Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Les courbettes de Sidi Saïd. Photo DR

Les courbettes de Sidi Saïd. Photo DR

Cette veule abjuration du patron de la centrale syndicale UGTA confirme que parmi le personnel intermédiaire du régime, l'heure est à la conversion ouverte au néolibéralisme, car Il faut s'accrocher au nouveau crédo dominant dans les hautes sphères politico médiatiques.

 

Amara Benyounès ancien ministre, chef du Mouvement populaire algérien, confirme l'air du temps néolibéral qui imprégne le microcosme :  «Au MPA, notre discours doit être clair : l’économie socialiste a échoué partout dans le monde. Il faut mettre l’entreprise au cœur de l’économie. Et quand je dis entreprise, je parle de l’entreprise privée car il n’y a qu’en Algérie que l’on parle encore de l’entreprise publique.»

Une entreprise publique est par essence socialiste selon l'idiotie bouliticienne, le spectre socialiste reste un bon épouvantail.

Auparavant,  le président du FCE patronal, Ali Haddad avait donné le ton : “Stop aux tergiversations et aux demi-mesures. Des diagnostics, nous en avons fait.  Nous avons aussi fait une multitude de propositions pour remédier à la crise multidimensionnelle qui frappe notre pays".

“Ce statu quo est insupportable” titre ce matin le journal du milliardaire Issad Rebrab, citant Ali Haddad. Ce dernier, que l'on dit proche de la présidence, donne même le tempo : “Nous disposons de trois à quatre années, pour inverser totalement la tendance". C'est la même échéance que fixait le prolifique et systémique professeur Mebtoul.

 Quelle "tendance"?

«J’ai été bercé par la gauche, mais je suis rattrapé par la réalité", confie avec veulerie, Sidi Saïd, chef de l'appareil UGTA depuis deux décennies. Le hiérarque invité par le FCE appelle à  «redonner à l’entreprise ses attributs de décision», ajoutant : «Il existe dit-il plus de 3000 textes entre lois, décrets et circulaires à l’endroit de l’entreprise, il faut réduire substantiellement toute cette batterie de dispositions».

Cette nouvelle "batterie de dispositions" , que  Sidi Saïd accepte de réduire, favorisera évidemment la revendication clé du FCE sur "la flexibilité du marché du travail pour mieux entreprendre". L'avant projet de Code du travail concocté par le ministère du travail sur inspiration de Ali Haddad va dans ce sens. On peut lire dans El Watan-week-end d'hier : "L’avant projet du code du travail constituait une remise en cause des droits et acquis sociaux et syndicaux. D’ailleurs, l’une des revendications de l’intersyndicale qui entrera en grève nationale les 17 et 18 octobre : être associée aux discussions sur ce nouveau code".

La fameuse rupture du statut-quo social projeté par Ali Haddad concernera outre la suppression des subventions de soutien aux prix, un véritable bouleversement dans les relations professionnelles : recrutement, licenciement, horaires de travail,  restrictions à la justice du travail, aux libertés syndicales, et naturellement au droit de grève

«On le prendrait bien comme membre du FCE...», observe le patron qui présidait la séance de l'université d'été du FCE, après l'intervention de Sidi Saïd. 

Commenter cet article