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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Par Abdelkrim Zerzouri, 4 octobre 2016. Raïna raïkoum, Le Quotidien d'Oran

Les tombes sont scellées et plus aucun mort ne s'en échappera pour aller jouer des tours à l'urne. Par petites touches, en effet, on tente de fignoler un environnement électif exempt de tout soupçon de fraude. Bien sûr, chat échaudé… Les partis restent très prudents, voire réticents, face à ce nouvel ordonnancement du cadre réglementant les élections, y trouvant toujours quelque chose à redire sur la probabilité forte de la fraude, mais toujours est-il, le problème du ‘‘vote des morts'' et le ‘‘vote des électeurs fictifs'' est réglé d'une manière radicale.

Les candidats aux élections passées, qui ont toujours dénoncé cet aspect sur le chapitre de la fraude, soit l'inscription des morts sur les listes électorales ainsi que des personnes fictives ou qui n'existent pas sur les registres de l'état civil, et qu'on fait voter, devraient être rassurés à présent avec cette nouvelle donne qui exige de joindre le numéro de l'acte de naissance devant chaque électeur (opération en cours depuis le 1er octobre). Avec ces numéros des actes de naissance, biométriques s'il vous plaît, joints à la liste des électeurs, on est sûr que l'électeur existe bel et bien et qu'il est bien vivant, la garantie qu'il peut, donc, voter dans le réel.

Les morts peuvent ainsi reposer en paix et les candidats aux prochaines élections n'en seront que plus tranquilles. Un gage de transparence pour les prochaines joutes électorales, les listes des électeurs seront assainies des intrus, morts ou fictifs.

C'est fait, on a la garantie que les morts ne voteront plus. Mais, il y en a de ces « voix mortes» que personne ne tente de réveiller, ou qu'on laisse sciemment endormies. Les abstentionnistes qui, selon une règle statistique établie depuis des années, constituant au moins la moitié du corps électoral, ne semblent pas faire le débat ni du côté des pouvoirs publics, ni de celui des formations politiques. Pourtant, le problème des abstentionnistes est bien plus important, et plus imposant, que le vote des morts. A quoi cela sert-il d'avoir un nom sur la liste des électeurs, un numéro de l'acte de naissance collé dessus, si la case reste blanche, sans signature, ou si quelqu'un d'autre s'amuserait à y apposer la sienne ?

La nature ayant horreur du vide, l'abstentionniste offre une facilité déconcertante aux fraudeurs pour prendre sa place et voter en son nom. Lui, il est vivant, son numéro d'acte de naissance faisant foi, mais sa « voix » est morte. On peut aisément continuer, en empruntant une voie détournée, à faire voter des voix mortes. Comme on peut le voir, le vote des morts n'est rien, n'est pas tant préjudiciable aux candidats, à côté du vote des voix mortes. Les élections resteront ce qu'elles sont, tant que l'abstention restera la hantise.

Toute cette agitation autour de l'arrangement des textes qui plaident pour la transparence des élections sera vaine lorsque le jour J, la moitié du corps électoral tournera le dos à l'urne. Sans tourner autour du pot, la problématique essentielle des élections reste ce taux trop élevé des abstentionnistes, qu'on n'a pas pu réduire et qui, pis encore, se creuse davantage au fil des ans et des expériences amères avec ces élus qui pensent plus à se servir qu'à servir leurs électeurs.

Source : Le Quotidien d'Oran

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