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Publié par Saoudi Abdelaziz

Louisa Dris-Aït Hamadouche, politologue. Photo DR

Louisa Dris-Aït Hamadouche, politologue. Photo DR

La politologie autorise-t-elle à tordre les faits. Louisa Dris-aït Hamadouche résume ainsi l'affaire des vacances d'hiver : "Les gouvernants reculent devant des lycéens réclamant plus de vacances". Elle apporte une contribution nouvelle à la politologie: un rassemblement en place publique ou une marche dans les rues ne sont pas des moyens pacifiques. Ils sont forcément violents!

"Plus de vacances"... Elle oublie ce qu'elle a écrit l'instant d'avant : "les gouvernants décident, la veille pour le lendemain, de rallonger la durée des vacances scolaires". Mais, la chronologie n'a pas d'importance, la politologue ne veut pas suivre l'enchaînement des fait qui indique que le mouvement des lycéens est une réaction à une quasi agression du gouvernement. Perpétrée, comme elle le dit, sans consultation approfondie des experts, des enseignants, des parents d'élèves et ... des lycéens.

Elle a une théorie explicative qui impose d'oublier ces faits. Son postulat :  les lycéens sont des enfants gâtés. Rageuse, elle fustige les garnements :

"Hier, certains revendiquaient publiquement le droit de tricher au baccalauréat ; aujourd’hui, ils exigent et obtiennent davantage de vacances et le maintien du calendrier de l’examen du bac. Demain, qu’obtiendront-ils? L’octroi du diplôme au début de l’année scolaire (universitaire), ou une contrepartie financière pour accepter d’aller à l’école (université) ?"

De toute évidence, la politologue évacue le trop plein. Comme on le fait ordinairement entre gens de bonne compagnie, dans les salons ou sur facebook. "Or, la question est comment en est-on arrivé là ? Comment cette catégorie sociale est-elle devenue comparable à une bombe à retardement qu’il faut ménager de peur qu’elle n’explose ? Ces jeunes, dont les gouvernants ont si peur, sortent d’une école qui ne valorise pas le mérite car cautionne la tricherie et qui ne développe pas le sens de la critique mais celui de l’injure".

Elle n'évoque pas la thèse de la manipulation, car pour elle les jeunes constituent une sorte de force souveraine qui impose ses désirs en faisant peur. Des jeunes qui "ne savent pas grand-chose des moyens pacifiques d’expression (parti politique, médias, élections, arts, sports…)".

Des jeunes trop fainéants pour mettre à profit notre merveilleux système politique où la demande des citoyens monte vers les gouvernants comme un lettre à la poste.

 "Les gouvernants ont cédé parce que leur priorité absolue est d’empêcher que les jeunes occupent la rue." Elle ajoute en passant : "Force est de constater que les agriculteurs, les enseignants universitaires, les ouvriers, les industriels, les médecins, les journalistes, les partis politiques…, quant à eux, ne font pas peur". Sans doute parce qu'ils ne sont pas en situation pour utiliser "les moyens pacifiques d’expression"  de la politologue.

Pour résumer, Mme Dris-aït Hamadouche apporte une contribution nouvelle à la politologie: un rassemblement en place publique, une marche dans les rues ne sont pas des moyens pacifiques. Ils sont forcément violents!

Texte intégral dans Liberté

 

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