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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Extrait de l'analyse de Saad Ziane : De quoi Donald Trump est-il le nom ? De la faillite des élites politiques qui «se sont trompées de société » paru le 9 novembre 2016 dans Libre Algérie 

Il y a eu au cours de la campagne des primaires un vrai mouvement derrière Bernie Saunders contre Wall-Street, contre les politiques élitistes et la suprématie des forces de l’argent. Ce mouvement a «enchanté » une partie de la jeunesse américaine et faisait écho à une Amérique réelle, lâchée par les forces du fric, ceux qui ont causé la crise des subprimes mais qui en ont tiré profit.

Cette partie de l’Amérique qui s’est reconnue en Bernie Saunders ne s’est pas reportée sur Hillary Clinton qui incarne parfaitement cette imbrication entre les élites politiques et Wall-Street. Cette Amérique-là n’a pas voté ou pire, elle s’est reportée sur Donald Trump qui a agité, en partie, les mêmes thèmes de Bernie Saunders en leur donnant une tonalité populiste et xénophobe.

Le vote pour Trump est, en partie, un vote de défiance contre les élites totalement acquise à la religion du marché codifiée par le consensus de Washington.

Dans le bipartisme dominant aux Etats-Unis – et en crise – , les démocrates sont censés être plus sensibles aux classes moyennes et aux pauvres, les républicains plus proches des forces d’argent. Dans le casting des présidentielles, un Bernie Saunders contre Donald Trump aurait eu du sens.

Mais face à Hillary Clinton, dont la proximité avec les puissances d’argent n’est pas une fiction, c’est Donald Trump qui a tenu le discours d’un démocrate : défense de l’emploi, dénonciation de la fermeture d’usines ou de mines, rejet de la mondialisation et mise en cause de l’establishment.

Le seul argument «progressiste » qu’avait Hillary Clinton est d’incarner l’idée d’être la première femme présidente des Etats-Unis qui succéderait au premier noir. Argument démoli sans ménagement par l’actrice Susan Sarandon : « je ne vote pas avec mon vagin».

Plus que le Brexit, ce vote pour Trump, dans le pays qui dirige le mouvement de la mondialisation y compris par des moyens militaires, reflète le paradoxe politique des démocraties où la gauche comme la droite sont au service de la finance, une sorte de totalitarisme néolibéral agréé par un consensus entre médias et politique et contre lequel les citoyens ont peu de prise.

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