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Publié par Saoudi Abdelaziz

C'est demain à la place du Peuple, Sahat Chaâb, de Ouargla que se tiendra sans doute dans le pays le premier rassemblement populaire, après l'adoption hier de la loi des Finances. Le Comité de défense des droits des chômeurs vient de rendre public un communiqué dénonçant le gel des projets de développement local, dont notamment la création d'une université et la réfection des réseaux d'eau potable et d'assainissement. Le climat de dialogue sera-t-il favorisé par les autorités?

La contestation reprend à Ouargla

Le CDDC réoccupe Sahat Chaâb

Par Ammar Dafeur, 23 novembre 2016

Devant le silence des autorités, l’accumulation des problèmes, l’absence de dialogue et le sentiment d’exclusion de cette région du Sud, le Comité des chômeurs a décidé de réinvestir la rue pour exiger l’équité mais aussi une réelle prise en charge de leurs doléances.

Les membres du Comité de défense des droits des chômeurs sont, depuis le début de cette semaine, à pied d’œuvre pour faire réussir le rassemblement prévu pour demain jeudi, à Sahat Chaâb, sise à Souk Sebt à Ouargla. Les membres, organisés en équipes, ont déjà sillonné plusieurs localités de la wilaya dans le but de convaincre la population de la nécessité d’adhérer à ce mouvement.

Dans un communiqué rendu public et intitulé “La grande bataille vient de commencer”, le comité a indiqué que le rassemblement vise à dénoncer la politique d’austérité adoptée par le gouvernement et à exiger l’urgence du dégèlement de tous les projets du développement local dans la région. Comme il a été rappelé le rôle que joue la région dans l’économie nationale en disant qu’ “en dépit qu’Ouargla, à elle seule, contribue à hauteur de 70% dans le budget global de l’État grâce aux revenus du pétrole, du gaz et d’autres produits, son budget demeure déplorable par rapport à celui octroyé à certaines wilayas du pays qui bénéficient parfois deux fois par an des budgets supplémentaires et complémentaires”.

Pis encore, dans ledit communiqué, il a été écrit que la wilaya enregistre le nombre de 400 projets en situation de gel à cause de l’amenuisement des recettes de l’État dû à la chute du prix des hydrocarbures. Parmi ces projets, il a été signalé celui de l’hôpital universitaire d’Ouargla ainsi que celui lié à la réfection des réseaux de distribution d’eau potable et d’assainissement. D’ailleurs, les membres du CDDC ont imputé l’apparition des cas de paludisme et d’autres épidémies dans leur région à la détérioration du réseau d’évacuation des eaux usées et à la mauvaise qualité de l’eau.

La question liée à la révision de la tarification de l’électricité dans des régions du Sud a également été évoquée dans le document du CDDC. Entre autres, les chômeurs affirment que le rassemblement de demain est organisé pour dire non à l’exploitation du gaz de schiste, non à la loi de finances 2017, non au détournement du budget du tramway et non au favoritisme qui caractérise le dossier de l’emploi au niveau local.

À remarquer que depuis que le mouvement de protestation des chômeurs a été déclenché, il y a plus d’un mois, aucune initiative n’a été prise par les autorités locales pour aller à leur rencontre ni à prendre en charge leurs revendications, pourtant jugées légitimes. Une attitude considérée comme une véritable politique de fuite en avant. Une telle négligence de la part des pouvoirs publics pourrait mener à des conséquences graves. D’ailleurs, des cas similaires ont été déjà vécus dans cette région. À ce titre, rappelons la protestation des habitants de Draâ El-Baroud de Touggourt en novembre 2014, qui, faute de dialogue, a tourné à des affrontements meurtriers entre les citoyens et les forces de l’ordre. Il semble que les autorités locales n’ont pas tiré la leçon des événements passés en persistant à fermer tous les canaux de dialogue.  

Source : Liberté.com

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