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Publié par Saoudi Abdelaziz

Un sans-abri sur une plage près d'Athènes, le 10 janvier. Photo DR

Un sans-abri sur une plage près d'Athènes, le 10 janvier. Photo DR

LE PAYS DANS L'IMPASSE

8 janvier 2017, par Kóstas Lapavítsas, économiste, ancien député de SYRIZA

Cette fois encore le débat de la sortie de la zone euro, ne revient pas seulement par les classes pauvres, il ne les a jamais quitté à vrai dire, mais il apparait autant chez les milieux puissants. Certains puissants en Grèce ont commencé à réaliser que le sens unique de la décadence auquel ont obligé le pays aura finalement un impact négatif, aussi sur leurs propres intérêts. Il semble ainsi ouvrir un certain débat sur le soi-disant ‘Grexit en velours.

Je tiens donc à préciser que ce soi-disant ‘Grexit en velours’, ou ‘sortie prudente’ comme nous l'avions déjà désigné en 2010, était depuis évident qu'une fois réalisée, il ne le serait pas dans l'intérêt ni du peuple ni du pays.

Car une telle sortie présuppose de fait une continuation des politiques de la Troïka par les forces politiques du pays, sans le moindre allégement de la dette réelle et dont l'impact de la dévaluation pesant uniquement sur les classes laborieuses. Le soi-disant ‘Grexit de velours’ est le choix des couches dominantes, lesquelles, après avoir démantelé le pays avec l'absurdité de la tentative des ‘plans de sauvetage’, elles tentent de trouver une porte de sortie qui leur permettra de maintenir privilèges et pouvoir.

Je tiens également à préciser qu’au cours des dernières sept ans, et en particulier depuis le gouvernement Tsipras aux affaires, il a été démontré qu'il existe une autre version... probable des faits, et qui pourrait être appelée ‘Grexit chaotique’. Ce serait un Grexit sous la pression des réalités économique et sociale désastreuses, et de la perdre du contrôle de la situation, où par de mouvements tactiques politiciennes certains voudront s’accrocher aux fauteuils du pouvoir. Cela pourrait être le pire scénario.

La Grèce a besoin d’un Grexit ordonné et progressiste.

Ce plan et sa préparation de sortie obligeront bien évidemment à la rupture avec les créanciers et vis-à-vis de l'UE, et cela, sur la base de la récupération de la souveraineté populaire et nationale. Un Grexit qui apportera du dynamisme à l'économie grecque, il va modifier l'équilibre social en faveur des plus nécessiteux tout en restaurant la dignité nationale au pays. Cette sortie est parfaitement possible, mais elle ne peut se réaliser que si les classes populaires incarnent enfin un rôle de premier plan.

Le programme économique au cœur d’un tel Grexit est connu. Il comprend l’arrêt des paiements de la dette publique et des négociations en vue d’un règlement futur. Il comprend également la récupération directe de la souveraineté monétaire, avec le contrôle public et la propriété des banques afin d'instaurer une politique de stimulation de la demande par le biais des investissements publics et la réduction des impôts. Sur cette base, le pays sera en mesure d'adopter une politique agricole et industrielle à moyen terme pour la réorganisation de son économie. Le programme est fondé sur des actions qui ont été testés dans d'autres pays. Mais il faut un minimum de préparation et de ralliement social.

En 2016 vint la fin des illusions. Au sein des mémoranda (politique de la Troïka) il n'y aura, ni ‘programme parallèle’ d’Alexis Tsipras, ni ‘réformes parallèles’ de Kyriákos Mitsotakis (chef de la droite). Sous la Troïka, Il n'y a que la réalité inexorable de Wolfgang Schäuble. Mais en ce moment, il y a aussi la fin de toute une ère de la mondialisation, l'élection de Trump, le Brexit, l'échec total de l'euro et la désintégration de l'Union européenne.

Pour survivre, au beau milieu des changements tectoniques notre pays a besoin et de toute urgence d’un changement de politique dans la globalité. Il devrait également se débarrasser du personnel politique nettement insuffisant, celui qui l’a ainsi conduit à ce point mort, la direction de SYRIZA comprise.

Traduction: Greek-crisis

 

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