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Publié par Saoudi Abdelaziz

Des éditorialistes révisent l'histoire de l'Etat algérien de manière effrontée. On pourrait peut-être lire plus tard que ce ne sont pas les officiers traitants du DRS qui suivaient (suivent?) leurs journaux mais la kasma FLN du coin...

Il y a un an, nous avions relevé les bobards des éditorialiste d'El Watan et de Liberté. Omar Berchiche écrivait : "L’article 120 des statuts du FLN faisant obligation aux cadres et hauts fonctionnaires de l’Etat ainsi qu’aux hauts gradés de l’ANP d’avoir leur carte du parti". Son confrère Said Chekri renchérissait : " l’article 120, au temps du parti unique, contraignait les ministres, mais aussi les hauts fonctionnaires de l’État et les responsables qui exerçaient dans le secteur économique à adhérer au FLN". Même le Matin s'y est mis, à propos de l'encadrement de l'Education nationale : "L’article 120 de l’ex-parti unique leur ouvrit les portes des emplois stratégiques de la fonction publique. Pour un même poste de la fonction publique, c’est l’ancien taleb de la zaouïa qui est choisi».

Le chroniqueur de la Tribune reprend ce matin cette fable, en évoquant " le temps béni de l’article 120 qui réservait l’accession aux postes de responsabilités de l’Etat aux seuls militants du Front".

Que recouvre cette amnésie médiatique? Cette révision de l'histoire de l'Etat algérien aboutit à cacher que pendant des décennies, c'est la Sécurité militaire puis le DRS qui menaient les enquête de validation, donnaient le feu vert à la nomination des cadres de l'Etat et avaient toute latitude pour contrôler leurs activités, mais aussi pour engager les enquêtes et poursuites judiciaires à leur encontre.         

Cet article 120 a été adopté par le congrès extraordinaire du FLN de 1980 sous la présidence de Chadli Bendjedid. Ce n'est pas un article constitutionnel ( L'article 120 de la Constitution alors en vigueur concerne l'Etat d'exception en cas de péril imminent). C'est un article des statuts du FLN qui visait à contrôler les organisations de masse, notamment  les syndicats. L'article 120 ne concernait en rien les cadres de l'Etat, dont la nomination dépendait de la sécurité militaire puis du DRS.

Cet article 120 stipulait : " le parti du Front de Libération Nationale joue un rôle d'impulsion. d'orientation et de contrôle vis·à·vis des organisations de masse. sans se substituer à elles ou affaiblir leurs capacités d'initiative. Ne peut assumer des responsabilités au sein des organisations de masse que celui qui est militant structuré au sein du parti. Le Comité central arrêtera les étapes d'application de ce dernier principe» .

 

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