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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Mohamed Saïd Belghoul ne semble pas faire partie de ces experts qui émargent en échange de la traduction technique des désirs des décideurs.

Il écrivait en janvier 2015, alors que Sonatrach allait s'engager financièrement dans l'aventure du gaz de schiste : " Le pays a d’éminents géologues et économistes mais, à ma connaissance, ils n’ont jamais été consultés sur la faisabilité de ce projet. Je m’excuse de dire que les rares spécialistes qui ont eu l’occasion d’intervenir officiellement à ce propos activent encore dans le circuit d’approbation et n’ont fait que conforter l’ambition mais aussi l’entêtement du gouvernement".

Dans sa contribution paru ce matin dans Le Soir d'Algérie, Mohamed Saïd Belghoul analyse les péripéties qui ont conduit aux accords de réduction de la production de pétrole.

Résumé : "Les principaux acteurs ont réussi à maintenir le suspense, défier et brouiller les cartes des meilleurs analystes du marché, deux mois durant, pour finalement se mettre subitement d'accord en baissant le rideau sur leur bluff une fois réunis autour d'une même table(...). Force est de se demander à quoi sert tout ce cinéma, dont les acteurs principaux, le royaume wahhabite et la Russie, auraient, discrètement et en aparté, orchestré pour soigner leurs intérêts plutôt que ceux du cartel. Le ministre saoudien, Al Falih, et son homologue russe, Alexander Novak, ont révélé avoir travaillé ensemble depuis presque une année, pour préparer, secrètement, le contenu de cet accord."

Il conclut ainsi sa contribution : "Si ces accords de Vienne font monter les prix de 10 à 15 dollars pour les situer entre 55 et 60 dollars durant 2 mois (le temps que les schistes rebondissent et fassent chuter les prix), les recettes supplémentaires seront d'environ un milliard de dollars, ce qui ne représente que 4% du déficit budgétaire mais peut couvrir, néanmoins,... les frais de la 15e réunion ministérielle du Forum international de l'énergie (IEF), tenue à Alger du 26 au 28 septembre 2016 et les frais du périple effectué dans diverses capitales par notre ministre de l'Energie pour sauver l'«accord» d'Alger.
 

"Il est grand temps d’en finir avec les discours triomphalistes, vides de contenu, de retrousser les manches pour travailler sérieusement l'agriculture, le tourisme et tous les secteurs économiques et oublier, ne serait-ce qu’un moment, de parler pétrole du matin au soir, en passant des nuits blanches à attendre ce que sera le prix du baril le lendemain.

"Ce n'est ni l'Opep et sa réduction, ni celle des non-Opep, ni ces épisodiques et éphémères augmentations des prix qui vont changer notre misère en fortune. C'est dommage que c'est au sein de l'élite du pays qu'on croit pouvoir sauver son économie par quelques dollars de plus".

Lire le texte intégral de la contribution dans Le Soir d'Algérie : Marché pétrolier
Quand ressurgiront les désaccords


*Mohamed Saïd Beghoul, titulaire d’un diplôme d’ingénieur d’Etat en géophysique et d’un doctorat en géologie/géophysique, cumule 33 années d’expérience dans la branche Exploration/développement du pétrole et du gaz au sein de Sonatrach et de ses partenaires étrangers. Depuis 2010, il est consultant Exploration et Développement et auteur d’une cinquantaine de communications et publications dans le domaine pétrolier.

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