l’économie nationale.

D'ores et déjà il faut se préparer à affronter politiquement et syndicalement ces menaces. Il nous faut hisser à un niveau bien supérieur nos capacités d’organisation et d’action sur le terrain des luttes à venir avec des organisations et syndicats de classes. L’intersyndicale est un acquis des luttes. Il faut consolider sa base et ses orientations mais sans se cacher ses faiblesses car traversée par différents courants politiques y compris islamistes.

Beaucoup dépendra de nous dans les luttes à venir.

Nous devons être présents dans les luttes démocratiques pour soutenir avec force les légitimes revendications populaires comme nous devons exprimer nos vives condamnations contre les atteintes aux personnes et biens publics et privés lors des dernières émeutes

Dans les luttes et échéances à venir je connais sur quels critères me déterminer pour élire un représentant syndical , un député , et même un président ! juger un programme économique et social.

Dans le paysage politique actuel la totalité des partis du pouvoir sont pour le libéralisme ; une grande partie des partis de l’opposition se réclament de la même orientation. Il ne restent que quelques partis se comptant sur les doigts d’une seule main embryonnaires qui se réclament d’une orientation de progrès.

Source : raïna-dz

*Noureddine Abdelmoumène était membre du Bureau Politique du PAGS , jusqu’en décembre 1990.

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