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Publié par Saoudi Abdelaziz

Des partisans du "non" au référendum devant le palais Chigi, siège de la présidence du Conseil, à Rome, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016. "Vouliez-vous changer la Constitution ? A bientôt", peut-on lire sur la banderole. (TONY GENTILE / REUTERS)

Des partisans du "non" au référendum devant le palais Chigi, siège de la présidence du Conseil, à Rome, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016. "Vouliez-vous changer la Constitution ? A bientôt", peut-on lire sur la banderole. (TONY GENTILE / REUTERS)

La victoire massive du non au plébiscite camouflé demandé par le Premier ministre Renzi en faveur de sa politique économique est perçue par les observateurs avertis comme un nouveau coup de boutoir contre l'euro. De leurs côtés, "Les eurocrates" incitent les "investisseurs" et les politiciens à garder leur sang froid.

Après être tombé au plus bas depuis 20 mois, sous l'effet de surprise d'un pourcentage de "non" inattendu, l'Euro s'est nettement redressé en matinée, ce qui permet au journal l'Expansion de titrer "Les Bourses européennes font peu de cas de la victoire du non italien". L'Italie est un "pays solide avec des autorités solides" qui pourra faire face à la période d'incertitude qui s'ouvre, a pour sa part estimé le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici. 

Ce n'est pas l'avis du financier  Daniel Gerino: "Les investisseurs vont fuir, La BCE serait absolument obligée d'intervenir pour racheter de la dette italienne massivement. Sans intervention, si les taux d'intérêts remontent à 3%, l'Italie est morte". La dette publique, supérieure à 130% du PIB, engloutirait très vite l'essentiel de ses ressources budgétaires, au point de devenir insoutenable.

Pour l'économiste Jacques Sapir la victoire massive du non "vient de déclencher le mécanisme d’une bombe à retardement au sein de la zone euro et de l’Union européenne. L’ensemble des facteurs d’instabilité et de crise qui marquent cette zone va ressurgir à l’occasion de ce vote". Il précise : "Renzi a commis l’erreur de vouloir faire de ce vote un plébiscite de sa politique. Elle a été nettement rejetée. Or, sa politique, et ce fut aussi largement dit dans la campagne, était l’application à l’Italie du cadre disciplinaire conçu à Bruxelles et à Berlin. La victoire du « non » est ainsi directement une défaite pour les européistes d’Italie et d’ailleurs". Des répercussions en France où se prépare les élection présidentielle? Selon Jacques sapir, "la victoire du « non » au référendum italien ouvre un espace important aux forces qui en France contestent l’euro et l’union européenne".

L'économiste et universitaire Steve Ohana, auteur de Désobéir pour sauver l'Europe, partage cette problématique: "La zone euro est aujourd’hui confrontée à un risque plus sournois et plus existentiel : celui du rejet politique du statu quo de la zone euro dans un nombre de plus en plus grands de pays et, à terme, dans les urnes. Certes, le vote négatif au référendum grec sur le nouveau mémorandum de la Troïka de l’été 2015 n’a pas conduit à une dislocation de la zone euro car Alexis Tsipras a finalement fait le choix de capituler devant les exigences des créanciers de la Grèce. Mais, il n’est pas certain qu’il en soit de même à l’avenir".

 

 

 

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