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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Fin de mission", est le titre choisi par de nombreux  journaux après la démission et le remplacement de Amar Saâdani, secrétaire du FLN depuis le 29 août 2013. Quelle mission? Quelques semaines après sa nomination à la tête du principal parti de la "majorité", des déclarations tonitruantes à l'agence Reuter sont suivies d'une interview au site TSA-Algérie, où il affirme : « Le DRS continuera à jouer son rôle mais ne sera plus impliqué dans la vie politique, dans les partis, les médias et la justice », « Le temps des "faiseurs de rois" est terminé parce que l'objectif de Bouteflika est de bâtir un État civil ». Notre blog l'avait alors mis en ligne sous le titre "une intéressante interview du secrétaire général du FLN".

Propos recueillis par Achira Mammeri, 3 novembre 2013

 L’Agence Reuters a rapporté des déclarations qu’elle vous a attribuées sur le rôle du DRS et de l’armée. Avez-vous tenu ces propos ? Les avez-vous démentis ?

Amar Saadani. J’ai démenti ceux qui, à l’intérieur ou à l’extérieur du parti, ont tenté de démentir mes déclarations à Reuters. À ces gens-là, je dis, SVP, ne me faites pas dire ce que  je n’ai pas dit. Ne démentez pas à ma place. Je l’ai dit et je le répète. Aucun département n’a le droit de s’impliquer dans la vie politique, la justice et la presse. Il faut en finir avec le pouvoir parallèle.
Lorsque le journaliste de Reuters m’a posé la question sur le rôle du DRS, j’ai dit simplement que ce département ne doit pas avoir une quelconque influence ou pouvoir sur la presse, la justice et la politique. C’est très clair et je n’ai cessé de répéter cela depuis 2006. Oui, je répète que le pouvoir parallèle ne doit plus exister. Il faut instaurer une République où les institutions travaillent dans le cadre arrêté par la Constitution et non en dehors de ce cercle.

Pourquoi attendre la veille des élections présidentielles pour opérer des changements au sein du DRS ?
 Depuis son élection en 1999, le président de la République s’emploie à bâtir un État civil où les droits sont respectés et les devoirs consolidés. Il a amorcé ce processus en instaurant des réformes dans différents secteurs. Après la levée de l’état d’urgence, il a estimé que chaque département et chaque institution doit reprendre son rôle initial. C’est dans ce contexte que les changements au sein du DRS ont été annoncés.
 Aujourd’hui, il est impératif de libérer l’action politique, médiatique et la justice. J’ai bien cité ces trois éléments dans un organe étranger, puisque dans le monde entier une justice libre, une presse forte et une classe politique indépendante sont les trois fondements d’un État civil. Je ne comprends pas pourquoi certains veulent préserver la mainmise du DRS sur ces trois domaines. Gérer la presse, la justice et la classe politique n’est pas des prérogatives du DRS.
Certains défendent le DRS comme si, au FLN, on l’avait accusé de quoi que ce soit. Il ne faut pas perdre de vue que le DRS n’est qu’un département au sein du MDN. Ce n’est pas une institution. Lui permettre d’exercer en dehors de ce cadre serait l’inciter à sortir du cadre fixé par la Constitution.
 Personnellement, je ne comprends pas pourquoi les militaires sont présents aux APC, dans les différentes administrations, etc. Pourquoi le DRS mène des enquêtes d’habilitation pour les cadres alors que c’est une prérogative de la justice. Est-il normal qu’un citoyen algérien soit interrogé à l’intérieur d’une caserne ? Comment expliquer ces pressions exercées sur la presse à travers la publicité ? Et ce tutorat exercé sur la classe politique ?
 Par ailleurs, Il y a d’autres éléments qui ont précipité ces changements. Je citerai, entre autres, l’attaque de Tiguentourine et le fait que le Président soit en fin de mandat et veut réaliser son projet, celui d’instaurer un État civil. Il est le seul apte à mener et à défendre à terme ce projet.

On vous accuse aussi de mener une campagne contre des institutions de l’État…

Je le répète : d’abord le DRS n’est pas une institution, mais un département du ministère de la Défense nationale. Ensuite, le FLN appuie et défend l’armée nationale et ne peut que soutenir ses actions, menées dans le cadre de la protection de nos frontières, ainsi que ses missions humanitaires.

Depuis votre élection à la tête du FLN, vous vous êtes exprimé sur des questions très importantes en relation directe avec la gestion des affaires de l’État. Certains pensent que le SG du FLN a outrepassé ses prérogatives ? Qu’en pensez-vous ?

Je dirige le parti de la majorité au Parlement. Nous sommes là pour concrétiser notre projet politique, celui d’instaurer un État civil. Dans ce cadre, mes positions en ma qualité du chef du FLN, je les exprime en toute liberté et sans hésitation. À ceux qui pensent que le ton a changé, je leur dirais que le FLN se renouvelle et sera désormais présent pour commenter l’actualité.

Abdelmalek Sellal, à partir de Sétif, a reproché « à certains » sans les citer de « vouloir parler au nom des institutions ». Une déclaration qui sonne comme un rappel à l’ordre au SG du FLN…
 
Sellal n’est pas fait pour la politique. Sur ce terrain, il est un mauvais joueur. Il devrait se contenter de son rôle dans l’exécutif.

Vous avez appelé le Président à briguer un quatrième mandat, alors que ce dernier s’est complètement effacé de la scène politique depuis plusieurs mois, à l’exception de quelques apparitions brèves sur la télévision nationale…

Beaucoup de voix se sont élevées pour empêcher le président Bouteflika de se présenter aux élections présidentielles de 2014. Au FLN, on confirme : Bouteflika est notre candidat.

 

Va-t-il se présenter à cette échéance ?

Oui. Bouteflika sera candidat. Il l’annoncera au moment opportun.

 

Est-il en mesure de diriger le pays malgré sa maladie ?

Bouteflika se rétablit doucement mais sûrement et d’ici le mois d’avril, il sera prêt pour mener cette course. Seuls ses médecins sont habilités à définir son état de santé. Le Président n’est pas absent. Il rencontre les cadres. Il donne les orientations. Et c’est lui qui gère le pays.

Ali Benflis a l’intention de se porter candidat...
Nous n’avons rien contre M. Benflis. Il est libre de tenter sa chance, mais ça ne sera pas avec le FLN.

Le projet de révision constitutionnelle est-il maintenu ?

Absolument. La loi fondamentale sera revue avant les présidentielles.

Des partis de l’opposition ne voient pas l’utilité de revoir ce texte avant les présidentielles contrairement au FLN…

En tant que parti majoritaire, cette Constitution nous arrange parfaitement ; mais notre objectif qui est celui de Bouteflika aussi est d’instaurer un État civil. Et ça, seul Bouteflika est capable de le faire. Je ne comprends pas l’attitude de certains partis qui s’interrogent sur la finalité de cette démarche, alors que ces mêmes partis ont pris part aux discussions dirigées à l’époque par Abdelkader Bensalah. Ces partis sont concentrés sur les présidentielles. Rien d’autre ne les intéresse.

 Que va apporter la nouvelle Constitution ?
Il y aura des changements en rapport avec la nature du régime, le contrôle de l’exécutif, l’indépendance des pouvoirs…

Hier, à l’occasion d’une réunion avec ses cadres, le secrétaire général par intérim du RND a ouvertement critiqué le FLN. Bensalah a estimé que « Bouteflika est grand pour être le candidat d’un seul parti ». Comment avez-vous reçu ses messages ? 
M. Bensalah ignore l’histoire et fait semblant d’ignorer l’histoire de Si Abdelkader. Ceux qui veulent faire du FLN un wagon et non une locomotive sont des personnes qui vivent dans le passé. Le peuple a donné la majorité au FLN. Notre parti ne sera jamais un wagon mais la locomotive.

Contrairement à TAJ et au PT, le RND n’a pas répondu à l’initiative de dialogue que vous avez lancée avec les partis politiques…

On va discuter avec le RND après le congrès. M. Bensalah semble nous demander de stopper ce dialogue jusqu’à la l’élection des nouvelles instances du RND, ce qui serait une erreur politique.

Vous avez envoyé une lettre à Hocine Ait Ahmed, assisté à la conférence sur l’énergie organisée par le FFS. Allons-nous vers un rapprochement entre les deux formations ?
Je n’ai pas envoyé une lettre politique à Hocine Ait Ahmed. Je n’attends pas de réponse de sa part. Cette lettre est pour moi un geste de reconnaissance envers cet homme, envers cette grande figure de l’histoire algérienne. Sur le plan politique et historique, je trouve qu’on a été injuste avec cet homme et avec son parti. Il faut que cette situation cesse. Sur le plan politique, je n’ai engagé aucune discussion avec le FFS, ni solliciter son aide.  

Êtes-vous pour l’officialisation de Tamazight ?
Tamazight c’est une langue nationale. Au FLN, on appuie toutes les mesures qui visent à consolider et à enseigner cette langue.

Le drapeau algérien a été arraché au Maroc. Les relations entre les deux pays sont très tendues. Quelle est votre réaction ?
Au FLN, l’on appelle à l’apaisement. L’instabilité dans la région n’est ni dans l’intérêt de l’Algérie ni dans celle du Maroc. Ce qu’a fait le jeune Marocain à Casa est très grave. Mais encore une fois, on appelle au calme et à l’apaisement. 

Source: TSA-Algérie

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