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Publié par Saoudi Abdelaziz

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C'est une tradition nouvelle qui s'installe: la rentrée d'automne de 2016 est marquée par la médiatisation de désaccords, parfois de clivages, au sein du gouvernement. Cela concerne des orientations économiques, jusqu'ici débattu dans des cercles clos. En toile de fond: le silence étourdissant des partis sur les questions économiques sensibles, l'intensification des pressions patronales, l'engouement néolibéral parmi les experts et leaders d'opinion de la middle-class, laïque ou islamiste. Du côté de la gauche sociale, les voix sont de plus en plus audibles mais c'est encore la désorganisation, tandis que monte de la population le grondement -sourd mais pas forcement indistinct-, contre le couple envahissant privilèges-injustices. On dit que les sociétés de sondages d'opinion nombreuses en Algérie, fonctionnent -clandestinement- à plein régime pour analyser l'état d'esprit de la population. La présidence en fait, dit-on, un usage considérable.

C'est sans doute les pressions contradictoire sur le régime qui expliquent les incohérences de l'action gouvernementale et le caractère encore ouvert de l'avenir .

"Coup de théâtre"

Après l'adoption de l'avant-projet de Loi des finances, Amar Ingrachen le chroniqueur politique du quotidien l'Expression proche du régime, écrit : "Le Conseil des ministres qui s'est tenu avant-hier et dont tout le monde attendait un signal en faveur des réformes du système des subventions sociales à laissé les partisans du «tout libéral» sur leur faim. En effet, on attendait que le système allait être réformé dans le sens d'une rationalisation des dépenses. La population s'y est même préparée psychologiquement. Coup de théâtre, il n'en est rien". Le chroniqueur ajoute plus loin : "Dans ce sillage, le FCE est allé jusqu'à proposer la suppression pure et simple des subventions et l'allocation d'un «deuxième salaire» aux nécessiteux..."

Sous le titre "Dans une chorégraphie "spontanée, les patrons du FCE chargent Sellal, adoubent Bouchouareb", Nadir Allam écrivait dans Maghreb Emergent, à la veille du conseil des ministres consacré à la Loi des Finances:  " L’université d’été du FCE, du week-end dernier, avait un sens politique et il n’était pas tout à fait implicite. En effet, distillant leur discours à petite doses, les dirigeants du FCE ont donné de Bouchouareb l’image de l’homme de la situation… De successeur potentiel de Sellal. Sans tergiverser, Ali Haddad a jeté ses gants par terre et a pris le Gouvernement par la gorge en lui reprochant de tourner le dos à la crise et de ne pas prendre des mesures à la hauteur des problèmes qui se posent. Mieux, il l’a accusé de manquer de courage et d’audace en évoquant le rythme trop lent de l’action gouvernementale".

La gouvernance des lobbies

"Le patronat algérien, un handicap pour l'économie" titre ce matin la chronique du jeudi du politologue Abed Charef qui précise : " Le patronat alimente la chronique politique, en jouant Bouchouareb contre Sellal. Mais sur le fond, il patauge. Derrière un vernis de modernité, il n'est pas sorti de la rente et des privilèges. Le patronat algérien s'impatiente. Il ne veut plus attendre. Il veut aller plus loin, mais, surtout, plus vite. A travers son organisation phare, le FCE, le patronat montre que le rythme actuel de l'économie algérienne ne lui convient pas. Et il le dit, dans un langage qui frise la rébellion (..).
En tout état de cause, le FCE veut se donner l'image d'une organisation plus moderne, plus dynamique, aspirant à plus de liberté pour jouer un rôle plus grand dans l'économie du pays. Mais cet aspect visible des aspirations du FCE occulte d'autres réalités, beaucoup moins glorieuses. D'abord, le patronat algérien est fortement divisé. Entre ceux qui ont intérêt à rester collés au pouvoir, parce que dépendants fortement de la commande de l'Etat ou jouissant de privilèges exorbitants, et ceux qui fonctionnent dans une logique purement économique, il y a un monde. Ce sont les premiers qui tiennent aujourd'hui le FCE".

"Les récentes déclarations de ministres du gouvernement Sellal laisse entrevoir que les lobbies de «l'import-export» restent assez puissants pour imposer leur diktat aux politiques et aux institutions de l'Etat" écrit Ghania Oukazi dans le Quotidien d'Oran. Son article est intitulé "Gouvernement : Quand les lobbies imposent leur diktat". Elle explique : "L'observation n'a rien de nouveau. Elle a été intégrée dans le paysage politique national depuis toujours et notamment à partir du milieu des années 90 quand l'Algérie s'était retrouvée prise en otage entre les conditionnalités du FMI et le terrorisme. A l'époque, l'actuel ministre du Commerce, Bakhti Belaïb occupait ce même poste, sous la présidence de Liamine Zeroual duquel il était très proche. Alors que les groupes terroristes assassinaient le peuple algérien, sans état d'âme, les détenteurs de containers puisaient dans les arnaques les plus abjectes, pour gagner le plus d'argent possible. Belaïb doit certainement se rappeler que les services des Douanes enregistraient, quotidiennement, des déclarations de prix de produits importés qui frôlaient la dérision. Il a, d'ailleurs, été à l'origine de l'imposition de la valeur administrée qui obligeait les importateurs à se conformer aux niveaux de déclarations fixées par son ministère. De la valeur administrée aux containers importés, ces dernières années, remplis de grosses pierres, les lobbies n'ont pas fini d'arnaquer l'Etat et de narguer ses responsables, les plus avertis qui, par leurs longs discours, se noient dans des approches d'arrière-garde(...) Si le gouvernement plaide pour une reconversion d'une économie nationale du pétrole en une nouvelle diversifiée, il n'a pas daigné libérer les espaces producteurs des poids des nababs qui ont toujours pollué l'atmosphère qui, par des agissements, en dehors de toute loi, qui par la menace".
 

 

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