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Publié par Saoudi Abdelaziz

photo DR

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Le pouvoir qui révise un projet de loi  sous la pression du mouvement social. Les travailleurs d'une entreprise publique qui imposent la nomination de nouveaux managers compétents. Ce sont des événements inhabituels dans notre pays où la tradition veut que le pouvoir ne  recule jamais, par principe, "sous la pression de la rue" et que le gouvernement limoge et nomme sans demander l'avis d'en bas.

La politique pourrait-elle être bonne?

Malgré une contestation massive significative, le gouvernement a refusé de modifier son projet de loi mettant fin à la retraite anticipée, le dialogue est alors rompu, le mouvement social monte la pression et commence à occuper l'espace public. Le chef de l'Etat introduit alors un amendement de compromis dans un projet de loi auparavant proclamé inamendable. La séquence serait logique dans un système où existent une culture du compromis et des contrepouvoirs qui la rendent possible; elle est inhabituelle, dans notre pays où la tradition veut que le pouvoir ne  recule jamais, par principe, "sous la pression de la rue".

Pour L'éditorialiste du quotidien Liberté il n'y a dans cette séquence "rien d’inédit qui mériterait que l’on s’y arrête". Ce qu'il décrit comme une "pantalonnade" serait motivée par les calculs d'un régime qui fonctionnerait sous "la primauté de la politique" ajoutant ironiquement : "Des grèves et des désagréments qui auraient pu être évités si cette même instruction avait été donnée à temps". L'éditorialiste ne conçoit pas que "l'instruction" du chef de l'Etat a été provoquée par la pression des salariés. Pourtant, il le sait bien, que le pouvoir revoie sa copie dans de telles conditions est, en soi, une nouveauté dans notre pays, même si c'est par calcul, à la veille d'échéance électorale. Que le mouvement social deviennent un facteur politique n'est-il pas un événement inédit, dans un pays  qui vit,  selon Salima Ghezali, dans  "L’ère du Politicide"  , "avec une vie politique réelle proche de zéro. Sans  véritable représentation sociale ni organismes de contrôle indépendants ni contre-pouvoirs".  

"Faire autrement"

Le Dr. Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a déclaré hier : « On est satisfait du fait que le président de la République réagisse par rapport aux sollicitations de l’intersyndicale. On est satisfait parce qu’on a prouvé qu’il y avait moyen de faire autrement, même si il ne règle pas le problème de la plupart des travailleurs ». Pour ce membre de l’intersyndicale gréviste, cet « amendement est satisfaisant sur le principe mais pas sur le fond (...). Aujourd’hui, il y a une possibilité d’aller sur une période de transition qui pourrait être une occasion de discuter ou de rediscuter du dossier et apporter des corrections (...). Nous gardons notre droit de revenir vers la protestation s’il le faut. Mais nous espérons qu’on va aller vers un dialogue ouvert avec tout le monde ».

A Rouiba, les travailleurs imposent la compétence

Hier nous évoquions dans le blog, la promesse de nomination de managers compétents à la tête de la société nationale des véhicules industrielle de Rouiba (SNVI). C'est la revendication centrale des travailleurs. Ce matin le quotidien El Watan titre : "SNVI Rouiba : Les travailleurs obtiennent gain de cause"

"L’actuel PDG de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI), Malek Salah, et 14 cadres de son staff dirigeant seront relevés de leurs postes d’ici la fin du mois. L’information a été confirmée lors de la réunion ayant regroupé, hier à Alger, les syndicalistes de 14 filiales du groupe SNVI avec le patron de la centrale syndicale. «Sidi Saïd nous a assurés que le PDG et 14 directeurs généraux du groupe, dont 5 exercent à la direction générale de l’entreprise et 4 autres au niveau de la filiale véhicules industriels, seront remplacés lors de la prochaine réunion du Conseil des participations de l’Etat (CPE)», nous a confié un syndicaliste, rapporte Kebbabi Ramdane qui précise :  "Il est à rappeler que l’actuel PDG, Malek Salah, a passé 22 mois à la tête de la SNVI. Cet ancien premier responsable de l’entreprise publique Ferrovial a, selon les travailleurs, brillé par une gestion catastrophique du groupe. Pourtant l’Etat lui a accordé un crédit de 92 milliards pour assainir et développer les filiales de la SNVI".

 

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