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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Le Premier ministre rejette la proposition de l'intersyndicale de rediscuter le projet de loi sur la retraite. Il justifie ce rejet par le monopole national de représentation accordé par le pouvoir à la centrale UGTA jugée plus "représentative". Réunie en conclave à Oran, la hiérarchie de l'UGTA va-t-elle accepter le rôle de "briseur de grève".

Evoquant le mouvement de contestation menée par l'intersyndicale regroupant des syndicats autonomes Abdelmalek Sellal a affirmé hier l'intention du gouvernement de ne pas discuter sur le processus de liquidation de la retraite anticipée: "Après l’adoption de la loi par le Parlement, un débat sera ouvert dans chaque secteur, comme l’éducation, avec les syndicats pour étudier la mise en œuvre de la retraite. Il y a des métiers durs".

La revendication de l'intersyndicale d'être préalablement associée à l'élaboration de la loi? Le Premier ministre affirme son ouverture au dialogue. "Pas avec tous les syndicats, mais les plus représentatifs comme cela se fait partout dans le monde». Une intersyndicale capable de mener une grève massive de centaines de milliers de salarié n'est donc pas représentative. Le Premier ministre invoque donc le monopole de représentation, accordé à la centrale UGTA, à laquelle est confiée la mission de maintenir la paix sociale. C'est une règle du système de gouvernance, lequel confirme encore une fois son caractère a-constitutionnel.

Réuni en conclave à Oran, aujourd'hui et demain la commission exécutive nationale de l'UGTA, les fédérations corporatistes et les unions régionales vont-elles se plier au planning du pouvoir? Revue de presse.

"La montée au créneau des syndicats autonomes et la colère de sa base syndicale sur des questions qui occupent depuis quelques temps les devants de la scène nationale n’ont pas laissé indifférente la Direction nationale de l’UGTA, écrit Abder Bettache dans Le Soir d'Algérie. La réunion de la direction de la Centrale syndicale intervient également dans un contexte particulier où des voix se sont élevées pour dire que l’UGTA est sur le point de «perdre le terrain de la contestation sociale». A ce sujet, il est important de noter que l’Intersyndicale qui vient de sortir d’une démonstration de force de deux jours dans le secteur de la Fonction publique a appelé à l’organisation d’une manifestation la veille de la célébration de l’anniversaire du déclenchement de la Guerre de Libération.
Il est à noter que cette réunion organique de l’UGTA est intervenue après l’autre montée au créneau des syndicalistes de la zone industrielle de Rouiba, qui ont demandé à leurs représentants syndicaux de la centrale de se positionner sur les questions de l’heure.

Dans Liberté, Madjid T. note : "Mais c’est surtout le projet de la retraite qui divise les structures de l’UGTA qui est le plus attendu par les cadres syndicaux lors de cette réunion, notamment les secrétaires généraux des fédérations qui subissent depuis plusieurs mois une forte pression de leurs adhérents leur demandant de ne pas cautionner la “suppression de la retraite anticipée”. À cela s’ajoute la réaction des travailleurs de la zone industrielle de Rouiba et leurs représentants qui exigent carrément le “retrait du projet” tout en invitant la Centrale syndicale à élargir le débat et la concertation afin d’éviter toute précipitation qui risque de causer des dégâts non seulement aux acquis des travailleurs et aux entreprises économiques mais également à l’organisation ellemême. Abdelmadjid Sidi-Saïd, qui ne s’attendait guère à une réaction de la base syndicale, va-t-il revoir sa copie lors de cette réunion, d’autant plus que les syndicats autonomes qui continuent à faire pression sur le gouvernement sont décidés à ne pas reculer sur le dossier. “L’UGTA risque de laisser des plumes si elle reste en marge de ce dossier et de cette contestation, et si l’UGTA, qui a toujours défendu les valeurs de la république s’affaiblit, ce n’est pas bon pour le pays”, nous a affirmé un cadre syndical".

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