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Publié par Saoudi Abdelaziz

Il y a un an Abdesslam Bouchouareb à El Hadjar. Photo DR

Il y a un an Abdesslam Bouchouareb à El Hadjar. Photo DR

L'acier ne coule toujours pas à Annaba. Le ministre de l'industrie s'était engagé il y a plus d'un an à faire remettre en activité le haut-fourneau d'El Hadjar, pour mars 2016.

On pouvait alors lire sur une dépêche du 17 octobre de l'agence APS : "Les travaux de réhabilitation et de modernisation du haut fourneau n° 2 du complexe sidérurgique d’El Hadjar doivent être exécutés "dans les délais contractuels" afin de permettre sa remise en service "en mars 2016 au plus tard", a souligné le ministre de l’Industrie et des mines, Abdeslam Bouchouareb". L'échéance venue, le Premier ministre Sellal en visite El Hadjar fait annoncer à la mi-mars 2016 par Ghania Oukazi du quotidien d'Oran que «les travaux de sa réhabilitation seront achevés au mois de mai prochain". C'était il y a plus de six mois.

Le pouvoir n'est pas tenu de s'expliquer sur sa gestion. La culture de la responsabilité qui marque nos dirigeants, c'est d'abord le recours aux boucs émissaires. En meeting non loin de Annaba, dans la wilaya de Tébessa, Ahmed Ouyahia mettait hier  sur le dos des maires, qui "ont trahi l’État", l'absence d'activités économiques locales. Ceux qui n'ont pas la mémoire courte se rappellent la liquidation systématique des entreprises locales par le gouvernement qu'il dirigeait, sur injonction du FMI dans les années 90.

Pour El Hadjar, on essuiera le couteau sur le dos de la "traîtrise" de sous-traitants indélicats....

La réhabilitation du complexe d'El Hadjar à l'arrêt

5000 travailleurs dans l'expectative

Par Wahida Bahri, 13 novembre 2016

Un an après l'arrêt des équipements de production du complexe Imettal d'El Hadjar, aucune date n'a pu être fixée pour annoncer un réel redémarrage du haut fourneau et des autres unités de production. En dépit des fonds débloqués par l'Etat pour sa réhabilitation, le complexe d'El Hadjar est une usine fantôme où les sidérurgistes guettent le moindre espoir de son redémarrage. Un espoir qui s'amoindrit, notamment ces derniers temps, ou la certitude de revoir la fumée noire sortir du mastodonte de ferraille.
A l'origine de cette situation, la manoeuvre d'une société sous-traitante. Il s'agit de la société luxembourgeoise Paul Wurth, une filiale du groupe allemand SMS. Cette société est chargée de réhabiliter l'électricité, pour le redémarrage du HF. Selon les explications techniques fournies par nos sources au sein du complexe Imettal, les pompes de stations, appelées les zones d'eau, situées à 30 mètres sous la plate-forme du haut fourneau posent problème.
Pour y parvenir, il faut se référer à leurs schémas et à leurs maquettes. Malheureusement, la société allemande, pour des raisons financières, a emporté avec elle schémas et maquettes relatifs au plan de câblage du HF du complexe. Les responsables de Paul Wurth demeurent injoignables! C'est à se demander si l'échec de l'opération de l'aboutissement du plan d'investissement global du complexe est dû à une incompétence qualifiée ou s'agit-il d'un complot dirigé par une complicité au démembrement international?
Le diagnostic de la situation catastrophique de l'entité repose notamment sur le montant du plan d'investissement global qui est d'un milliard de dollars, consommé tout autant que la rallonge de 600 millions de centimes au motif d'avenants inévitables. Autant de fonds que l'Etat algérien en cette période de crise économique aiguë n'est plus en mesure d'assurer. D'ailleurs, et selon notre source, le manque de fonds a contraint le gouvernement à s'adresser à la BAD pour un emprunt d'un milliard de dollars.
En attendant que cette équation trouve sa solution dans les coulisses des départements responsables, l'usine d'Imetal demeure le théâtre de complots, de complicités et d'incompétences par excellence. Car après Ferretti l'italienne, qui a échoué dans l'opération de réhabilitation du HFN2, et qui est partie en emportant avec elle le dossier d'assurance du projet de réfection des équipements du complexe. Aujourd'hui, c'est Paul Wurth, qui s'est évaporé, emportant à son tour, les plans, schémas et maquettes de câblages des pompes de stations (zones d'eau).
En attendant, le complexe est totalement paralysé avec un taux de production se rapprochant du zéro et plus de 5000 salariés dans l'expectative.

Source : L'Expression

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